Salomé Zourabichvili

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Salomé Zourabichvili
Illustration.
Salomé Zourabichvili en 2018.
Fonctions
Présidente de la Géorgie
(élue)
En attente d'investiture –
Élection 28 novembre 2018
Premier ministre Mamouka Bakhtadze
Prédécesseur Guiorgui Margvelachvili
Députée au Parlement

(2 ans, 1 mois et 16 jours)
Élection 30 octobre 2016
Circonscription Mtatsminda
Ministre des Affaires étrangères

(1 an, 6 mois et 29 jours)
Premier ministre Zourab Jvania
Zourab Noghaïdeli
Prédécesseur Tedo Djaparidze
Successeur Guéla Béjouachvili
Ambassadrice de France en Géorgie
Président Jacques Chirac
Prédécesseur Mireille Musso
Successeur Philippe Lefort
Biographie
Nom de naissance Salomé Nino Zourabichvili
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Géorgienne (depuis 2004)
Française (1952-2018)
Parti politique Voie de la Géorgie
(2006-2011)
Père Lévan Zourabichvili
Mère Zeïnab Kedia
Conjoint Nicolas Gorjestani (divorcés)
Janri Kachia (jusqu'en 2012)
Diplômée de IEP de Paris
Université Columbia
Profession Diplomate

Signature de Salomé Zourabichvili
Liste des présidents de la Géorgie
Liste des ministres géorgiens des Affaires étrangères

Salomé Zourabichvili (en géorgien : სალომე ზურაბიშვილი), née le à Paris, est une femme d'État géorgienne et une ancienne diplomate française.

Elle est élue présidente de la Géorgie le 28 novembre 2018. Elle est la première femme à occuper cette fonction.

Biographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille Zourabichvili.

Issue d'une famille d'émigrés géorgiens arrivée en France dans les années 1920, Salomé Nino Zourabichvili[1] est la fille de Zeïnab Kedia (ka) et de Lévan Zourabichvili[2], ingénieur et ancien président de l'Association géorgienne en France[3]. Elle est la sœur du médecin Othar Zourabichvili, coauteur du « Que sais-je ? » sur la Géorgie et président de l'AGF à partir de 2006.

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (section Relations internationales, promotion 1972)[4], elle commence un programme de master à l'université Columbia au cours de l'année universitaire 1972-1973.

Divorcée de Nicolas Gorjestani[5] (Koki Gougouchvili[6],[7],[8]), économiste à la Banque mondiale, elle a deux enfants : Kethevane, journaliste franco-américaine[9],[10], et Teymouraz[11],[12], diplomate[13].

Elle épouse Janri Kachia, journaliste et écrivain géorgien, et opposant de l'ère soviétique, réfugié politique en France en 1982, mort en 2012.

Carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Diplomatie française[modifier | modifier le code]

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Salomé Zourabichvili et Colin Powell en 2004.

En 1974, elle abandonne ses études pour rejoindre le ministère français des Affaires étrangères[14].

En 1986, elle se rend pour la première fois en Géorgie lors d'un congé, alors qu'elle travaille à l'ambassade de France à Washington.

  • 1974-1977 : troisième secrétaire de l'ambassade de France à Rome ;
  • 1977-1980 : deuxième secrétaire à la mission permanente de la France auprès des Nations unies (New York) ;
  • 1980-1984 : agent au centre d'analyses, ministère des Affaires étrangères, Paris ;
  • 1984-1988 : première secrétaire de l'ambassade de France à Washington ;
  • 1988-1989 : première secrétaire auprès de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Europe à Vienne (Autriche) ;
  • 1989-1992 : seconde conseillère à l'ambassade de France à Ndjamena (Tchad) ;
  • 1992-1993 : première secrétaire à la mission permanente de la France auprès de l'OTAN à Bruxelles ;
  • 1993-1996 : représentante permanente de la France auprès de l'Union de l'Europe occidentale à Bruxelles ;
  • 1996-1997 : conseillère technique au cabinet du ministre des Affaires étrangères à Paris ;
  • 1997-1998 : inspectrice au ministère des Affaires étrangères à Paris ;
  • 1998-2001 : sous-directrice des affaires stratégiques à la direction des affaires stratégiques, de la sécurité et du désarmement au ministère des Affaires étrangères à Paris ;
  • 2001-2003 : directrice des affaires internationales et stratégiques au sein du secrétariat général de la Défense nationale ; elle collabore également au bureau des affaires stratégiques pour l’OTAN ;
  • 2003-2005 : ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de France en Géorgie.

Nations unies[modifier | modifier le code]

En 2010, elle devient coordinatrice du groupe d'experts qui assiste le comité des sanctions contre l'Iran du Conseil de sécurité des Nations unies[15].

Enseignement[modifier | modifier le code]

En septembre 2006, elle devient professeur associé à l'Institut d'études politiques de Paris et enseigne en master de relations internationales (politique de voisinage de l'UE, les « nouvelles démocraties » entre l'UE et la Russie)[16].

Elle donne une série de cours publics sur la diplomatie et les relations internationales de la Géorgie à l'université d'État Ilia Tchavtchavadzé de Tbilissi au cours de l’année 2007.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Ministre[modifier | modifier le code]

Le , le président de la Géorgie, Mikheil Saakachvili, la choisit pour être ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Zourab Jvania. Elle devient la première femme nommée à ce poste en Géorgie. Elle reçoit alors la nationalité géorgienne, le Parlement votant une loi ad hoc lui permettant de conserver sa nationalité française. C'est la première fois que la Géorgie accorde la double nationalité à un étranger[réf. nécessaire].

La situation de Salomé Zourabichvili est un cas assez particulier tant sur le plan de sa situation administrative que sur les plans politique et stratégique, compte tenu des fonctions qu'elle a occupées dans l'administration française avant de devenir ministre du gouvernement d'un autre État. Selon le président de la Géorgie, cette nomination s'est faite avec l'accord du président de la République française, Jacques Chirac, et du ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, et s'inscrit dans le cadre de la politique de coopération existant entre les deux États[réf. nécessaire].

Outre son implication dans les relations avec les États-Unis[17] et l'Union européenne[18], elle s’investit dans les relations avec la Russie : elle négocie durant plusieurs mois avec Sergueï Lavrov le retrait des troupes russes et de leur armement lourd des bases d'Akhalkalaki et de Batoumi, situées sur le territoire géorgien (et restées en l'état depuis l'époque soviétique) : un accord est signé à ce sujet le à Moscou et l'objectif de date affiché, le , sera respecté[19].

Face aux critiques du Parlement géorgien et de certains ambassadeurs géorgiens en poste à l’étranger, elle est démise de ses fonctions le 20 octobre 2005 par le Premier ministre, Zourab Noghaïdeli. Les critiques font mention de manque de communication et d'un manque de coordination[20]. Elle place son limogeage comme la victoire d’un « système néocommuniste[21] » et du « dernier bastion néobolchevique » en Géorgie. Zourabichvili met aussi en avant sa lutte contre la corruption pour justifier la « cabale » contre elle. Zourabichvili a dénoncé à mots couverts la Russie comme étant derrière sa mise à pied.

Opposition[modifier | modifier le code]

Elle fonde en le parti politique la Voie de la Géorgie (sakartvelos gza)[22]. Cette formation participe aux élections municipales d’octobre suivant, notamment à Tbilissi, où elle obtient 3 % des suffrages[23].

En octobre 2007, le parti entre dans la coalition de l'opposition. Il participe également à l'élection présidentielle de 2008, où Salomé Zourabichvili figure dans le ticket du candidat de l'opposition Levan Gachechiladzé comme candidate au poste de Premier ministre[24]. Ce tandem obtient plus de 25 % des voix dans des élections hautement contestées[25]. Le parti participe au sein de la coalition de l'opposition aux élections législatives de 2008, qui sont largement remportées par le parti au pouvoir[26], mais Salomé Zourabichvili ne peut présenter sa candidature en raison de la loi géorgienne qui établit une durée minimale de résidence de dix ans.

Dans son livre La tragédie géorgienne, elle décrit le régime du président Saakachvili comme une « parodie de démocratie », et rappelle que cet homme est issu de l'ancien régime (étudiant à école du KGB, dauphin de Chevardnadze) et juge qu'il utilise des techniques staliniennes[3].

En novembre 2010, elle quitte la présidence de la Voie de la Géorgie au profit de Kakha Seturidze[27].

Députée[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2016, elle obtient 67,6 % des suffrages exprimés au second tour de scrutin dans la circonscription no 1 de Tbilissi (Mtatsminda), où elle se présentait comme candidate indépendante soutenue par le Rêve géorgien, face au candidat du Mouvement national uni[28].

À l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle fait partie des 60 diplomates français qui apportent leur soutien à Emmanuel Macron[29].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

La constitution géorgienne proscrivant que le président de la Géorgie ait une double nationalité, elle renonce à sa nationalité française afin de pouvoir participer à l’élection présidentielle géorgienne de 2018. Elle se présente en tant que candidate indépendante, bien que soutenue par Rêve géorgien, le parti au pouvoir[30]. Sur le plan international, Libération note que « sa position ambivalente lui vaut d'être qualifiée de prorusse par les Européens et de pro-européenne par les partisans d'un rapprochement avec la Russie » : en effet, elle se dit « européenne » et « multiplie les gestes symboliques en ce sens », tout en déclarant publiquement que son pays était responsable du déclenchement de la deuxième guerre d'Ossétie du Sud[31].

Le 28 novembre 2018, elle remporte l'élection au second tour[32],[33]. Elle doit ainsi devenir la première femme à occuper cette fonction en Géorgie.

Présidence[modifier | modifier le code]

Elle doit être investie présidente de la Géorgie le 16 décembre 2018[31].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000419116.
  2. Colisee : « Lévan Zourabichvili (1906-1975), ancien président de l'Association géorgienne en France », 11 janvier 2012.
  3. a et b Pierre Lorrain, « Révélations sur Saakachvili », Valeurs actuelles, le 02-07-2009 [lire en ligne].
  4. https://www.sciences-po.asso.fr/profil/salomenino.zourabichvili72_1.
  5. L'« Arrêté du 14 décembre 1990 portant classement (agents diplomatiques et consulaires) » (JORF, no 297 du 22 décembre 1990) mentionne ainsi une « Mme Zourabichvili (Salomé), épouse Gorjestani ».
  6. « კოკი გუგუშვილი - მე და სალომე ვამაყობთ, რომ ჩვენი შვილები ნამდვილი პატრიოტები არიან და მამაცურად უმკლავდებიან დაშინებას, თავდასხმებს », 1tv.ge, 26 novembre 2018 : « ამის შესახებ სალომე ზურაბიშვილის ყოფილი მეუღლის, კოკი გუგუშვილის მიმართვაშია ნათქვამი [...] ».
  7. « Gorjestani » (گرجستنی) est un nom persan signifiant : « originaire de Géorgie » ; ayant demandé en 1921 l'asile politique en Perse, à la suite de l'entrée de l'Armée rouge en Géorgie, les Gougouchvili demandèrent la nationalité perse et choisirent ce patronyme par patriotisme : « პატრიოტული მოსაზრებიდან გამომდინარე მან გვარად „გორჯესტანი“ აირჩია, რაც სპარსულად ნიშნავს „წარმოშობით საქართველოდან“. » (« კოკი გუგუშვილი - მე და სალომე ვამაყობთ, რომ ჩვენი შვილები ნამდვილი პატრიოტები არიან და მამაცურად უმკლავდებიან დაშინებას, თავდასხმებს », 1tv.ge, 26 novembre 2018).
  8. Jean Radvanyi, « S. et N. Gougouchvili, D. et O. Zourabichvili, La Géorgie [compte-rendu] », Annales de géographie, t. 94, no 522, mars-avril 1985, p. 236.
  9. « Meet Salome Zurabishvili's daughter – a talented journalist for France 24 TV », Georgian Journal, 9 janvier 2015.
  10. Nicolas Berrod, « Salomé Zourabichvili, du Quai d’Orsay à la présidence de la Géorgie », 29 novembre 2018 ; mis à jour le 30 novembre 2018.
  11. « Georgia presidential vote to go to runoff after no candidate wins outright », The Telegraph (via Reuters), 29 novembre 2018.
  12. « A little bit more about Salome Zourabichvili's personality », Georgian Journal, 29 novembre 2018.
  13. « Salomé Zourabichvili, ex-diplomate française et 1re femme présidente de Géorgie », France-Soir, 29 novembre 2018 ; mis à jour le 30 novembre 2018.
  14. « Premier ministre », lemonde.fr, 16 novembre 2001.
  15. « Les embargos sur les armes : mise en œuvre, défis et perspectives », IRIS, 16 décembre 2013.
  16. « La démocratisation en Géorgie à l’épreuve des élections », CERI, 2007.
  17. (en) « U.S. Secretary of State Meets With Georgian Foreign Minister » Civil Georgia, 2 juin 2004.
  18. (en) « EU-Georgian Cooperation Council Meets in Brussels », Civil Georgia, 14 septembre 2004.
  19. (en) « Russo-Georgian Joint Declaration - Details », Civil Georgia, 30 mai 2016.
  20. « Géorgie : la ministre des A.E. limogée pour incompétence », Xinhua, 20 octobre 2005.
  21. « L’éviction de Salomé Zourabichvili inquiète », RFI, 20 octobre 2005.
  22. (en) « New Opposition Party Holds Inaugural Assembly », Civil Georgia, 12 mars 2016.
  23. (en) « CEC Announces Tbilisi Election Results », Civil Georgia, 6 octobre 2006.
  24. (en) « We Failed to Protect Votes’ – Opposition Leader », Civil Georgia, 17 janvier 2008.
  25. (en) « Opposition Alleges ‘Fraud’ in Vote Summary Process », Civil Georgia, 8 janvier 2008.
  26. (en) « Nine-Party Opposition Bloc », Civil Georgia, 8 avril 2008.
  27. (en) « Six Opposition Parties Set Up Coalition », Civil Georgia, 8 juillet 2011.
  28. (en) « Preliminary Runoff Results Give Big Lead to GDDG », Civil Georgia, 31 octobre 2016.
  29. « Soixante ambassadeurs s'engagent en faveur d'Emmanuel Macron », sur lefigaro.fr, .
  30. « Georgian Dream to support Salome Zurabishvili in 2018 presidential election », 1TV.ge, 9 septembre 2018.
  31. a et b Léo Vidal-Giraud, « Salomé Zourabichvili, une « Européenne » prend la tête de la Géorgie », Libération, no 11665,‎ , p. 8 (lire en ligne).
  32. Agence France-Presse, « L’ancienne diplomate française Salomé Zourabichvili élue présidente de Géorgie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  33. « Salomé Zourabichvili, de la diplomatie française à la présidence géorgienne », lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  34. http://www.parliament.ge/uploads/other/78/78848.pdf.
  35. « ZOURABICHVILI Salomè », sur Quirinale.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Perpetuum mobile (Géorgie 2006).
  • La Malle (Géorgie 2007), présenté en compétition au festival de Cannes (section documentaire).

Liens externes[modifier | modifier le code]




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