Paris

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Paris
Paris
La tour Eiffel, et les gratte-ciel de la Défense en arrière-plan.
Blason de Paris
Blason
Paris
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France (préfecture)
Département Paris (préfecture)
Arrondissement Paris (chef-lieu)
Canton Chef-lieu de 20 cantons (les arrondissements)
Intercommunalité Métropole du Grand Paris
Maire
Mandat
Anne Hidalgo (PS)
2014-2020
Code postal 75001 à 75020 et 75116
Code commune 75056 et de 75101 à 75120
Démographie
Gentilé Parisiens
Population
municipale
2 190 327 hab. (2016)
Densité 20 781 hab./km2
Population
aire urbaine
12 568 755 hab. (2016)
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 24″ nord, 2° 21′ 07″ est
Altitude 78 m
Min. 28 m
Max. 131 m
Superficie 105,40 km2
Localisation

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Paris
Liens
Site web paris.fr

Paris [pa.ʁi][a] Écouter est la capitale de la France. Elle se situe au cœur d'un vaste bassin sédimentaire aux sols fertiles et au climat tempéré, le bassin parisien, sur une boucle de la Seine, entre les confluents de celle-ci avec la Marne et l'Oise. Ses habitants s’appellent les Parisiens. Paris est également le chef-lieu de la région Île-de-France et une collectivité à statut particulier qui exerce les compétences d'une commune et d'un département. Commune centrale de la métropole du Grand Paris, créée en 2016, elle est divisée en arrondissements, comme les villes de Lyon et de Marseille, au nombre de vingt. L’État y dispose de prérogatives particulières exercées par le préfet de police de Paris.

Ville la plus peuplée de France, elle est la première parmi les aires urbaines de l'Union européenne devant Londres et la 29e plus peuplée du monde. Paris compte 2,19 millions d'habitants au . L'agglomération parisienne s’est largement développée au cours du XXe siècle, rassemblant 10,73 millions d'habitants au , et son aire urbaine (l'agglomération et la couronne périurbaine) comptait 12,57 millions d'habitants.

La position de Lutèce, sur une île permettant le franchissement du grand fleuve navigable qu'est la Seine par une voie reliant le Nord et le Sud des Gaules, en fait dès l'Antiquité une cité importante, capitale des Parisii, puis lieu de séjour d'un empereur romain. Sa position au centre du territoire contrôlé par les rois Francs la fait choisir comme capitale de la France à la place de Tournai. Située au cœur d'un territoire agricole fertile avec un climat humide et doux, Paris devient une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, avec l'Université de Paris, la cité devient un des premiers foyers en Europe pour l’enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant dans cette ville, son importance économique et politique ne cesse de croître. Ainsi, au début du XIVe siècle, Paris est l'une des villes les plus importantes du monde chrétien. Au XVIIe siècle, elle est la capitale de la principale puissance politique européenne, au XVIIIe siècle l'un des plus grands centres culturels de l’Europe et au XIXe siècle la capitale des arts et des plaisirs. Paris joue donc un rôle culturel, politique et économique majeur dans l’histoire de l'Europe et du monde occidental au cours du IIe millénaire.

Symbole de la culture française, abritant de nombreux monuments, la ville, surnommée la Ville Lumière, attire en 2017 près de 34 millions de visiteurs ce qui en fait une des capitales les plus visitées au monde. Paris occupe dans le monde une place unique dans le milieu de la mode et du luxe avec des marques prestigieuses (Hermès, Chanel, Longchamp, Christian Dior, Louis Vuitton, etc.) et les deux premiers groupes mondiaux du luxe LVMH et Kering y ont leur siège social. Dans la haute gastronomie des chefs de renommée mondiale exercent leur art à Paris.

La capitale française n'est jumelée qu'avec une seule autre ville, Rome, ce qui est valable dans l'autre sens, avec ce slogan : « Seul Paris est digne de Rome, seule Rome est digne de Paris ».

La ville est, avec sa banlieue, la capitale économique et commerciale de la France, ainsi que sa première place financière et boursière. Elle accueillera en 2019 l'Autorité bancaire européenne. La région parisienne, avec un produit intérieur brut (PIB) de 649 milliards d'euros en 2014, est un acteur économique européen majeur et la première région européenne par le PIB régional, devant la Rhénanie du Nord-Westphalie (627 milliards d'euros) et le Grand Londres (509 milliards d'euros). Elle est également l'une des régions les plus riches d'Europe avec un PIB par habitant de 52 900 euros en 2014. Paris est le siège de plusieurs organisations internationales comme l'UNESCO ou l'OCDE.

La densité de ses réseaux ferroviaire, autoroutier et de ses structures aéroportuaires en font un point de convergence pour les transports nationaux et internationaux. Cette situation résulte d’une longue évolution, en particulier des conceptions centralisatrices des monarchies et des républiques, qui donnent un rôle considérable à la capitale dans le pays et tendent à y concentrer les institutions. Depuis les années 1960, les politiques gouvernementales oscillent toutefois entre déconcentration et décentralisation. La macrocéphalie dont est atteinte la ville se concrétise par la convergence de la plupart des réseaux routiers et ferroviaires du pays en son centre et des écarts démographiques et économiques disproportionnés entre la capitale et la province : près de 19 % de la population française vit dans l'aire urbaine de Paris.

Le club de football du Paris Saint-Germain et celui de rugby à XV du Stade Français sont basés à Paris. Le Stade de France, enceinte de 80 000 places, construite pour la Coupe du monde de football de 1998, est situé au nord de la capitale, dans la cité voisine de Saint-Denis. Paris, qui accueille chaque année le tournoi du Grand Chelem de tennis de Roland Garros, a organisé les Jeux olympiques en 1900 puis en 1924 et deviendra en 2024 la deuxième ville avec Londres à les avoir accueillis trois fois. Les finales des Coupes du monde de football 1938 et 1998, celles des Coupes du monde de rugby à XV 2007 et 2023, et des championnats d'Europe de football 1960, 1984 et 2016 se sont également tenues ou auront lieu à Paris, qui est tous les ans le théâtre de l'arrivée du Tour de France.

Sommaire

Géographie

Localisation

Topographie

Article détaillé : Plans de Paris.
Point zéro des routes de France, devant la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Au milieu du Bassin parisien, deux îles sur la Seine constituent le cœur historique de Paris : l'île Saint-Louis, la plus à l'est et l'île de la Cité, la plus à l'ouest. La ville s'étend de part et d'autre du fleuve, sur une superficie environ deux fois supérieure au nord, sur la rive droite, à celle au sud, sur la rive gauche.

Paris intra-muros, délimité de fait en 1844 par l'enceinte de Thiers, puis administrativement en 1860 par l'annexion de communes ou de leurs quartiers, est aujourd'hui séparé de ses communes limitrophes par une frontière artificielle[1], le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de 35 km. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou par les routes et autoroutes qui rejoignent cette rocade, dont la couverture progressive permet de mieux ouvrir Paris à son agglomération.

Au-delà de l'enceinte de Thiers, deux grands espaces boisés ont été aménagés par le baron Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, sur des communes voisines, avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (846 hectares, 16e) et à l'est, le Bois de Vincennes (995 hectares, 12e), ce qui porte le périmètre de la ville à 54,74 km. Paris s'étend également sur l'héliport (15e arrondissement). Plus anecdotique, depuis 1864, la ville de Paris est propriétaire du domaine entourant les sources de la Seine[2], à 231 km de la ville.

La superficie de la ville de Paris est de[b 1] 105,40 km2 (113e rang des communes de France métropolitaine). Son périmètre en longeant le boulevard périphérique est de 35 km, sa longueur est-ouest de 18 km, et celle nord-sud de 9,5 km[3].

Son unité urbaine s'étend sur 2 845 km2 et rassemble 10 659 489 habitants en 2014, répartis dans 412 communes d'Île-de-France[b 2].

Le point zéro des routes de France est matérialisé par une dalle située devant Notre-Dame de Paris.

Hydrographie

La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, y entrant par le sud-est pour en sortir au sud-ouest. Plus de trente ponts permettent de franchir le fleuve.

La ville est également traversée par la Bièvre, aujourd'hui entièrement souterraine, qui arrive du sud, et par le canal Saint-Martin (4,5 kilomètres), inauguré en 1825. Il constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq (108 kilomètres) et du canal Saint-Denis (6,6 kilomètres), ouvert en 1821, qui permet de rejoindre la Seine en aval en évitant la traversée de la ville. Il alimente le bassin de la Villette, passe en souterrain sous les boulevards Jules-Ferry et Richard-Lenoir et la place de la Bastille, traverse le port de l'Arsenal et rejoint la Seine en amont de l'île Saint-Louis[f 1].

Autrefois, la Seine recevait encore dans Paris un autre affluent : le ruisseau de Ménilmontant qui traversait les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis, passait derrière la Grange-Batelière, continuait en traversant la Ville-l'Evêque et le Roule et se jetait dans la Seine au nord de la colline de Chaillot. À partir du XVIe siècle, il fut transformé en égout et devint le Grand Égout[4].

D'autres cours d'eau traversent ou ont traversé Paris, dont le ruisseau du Bac, la Bièvre, le ru des Orgueilleux, le canal de l'Ourcq, la darse du fond de Rouvray, le ruisseau de Gravelle, le ruisseau de Montreuil — également appelé ruisseau de la Pissotte —, le ruisseau de Saint-Germain, le canal Saint-Martin[5].

La ville a été marquée par de nombreuses inondations, dont les plus importantes avant le XXe siècle sont celles de 583, 842, 1206, 1280, 1325, 1407, 1499, 1616, 1658, 1663, 1719, 1733, 1740, 1764, 1799, 1802, 1836, 1844 et 1876[6]. Pour la période récente, les plus importantes sont celles de 1910, 1924, 1955, 1982 et 2016[7].

Géologie et relief

Le Bassin parisien, constitué il y a 41 millions d'années, forme un grand ensemble de couches sédimentaires successives. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque, les Vosges, le Massif central et le Massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique, préfigurant les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'Oligocène, le Bassin parisien devient continental[8].

En 1911, le géologue Paul Lemoine montre que le bassin est composé de strates disposées en cuvettes concentriques[9],[10], puis des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits confirment les strates en cuvettes concentriques, mais avec des objets complexes comme des failles. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion. La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de la Seine d'époque moderne. Les plus anciens dépôts sont des sables et des argiles datant de l'étage sparnacien présent dans le 16e arrondissement d'Auteuil au Trocadéro. Mais l'étage le plus connu est le Lutétien, riche en gypse et en calcaire[11].

Plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines[s 1] : sur la rive droite, Montmartre (131 m), Belleville (128,5 m), Ménilmontant (108 m), les Buttes-Chaumont (103 m), Passy (71 m) et Chaillot (67 m) ; sur la rive gauche, Montparnasse (66 m) , la Butte-aux-Cailles (63 m) et la Montagne Sainte-Geneviève (61 m).

Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière exploitées principalement sur la rive gauche, de la place d'Italie à Vaugirard pour le calcaire, à Montmartre, Belleville et Ménilmontant pour le gypse. Cette exploitation datant probablement de l'époque romaine et attestée par des documents de 1292, s'est poursuivie jusqu'au milieu du XIXe siècle, les dernières ayant été fermées en 1860 à l'emplacement de l'actuel parc des Buttes-Chaumont et du quartier de la Mouzaïa. Cette extraction s'est aujourd'hui déplacée vers l'Oise, à Saint-Maximin par exemple[12], Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public. La superficie excavée représente plus de 850 hectares soit plus du dixième du territoire de Paris. Le sous-sol fragilisé est surveillé et consolidé par l'Inspection générale des carrières fondée en 1777[13].

L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au XIXe siècle pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines, présentes dans le sous-sol parisien, fournissent par forage de l'eau à la ville, comme celles d'Auteuil. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle[14].

Climat

Article détaillé : Climat de Paris.

Une station météorologique, ouverte le , est située dans le 14e arrondissement, dans la partie sud du parc Montsouris (coordonnées : 48,82167, 2,33778), à 75 mètres d'altitude[15].

Paris a un climat de type océanique dégradé : l'influence océanique dépasse celle continentale et se traduit (1981 - 2010) par une température minimale moyenne de 15,1 °C de juin à août et de °C de décembre à février et de 8,9 °C sur l'année, avec des pluies fréquentes en toutes saisons (111 jours) et un temps changeant mais avec des pluies plus faibles (637 millimètres) que sur les côtes, et quelques pointes de températures (influence continentale) au cœur de l'hiver ou de l'été. Le développement de l'urbanisation provoque une augmentation de la température et une baisse du nombre de jours de brouillard[s 2],[16].

Lors de la canicule européenne de 2003, il a fait 39,4 °C le , 39,5 °C le et 39,4 °C le [17]. Le record de température minimale la plus chaude a eu lieu les et avec 25,5 °C[17].

En 2012, le maximum observé a été de 38,4 °C le et de 38,1 °C le [17]. Le , le maximum était de 22 °C[18]. Le , le maximum du mois de novembre est battu de 0,4 °C avec 21,4 °C[19]. Le , la température culmine à 21,6 °C.

Durant la période froide, la journée où il a gelé le plus tardivement était le avec −0,7 °C, puis le avec −1,2 °C. Aucun gel n'est survenu pendant 340 jours de suite en 2015-2016 (il avait gelé le )[20].

En 2016, le 25 août, la température atteint 36,5 °C et à 22 h 29,2 °C (33,7 °C le à 22 h)[21].

Paris-Montsouris
Mois J F M A M Jn Jt A S O N D Année
Températures maximales (en °C) 7,2 8,3 12,2 15,6 19,6 22,7 25,2 25,0 21,1 16,3 10,8 7,5 16,0 °C
Températures minimales (en °C) 2,7 2,8 5,3 7,3 10,9 13,8 15,8 15,7 12,7 9,6 5,8 3,4 8,9 °C
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 51,0 41,2 47,6 51,8 63,2 49,6 62,3 52,7 47,6 61,5 51,1 57,8 637 mm
Nombre de jours avec précipitations (> 1 mm) 9,9 8,9 10,6 9,3 9,7 8,4 7,9 7,6 7,9 9,7 9,9 10,9 111 jrs
Nombre d'heures d'ensoleillement 62.5 79.2 128.9 166 193.8 202.1 212.2 212.1 167.9 117.8 67.7 51.4 1661.6 h
Source : Météo France
Paris-Montsouris - Températures extrêmes de 1873 à 2015
Mois J F M A M J J A S O N D
Températures maximales records (en °C) 16,1 21,4 25,7 30,2 34,8 37,6 40,4 39,5 36,2 28,9 21,6 17,1
Années des températures maximales 1999 1960 1955 1949 1944 1947 1947 2003 1895 2011 2015 1989
Températures minimales records (en °C) -14,6 -14,7 -9,1 -3,5 -0,1 3,1 6,0 6,3 1,8 -3,1 -14,0 -23,9
Années des températures minimales 1940 1956 1890 1879 1874 1881 1907 1881 1889 1890 1890 1879
Source : Météo-France

Tous les trimestres, Météo-France et l'Agence parisienne du climat éditent un bulletin climatique qui revient en détail sur les saisons passées et les compare à celles des 30 dernières années[22].

Le , une violente tornade frappe le cœur de Paris, peu avant 15 heures. Elle se déplace de 6 km et fait cinq morts et une centaine de blessés[23].

Transports

Article détaillé : Transports à Paris.
La ligne 3a du tramway.
Station Vélib' place de la Bastille, avec pistes cyclables.

Le premier mode de déplacement est la marche, qui assure 40 % des trajets quotidiens, qu'ils soient internes à Paris ou entre Paris et sa banlieue. En surface, elle représente 75 % des déplacements[24].

Viennent ensuite les transports en commun, au premier rang desquels figure le métro, qui assure 20 % des déplacements parisiens[25]. Présent depuis (date d'ouverture du premier tronçon de la ligne 1), il compte en 2017 16 lignes, et est considéré comme l'un des symboles de la ville, notamment grâce à son style architectural Art nouveau. Les transports en commun ferrés sont complétés par les cinq lignes du RER, réseau ferroviaire suburbain qui facilite les relations à l'échelle de l'agglomération parisienne; par les six grandes gares ferroviaires (Paris-Austerlitz, Paris-Est, Paris-Gare-de-Lyon, Paris-Montparnasse, Paris-Nord, Paris-Saint-Lazare) qui relient Paris à sa périphérie grâce à une quinzaine de lignes de chemin de fer de banlieue (Transilien), ainsi qu'à toutes les villes de France et aux pays proches par le biais du TGV ou de trains classiques; et enfin, plus récemment, par un tramway quasi-circulaire (lignes T3a et T3b). Enfin, à côté des transports en commun ferroviaires existe un réseau dense d'une centaine de lignes de bus sur un plan fondé pour l'essentiel en 1947[26], qui doit être révisé à l'horizon 2018.

Pour ce qui est des déplacements quotidiens, aussi bien dans Paris qu'entre Paris et la banlieue, la voiture, dont l'usage est en baisse continue depuis les années 1990, ne joue plus qu'un rôle secondaire - elle ne représente plus aujourd'hui que 13 % des déplacements[27]. Le taux d'équipement automobile des ménages à Paris est de 36,8 % en 2014[28]. La circulation routière n'en reste pas moins dense et souvent difficile, et génère une pollution très élevée (90 % des Parisiens sont exposés à des taux de pollution supérieurs aux normes sanitaires, et la qualité de l'air est mauvaise ou très mauvaise 40 % de l'année[29]). La circulation automobile bénéficie pourtant, pour s'effectuer, d'un important ensemble d'infrastructures successivement créées. Ce sont tout d'abord les larges avenues tracées par Haussmann au XIXe siècle, qui facilitèrent alors grandement un trafic déjà important à cette époque. La ville a ensuite été entourée par le boulevard périphérique, terminé en 1973, qui est l'autoroute urbaine la plus empruntée d'Europe[s 3] avec 270 000 véhicules par jour[30]. Au même moment était mis en place un réseau d'autoroutes urbaines en toile d'araignée reliant Paris aux banlieues périphériques et au reste du pays. En 2010, une étude place néanmoins l'agglomération parisienne championne d'Europe des embouteillages routiers sur 109 agglomérations étudiées. Les automobilistes passent en moyenne 78 heures par an dans le trafic routier, soit 11 minutes par jour[31]. Le stationnement à Paris est payant dans la quasi-totalité des rues, mais il s'effectue essentiellement (à 80 %) en parkings souterrains[32]. En 2014, 17 636 taxis circulent à Paris[33]; ils assurent 0,5 % des déplacements[34]. La commune a lancé le [35] le système de location de voitures en libre-service de courte durée « Autolib' ». Confié par délégation de service public au groupe Bolloré, ce service permettait de louer un véhicule conçu spécifiquement pour cet usage : la Bluecar, voiture totalement électrique à quatre places de 3,65 m de longueur, dotée d'un coffre de 350 dm3 et d'une autonomie variant de 150 à 250 km[36],[37]. Le service a été définitivement fermé le 31 juillet 2018[38].

Après avoir quasiment disparu dans les années 1980 (la circulation automobile était alors 85 fois supérieure à la circulation cycliste à Paris), le vélo n'a cessé d'augmenter très rapidement depuis les années 1990 - le nombre de déplacements effectués à vélo a été multiplié par 10 entre 1991 et 2010. Pour les Parisiens, la circulation cycliste représente désormais un tiers de la circulation automobile, et est supérieure de 45 % à la circulation en deux-roues motorisés. La prolongation de ces tendances laisse penser qu'au cours des années 2020 la circulation cycliste deviendra supérieure à la circulation automobile[39]. Néanmoins, la part des vélos dans les déplacements n'était encore estimée qu'à 3 % en 2008[40], positionnant Paris dans le bas du classement des capitales européennes les plus cyclistes[41]. La ville développe depuis 1996 un réseau de pistes cyclables en augmentation constante qui atteint en 2011 700 km incluant les bandes et pistes cyclables ainsi que les couloirs de bus élargis[42],[43]. À la suite de Rennes et Lyon, la mairie de Paris lance le un système de location de vélos en libre-service, baptisé Vélib', avec le réseau le plus dense d'Europe, 20 000 vélos fin 2007, 1 400 stations dans Paris, une tous les 300 mètres en moyenne, et géré par JCDecaux[s 4] puis par Smovengo[44] depuis le .

Paris est la deuxième ville d'Europe en trafic aérien de passagers en 2015[45], et la cinquième au monde en 2015. Les deux aéroports qui accueillent l'essentiel du trafic — Orly et surtout Roissy-Charles-de-Gaulle — ont transporté 95,4 millions de passagers et 2,2 millions de tonnes de fret en 2015[46].

Les aéroports franciliens sont gérés par le Groupe ADP. Afin de les relier à Paris, plusieurs moyens de transport routiers sont disponibles comme les Cars Air France, l'OrlyBus et le RoissyBus, ainsi que des navettes ferroviaires comme l'Orlyval (en correspondance à la gare d'Antony avec les trains de la ligne B du RER), le tramway T7.

Environnement

La pollution atmosphérique est un problème de santé publique à Paris, qui a motivé la création du réseau de surveillance Airparif en 1984[47]. et depuis 2001 des politiques de réduction de la présence automobile et en particulier des plus polluants[48]. La densité urbaine de Paris, triple de celle de Londres, induit des immeubles plus hauts, moins de maisons de ville et des espaces verts plus réduits[49] (2 300 hectares en incluant les bois[50]) avec une biodiversité assez limitée[51]. Hormis la création du parc de la Villette dans les années 1980[52], la reconquête d'espaces verts est récente[53].

En cas de rupture des transports, Paris n'est que peu résiliente avec à peine quelques jours d'autonomie alimentaire[54] depuis notamment la disparition d'une ceinture maraichère autour de Paris au XXe siècle[55]. L’Île-de-France n’est autonome qu’à hauteur de 10 % pour les légumes frais, de 1,5 % pour les fruits, de 12 % pour les œufs ou encore de 1 % pour le lait, l’autonomie alimentaire n’étant atteinte que pour le blé (159 %) et le sucre (117 %)[54].

Paris est un îlot de chaleur urbain avec un excédent moyen supérieur à °C pour les valeurs nocturnes[56]. De ce fait, la canicule d’août 2003 fait que la surmortalité constatée en Île-de-France a été supérieure à la moyenne nationale[57]. Aussi reconnue comme un élément de modération du climat, l'agriculture urbaine a en 2016 une place très modeste comparée à d'autres métropoles comme Détroit, Montréal[54], Berlin ou Bruxelles, avec seulement 44 installations agricoles (1,6 hectare sur les toits et (1,3 hectare au sol). La Ville se donne un objectif de 33 hectares en 2020 en mobilisant de l'espace sur les toits de Paris[58].

Urbanisme

Morphologie urbaine

La plupart des souverains français depuis le Moyen Âge ont tenu à laisser leur marque sur une ville qui n'a jamais été détruite, contrairement à Londres (grand incendie de 1666), Lisbonne (tremblement de terre de 1755) ou Berlin (combats de la Seconde Guerre mondiale). Tout en conservant l'empreinte du passé le plus ancien dans le tracé de certaines rues, Paris a élaboré au cours des siècles un style homogène et a su moderniser ses infrastructures.

L’île de la Cité et l'île Saint-Louis.

Jusqu'au Moyen Âge, la ville était composée d'une dizaine d'îles ou bancs de sable dans la Seine ; il en subsiste trois : l'île Saint-Louis, l'île de la Cité et l'île aux Cygnes.

Article détaillé : Liste des îles de Paris.

L'organisation actuelle de la ville doit beaucoup aux travaux d'Haussmann, sous le Second Empire. Il a fait percer la plupart des voies les plus fréquentées aujourd'hui (Boulevard Saint-Germain, Boulevard de Sébastopol…). On associe souvent Paris à l'alignement d'immeubles de hauteur égale le long d'avenues bordées d'arbres, aux façades rythmées par les ornements du deuxième étage et le balcon filant du cinquième étage. Le centre de Paris se distingue de celui de beaucoup d'autres grandes villes occidentales par la densité de sa population[b].

Depuis l'édit du grand voyer de France de 1607 règlementant les saillies sur voie, il existe des règles strictes d'urbanisme à Paris, en particulier des limites de hauteur et de densité des immeubles. Aujourd'hui, les nouveaux bâtiments de plus de trente-sept mètres, hauteur maximale admise entre 1974 et 2010, sont autorisés jusqu'à 50 m voire 180 m seulement dans quelques quartiers périphériques ; la limite de hauteur est encore moins élevée dans de nombreux quartiers centraux[s 5]. La tour Montparnasse (210 m) était depuis 1973 le plus haut immeuble de Paris et de France, jusqu'à l'exhaussement à 231 m de la tour First en 2011, dans le quartier de la Défense, à Courbevoie. Les gratte-ciels se multiplient en proche banlieue, en particulier dans le quartier de La Défense et d'autres tours, d'une hauteur comprise entre 265 m et 323 m, y sont en projet[Quand ?].

Image panoramique
Panorama à 360° de Paris, photographié depuis la Tour Eiffel.
Voir le fichier

Voirie parisienne

Colonne Morris devant l'entrée de la station de métro Saint-Jacques.

La voirie parisienne consacre 60 % de son espace aux chaussées et 40 % aux trottoirs[59].

Paris comptait 6 088 voies publiques ou privées en 1997. La plus large (120 mètres) est l'avenue Foch (16e), la plus étroite (largeur minimale 1,80 m) la rue du Chat-qui-Pêche (5e)[c]. La plus longue (4 360 m) de Paris intra-muros est la rue de Vaugirard (6e et 15e)[d], la plus courte (5,75 m) la rue des Degrés (2e). L'avenue la plus courte (14 m) est l'avenue Georges-Risler (16e). La voie la plus pentue (17 %) est la rue Gasnier-Guy (20e)[s 6].

Mobilier urbain

Il existe un mobilier urbain typiquement parisien, immédiatement associé à la ville, généralement de couleur vert bouteille, et qui participe à l'image et à l'âme de Paris :

  • les fontaines Wallace ;
  • les entrées de certaines stations de métro dotées d'édicules Guimard ;
  • les colonnes Morris ;
  • les kiosques à journaux Davioud (1857), avec leur petit dôme et leur frise caractéristique ;
  • les échoppes des bouquinistes ;
  • mais aussi certains modèles de kiosques à musique, réverbères, bancs publics, etc.

Paris et ses alentours

Article détaillé : Unité urbaine de Paris.
L'unité urbaine de Paris vue par satellite, en fausses couleurs (bleu en rouge, marron en vert). On distingue nettement l'expansion de l'urbanisation le long des vallées et grandes voies de communications.

Entre 1870 et 1940, la capitale de la France prend peu à peu un nouveau visage : Paris laisse place au « Grand Paris ». L'organisation administrative de Paris avait connu sous Napoléon III une adaptation à l'évolution démographique. Mais la ville est restée ensuite enfermée dans l’enceinte de Thiers (sa limite en 1860), sans connaître de nouvelle évolution administrative. Paris, surpeuplée, ne pouvant loger l'importante immigration provinciale, les communes périphériques absorbent le trop-plein de l'expansion démographique liée à l'exode rural et à la croissance économique de la ville : la notion contemporaine de « banlieue » fait son apparition[60],[61]. Désormais, on parle moins de Paris que de la région parisienne. Jusqu’alors largement négligés, de nouveaux problèmes, comme celui des transports, apparaissent. En 1961, à la demande du général de Gaulle, Paul Delouvrier planifie enfin l'évolution urbaine et élabore la construction de cinq villes nouvelles et du réseau de RER. Mais cette mutation majeure ne s'accompagne pas de la création d'une autorité unique, voyant au contraire deux des trois départements de la région parisienne (la Seine et la Seine-et-Oise) en constituer sept qui, s'ils sont plus proches des habitants, dispersent également les ressources fiscales et les compétences politiques. Tandis que la population de la ville de Paris diminue sensiblement de 1954 à 1982 (- 23,6 %), puis plus lentement à la fin du XXe siècle avant d'augmenter légèrement ces dernières années, celle de la banlieue s'accroît sans discontinuer depuis la fin du XIXe siècle, jusqu'à totaliser au XXIe siècle près de 80 % de la population du grand Paris.

La géographie sociale de l’agglomération s'est calquée sur les grandes tendances de la ville durant le XIXe siècle : les classes aisées se retrouvent dans l'Ouest et dans le Sud-Ouest et les plus populaires dans le Nord et dans l'Est. Les autres secteurs sont peuplés de classes moyennes, avec cependant des exceptions liées au site et à l'histoire des communes, comme Saint-Maur-des-Fossés à l'est et Enghien-les-Bains au nord, qui accueillent une population fortunée.

Les grands ensembles ont été édifiés durant les années 1960 et 1970 afin de loger rapidement et à bas coût une population en rapide expansion. Une certaine mixité sociale y existait à l'origine, mais l'accession à la propriété (ouverte aux classes moyennes à partir des années 1970), leur piètre qualité de construction et leur mauvaise insertion dans le tissu urbain ont contribué à les faire déserter par ceux qui le pouvaient et à n'y attirer qu'une population sans grandes possibilités de choisir : la proportion d’immigrés pauvres y est très forte.

On trouve des « quartiers sensibles » dans les arrondissements du Nord et de l'Est parisien[e], autour de la Goutte-d'Or et de Belleville notamment. En banlieue nord de Paris, ces quartiers sont essentiellement concentrés dans une grande partie du département de la Seine-Saint-Denis et dans une moindre mesure à l'est du Val-d'Oise. D'autres, plus épars, se trouvent par exemple dans la vallée de la Seine, en amont à Évry et Corbeil-Essonnes (Essonne), en aval aux Mureaux et à Mantes-la-Jolie (Yvelines) ou dans certains ensembles sociaux des villes nouvelles.

Logement

En 2015, le nombre total de logements dans la commune était de 1 336 438, alors qu'il était de 1 353 036 en 2009[a 1],[62].

Parmi ces logements, toujours en 2015, 83,6 % étaient des résidences principales, 8,2 % des résidences secondaires et 8,1 % des logements vacants (en nette diminution par rapport à 1999 : 10,3 %)[a 2]. Les logements parisiens sont majoritairement collectifs (78,8 % des résidences), le logement individuel ne représentant que 21,2 % des logements en 2016[63].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 33,1 %, légèrement en hausse par rapport à 1999 (29,6 %)[a 3].

En 2009, 55,0 % des appartements de Paris ne possédaient qu'une ou deux pièces[a 4].

Le logement social représente un peu plus de 17 % du parc immobilier urbain, mais ce taux moyen cache de fortes disparités dans sa répartition spatiale : les dix premiers arrondissements du centre historique ne totalisent que 6 % des logements sociaux de la ville, pour 23 % du parc total. Les 13e, 19e et 20e en comptaient 96 000 en 1999, soit 47 % du parc social parisien concentré dans seulement trois arrondissements. Si on ajoute les 12e, 14e, 15e et 18e arrondissements, on atteint un taux de 81 % concentrés dans un croissant périphérique du sud au nord-est de la ville[64]. La proportion de logements sociaux comptabilisés selon la loi SRU en 2006 varie de 1,2 % dans le 7e arrondissement (357) à 34,1 % dans le 19e arrondissement (28 147). Entre 2001 et 2006, 23 851 logements ont été agréés dans la ville mais 88 131 Parisiens et 21 266 non-Parisiens étaient demandeurs d'un logement social en 2006. La rotation des locataires est faible en raison du niveau élevé des prix de l'immobilier. Ce taux est de 10 % par an en France, 7,5 % en Île-de-France mais de seulement 5 % à Paris intra-muros[65]. De nombreuses associations œuvrent pour trouver des solutions au mal-logement et à la précarité de personnes sans logement (Emmaüs, Secours catholique, Croix-Rouge française…)

Paris est la ville française où le phénomène du mal logement est le plus présent. Ce mal logement connaît deux acceptations : d’une part, c’est le statut juridique d’une personne qui ne maîtrise pas elle-même la durée de son hébergement, d’autre part ce sont les caractéristiques techniques du logement. Selon le 23E rapport sur l’État du mal logement de la Fondation l’Abbé Pierre, le mal logement n’est pas vécu de la même manière à Paris qu’ailleurs. De manière générale, les personnes « supportent » le surpeuplement pour pouvoir rester dans la capitale, car ils effectuent un arbitrage entre la localisation et le confort.

Cette carte permet de visualiser que les arrêtés d'insalubrité pris en 2010 portent sur des immeubles se trouvant dans les anciens faubourgs parisiens, à l'Est de la ville de Paris[66].

Les difficultés de logement sont très importantes à Paris, avec plus de 10% des ménages de la capitale qui en rencontrent en 2016, taux en hausse depuis 2015. Donc cet enjeu est actuel et n’est pas réglé, bien que ces difficultés décroissent : en 2004 elles touchaient 14% des ménages[67].

Ces difficultés sont héritées d’enjeux de salubrité datant du XIXe siècle, suite à une croissance soudaine et très importante de la population parisienne depuis 1840. Il est nécessaire d’adapter la ville à la demande exponentielle de logements, des politiques publiques sont menées notamment celle de Haussmann, afin d’améliorer entre l’hygiène de la ville et réduire l’insalubrité. Cela a eu pour effet de repousser l’enjeu de l’insalubrité dans les anciens de faubourgs de Paris. Cela est encore visible aujourd’hui : ce sont dans les secteurs écartés par Haussmann que sont présents les arrêtés d’insalubrité datant de 2010, visibles sur la carte ci contre.

Cette photo illustre l'évolution que l'îlot 1 a pu connaître, les travaux de destruction-reconstruction ayant eu lieu entre 1914 et 1939[68].

Plusieurs mesures sont prises afin de réduire l’habitat indigne. Notamment par la mise en place d’un Casier Sanitaire des maisons de Paris, qui a permis d’identifier 17 îlots insalubres à Paris en 1906. Paul Juillerat a participé à l’élaboration de ce casier. Le but étant de détruire ces îlots pour reconstruire un habitat sain. Le plan de ces îlots insalubres a été repris par la suite, entre autres par Louis Sellier en 1937, et les îlots voient leur forme évoluer. Par exemple le centre Pompidou a donc été bâti en 1970 sur les décombres d’immeubles insalubres, détruits dans les années 1930[69]. Face à ce musée, un exemple d’habitat insalubre détruit puis reconstruit entre 1915 et 1945, 42 rue de Beaubourg illustre cette politique menée. Cette rue appartient à l’îlot 1 tel que défini par dans la communication de M. le préfet de la Seine au conseil municipal et au conseil général sur le problème du logement en 1946[70].

Ensuite, une enquête économico-immobilière est réalisée à la fin des années 1950 afin de déterminer des espaces à détruire afin de constituer des grands ensembles. L’insalubrité est alors marquée par un manque d’air et de lumière. L’une des causes principales de cette insalubrité est que les propriétaires ne tirent pas assez de revenus de leurs immeubles et ne cherchent plus à les entretenir car un moratoire des loyers est mise en place après la guerre pour geler les loyers pour les familles de hommes partis à la guerre qui ont été blessés ou qui sont décédés.

Depuis les années 2000, plusieurs sociétés ont reçu mission de résoudre l’insalubrité qui touche de nombreux logements parisiens. C’est le cas de la Siemp entre 2002 et 2008 qui s’est vue confier la gestion de 1 030 immeubles dont les travaux sont aujourd’hui achevés, ou encore la Sorêqa depuis 2010. Des mesures sont en place pour lutter contre le mal logement ; cela implique souvent un relogement temporaire ou définitif afin de réhabiliter ou détruire puis reconstruire le bâtiment touché. En 2018, l’habitat indigne a reculé à Paris ; il reste seulement des pôles diffus souffrant de blocages en termes de gestion ou connaissant des problèmes de suroccupation.

Paris est la neuvième ville la plus chère du monde[71] en ce qui concerne les prix de l'immobilier de luxe : 12 600 euros/m2 en 2007 (contre 36 800 pour Londres, la plus chère)[72],[73]. Selon une enquête du site MeilleursAgents.com réalisée pour le compte du journal La Tribune, au , la rue la plus chère est le quai des Orfèvres (1er arr.), avec un prix médian de 20 665 euros/m2, contre 3 900 euros/m2 rue Pajol (18e)[74]. Paris devient en 2017 la ville la plus attractive d'Europe pour les investisseurs immobiliers, ce qui ne s'était pas produit depuis 2007[75].

Paris compte en 2019 un nombre de 346 000 logements vacants, soit 11,7 % des logements de la capitale. Des associations entreprennent des actions pour tenter d'obtenir des réquisitions afin de loger les sans-abris[76].

Sociologie urbaine

Les ménages aisés vivent essentiellement dans l'Ouest et au Sud de la ville tandis que le Nord-Est concentre les populations les plus pauvres et d'origine immigrée.

La hausse continue des prix de l'immobilier explique le remplacement progressif des populations modestes ou intermédiaires par une nouvelle classe plus aisée. On constate ce processus de gentrification dans de nombreuses autres mégapoles comme Londres ou New York. À Paris, cette évolution a vulgarisé le terme de bobos (pour bourgeois-bohème, terme flou mais très usité, sauf par les sociologues qui y font rarement référence) avant de provoquer une mutation sociale de quartiers encore récemment considérés comme populaires, tels le 10e arrondissement ou certaines communes de proche banlieue comme Montreuil en Seine-Saint-Denis. Paris est la 12e ville de France de plus de 20 000 habitants pour la proportion d'assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), soit 34,5 foyers fiscaux pour 1 000 habitants. 73 362 foyers fiscaux déclaraient un patrimoine moyen de 1 961 667 euros en 2006. Le 16e arrondissement arrive en tête pour le nombre de redevables avec 17 356 contribuables[77],[78]. Avec 27 400 euros de revenu moyen par unité de consommation en 2001, les ménages parisiens sont les plus aisés de France. Les quatre autres départements en tête du palmarès sont tous franciliens : Hauts-de-Seine, Yvelines, Essonne et Val-de-Marne, ce qui reflète la concentration de professions très qualifiées à haut revenu dans la région Île-de-France.

Mais si Paris a une image d'une « ville de riches » avec une proportion de classes sociales élevées plus importante qu'ailleurs, sa sociologie intra-muros reste en réalité très contrastée. Selon l'indice de parité de pouvoir d'achat (PPA), les revenus réels des Parisiens sont très inférieurs à leurs revenus nominaux : le coût de la vie intra-muros (à commencer par celui du logement) est particulièrement élevé, et certains types de denrées coûtent plus cher à Paris que dans le reste de la France. De plus, au contraire du revenu médian, le revenu moyen cache les disparités, quelques très hauts revenus pouvant éclipser de très bas revenus beaucoup plus nombreux. Dans le cas de Paris, le seuil des 10 % de revenus les plus hauts (9e décile) s'élève à 50 961 euros annuels[b 3], ce qui explique en partie le haut revenu moyen de la capitale et l'écart important entre le revenu moyen et le revenu médian[b 3].

Les différences sociales sont traditionnellement marquées entre les habitants de l'Ouest de Paris (essentiellement aisés) et ceux de l'Est. Ainsi, le revenu moyen déclaré dans le 7e arrondissement, le plus élevé, était 31 521 euros par unité de consommation en 2001, soit plus du double de celui du 19e arrondissement qui n'était 13 759 euros, valeur proche de la médiane des revenus de la Seine-Saint-Denis de 13 155 euros. Les 6e, 7e, 8e et 16e arrondissements sont classés au niveau des dix communes franciliennes au revenu moyen le plus élevé alors que les 10e, 18e, 19e et 20e arrondissements sont au niveau des communes les plus pauvres d'Île-de-France[b 4].

On note enfin de très fortes disparités de revenus au sein même de tous les arrondissements : le rapport interdécile (le seuil des 10 % des revenus les plus élevés divisé par le seuil des 10 % des revenus les plus bas) le plus faible est 6,7 dans le 12e arrondissement, contre 13,0 pour le 2e arrondissement (qui présente la plus forte dispersion de revenus)[b 3]. Plus globalement, Paris se classe parmi les départements métropolitains aux seuils de bas revenus les plus faibles (81e rang[b 3]), et présente un rapport interdécile de 10,5[b 3] qui en fait le département français où se concentrent les plus fortes disparités sociales.

Carte de l'évolution de la part des ouvriers et des cadres par IRIS à Paris en 2006 et 2013
Carte de l'évolution de la part des ouvriers et des cadres par IRIS à Paris en 2006 et 2013.

On y constate également des formes de ségrégation sociale dans certains quartiers du nord-est parisien comme celui de Barbès - Rochechouart. En effet, la sociologie de certains arrondissements de l'Est de Paris (comme le 19e) ressemble à celle de quelques quartiers sensibles de banlieue ne constituant que l'extension extra-muros de la cartographie sociale de la ville : le 16e arrondissement se prolonge par des communes de banlieue aisées, alors que le Nord-Est de la ville a pour appendice les communes de la Seine-Saint-Denis, réputées pauvres. Au début des années 2000, la population la plus démunie est concentrée dans les arrondissements du nord-est : 40 % des foyers concernés résident dans les 18e, 19e et 20e arrondissements, contre 2 % dans les 4e et 6e arrondissements. 32,6 % des familles parisiennes d'origine étrangère hors Union européenne vivent sous le seuil de pauvreté ; ce n'est le cas que pour 9,7 % des Français dont la personne de référence est française[79]. Aujourd'hui, on constate une arrivée de plus en plus importante de cadres[80], aux dépens de la classe ouvrière[81] historiquement installée dans ces quartiers. Cela induit un phénomène de gentrification[82] qui se traduit par une augmentation du prix du foncier[83] et des mutations du paysage urbain. Au quartier de la Goutte-d'Or, l'apparition de la brasserie Barbès caractérisée par une carte chère et une architecture classieuse est représentative de l'embourgeoisement des quartiers du nord-est parisien.

Certains quartiers se caractérisent par des regroupements communautaires : le quartier du Marais a la particularité d'attirer une importante communauté homosexuelle à proximité de la communauté juive ashkénaze dont l'implantation autour de la rue des Rosiers remonte au XIIIe siècle. Le 13e arrondissement regroupe quant à lui une importante communauté asiatique dans le quartier des Olympiades.

Il faut par ailleurs noter que la sociologie d'un quartier peut varier selon les heures. Celui de la place de la Bastille, par exemple, avec ses nombreux bars et lieux de vie nocturne, est animé le soir par beaucoup de jeunes tandis que, dans la journée, il jouit d'une relative tranquillité.

Toponymie

Le nom de la cité est attesté pour la première fois par Jules César, au milieu du Ier siècle av. J.-C., dans la Guerre des Gaules, sous la forme Lutecia ou Lutetia (selon les manuscrits)[84]. On trouve ensuite Lutetia apud Parisios au IVe siècle[85] (Parisios étant à l'accusatif pluriel) ; puis Parisios [usque] en 400 - 410[86], et enfin Paris, attestée dès 887[84].

Le mot Paris est issu du nom du peuple gaulois des Parisii (au datif locatif pluriel : Parisiis), dont Paris était la capitale à l'époque gallo-romaine. La première désignation Lutetia (Lutèce) a été remplacée au IVe siècle, suivant un processus général observé dans la Gaule du Bas-Empire pour les capitales de civitas (cités gallo-romaines) : celles-ci furent d'abord appelées de leur nom originel complété du nom du peuple dont elles étaient la capitale, comme Lutecia des Parisii en l'occurrence. Puis le nom du peuple au datif locatif est seul resté, le nom signifiant alors chez les Parisii (voir entre autres Angers capitale des Andécaves, Tours des Turones, Évreux des Éburovices, Saintes des Santons, Poitiers des Pictons, Amiens des Ambiens, etc., qui sont toutes dans le même cas).

Selon Pierre-Henry Billy, Lutetia pourrait être issu du gaulois *luta, boue, avec le suffixe -etia[84], ce qui correspond très bien à la nature du terrain décrit par César dans la Guerre des Gaules (existence d'un marais permanent qui déversait ses eaux dans la Seine). Quant à l'étymologie de l'ethnonyme Parisii, elle n'est pas connue avec certitude. Il pourrait provenir du gaulois *pario, chaudron (cf. le provencal pairol de même sens), signifiant alors « Ceux du chaudron »[87], avec une référence mythique et sacrée (thème celtique du chaudron d'abondance représentant la survie dans l'Au-delà et les richesses de l'Autre Monde)[88].

Les Parisii ont donné leur nom à Paris, ainsi qu'au pays du Parisis (maintenant « pays de France »), qui subsiste dans Villeparisis, Cormeilles-en-Parisis, Fontenay-en-Parisis. On trouvait également des gaulois de la même tribu des Parisii en Angleterre, dans l'actuel Yorkshire de l'Est.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Un habitat permanent est attesté dans les limites du Paris actuel à partir de la période chasséenne (entre 4 000 et 3 800 avant notre ère) au village de Bercy ; les restes de trois pirogues néolithiques aujourd'hui visibles au musée Carnavalet ont ainsi été retrouvés[89],[90] sur la rive gauche d'un ancien bras de la Seine dans le 12e arrondissement, où la présence humaine semble avoir été continue durant le Néolithique[f 2].

De façon générale, l'histoire du site parisien est toutefois mal connue jusqu'à la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, l'un des 98 peuples gaulois, vivent sur cette région en 52 avant notre ère, au moment d'être soumis à Rome. Ainsi, on ne connaît pas précisément l'emplacement de la cité gauloise mentionnée dans les sources latines : il pourrait s'agir de l'île de la Cité (aucun vestige archéologique antérieur à Auguste n'y a toutefois été retrouvé), de l'île Saint-Louis, d'une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche, voire du site de Nanterre, où a été découvert en 2003 une importante agglomération ordonnée[f],[91],[92]. Dans tous les cas, la cité romaine s'étend sur la rive gauche et sur l’île de la Cité ; elle prend le nom de Lutetia (Lutèce).

À l'époque gallo-romaine, Lutèce n'est qu'une cité relativement modeste du monde romain avec une population de l'ordre de dix mille habitants à son apogée[c 1],[g] ; en comparaison, Lugdunum (Lyon), capitale des trois Gaules (dont la lyonnaise qui englobe la région de Lutèce), aurait compté au IIe siècle de 50 000 à 80 000 habitants[93]. Elle connait toutefois une certaine prospérité grâce au trafic fluvial[c 1]. Suivant la tradition, la cité aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250[c 2].

La position stratégique de Lutèce face aux grandes invasions[c 3] en fait un lieu de séjour pour l'empereur Julien entre 357 et 360, puis Valentinien Ier en 365-366. La cité prend le nom de Paris à cette époque[94]. Si ses faubourgs subsistent encore au IVe siècle[c 4], la population se replie au Ve siècle dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila, qui s'en détournent effectivement sans combat[f 3].

Moyen Âge

En 508, après avoir conquis la majeure partie de la Gaule, Clovis fait de Paris sa capitale[c 5]. Il y établit sa résidence principale (Palais des Thermes), et y fait construire plusieurs édifices religieux, dont la basilique des Saints-Apôtres, où il est enterré ; le rôle de la cité doit cependant être relativisé, dans la mesure où il n’existe pas alors d’administration royale. Tout au long des VIe et VIIe siècles, Paris garde une importance particulière[c 6], même si les divisions du royaume de Clovis entre ses héritiers limitent son rayonnement. Childebert Ier y fait ainsi construire la plus grande cathédrale de la Gaule (la cathédrale Saint-Étienne), tandis que Childéric II fait rénover les arènes gallo-romaines. Durant cette période, revitalisée par les fondations monastiques[95] et sa fonction de capitale[96], la ville commence probablement à s’étendre sur la rive droite[f 4], alors que la rive gauche est réoccupée.

L’extension vers l’est du royaume des Francs sous le règne de Charlemagne fait perdre à Paris sa position politique privilégiée[c 7]. À partir du milieu du IXe siècle, elle fait partie du territoire des Robertiens, qui prennent le titre de comte de Paris. Particulièrement exposée à cause de sa situation sur la Seine, elle est à la même époque ruinée économiquement par les raids des Vikings, qui la ravagent à plusieurs reprises[c 8], ce qui oblige la population à se replier à nouveau sur l’île de la Cité. En 885-886, assiégée par les Normands, la cité parvient à leur résister avec succès, tout en leur barrant l’accès au fleuve. Cet épisode procure un grand prestige à Paris et à son comte Eudes, qui a aidé à sa défense ; il marque par contre une étape du déclin de l’empire carolingien, le comportement de Charles le Gros ayant été jugé indigne durant les événements.

Recueil des ordonnances de la prévôté des marchands de Paris, contenant la transcription de l'ordonnance rendue en février 1416 par Charles VI.

Sous le règne des premiers Capétiens, Paris est une des principales villes du domaine royal, mais pas une capitale, n’étant pour eux qu’une résidence parmi d’autres. Elle gagne cependant en importance avec le temps : Robert le Pieux fait ainsi restaurer le Palais de la Cité[c 9] et plusieurs abbayes, tandis que Louis VI puis Louis VII y fixent leur cour et leur chancellerie. Dans le même temps, la cité prospère, devenant une place importante du commerce du blé, du poisson et du drap, les marchands parisiens s’unissant au sein d'une « hanse des marchands de l’eau »[97] privilégiée par Louis VII en 1170-1171. Elle devient également un centre d’enseignement majeur, grâce aux écoles épiscopales dans un premier temps[f 5], puis à partir du milieu du XIIe siècle, aux communautés religieuses qui s’établissent sur la rive gauche alors dépeuplée[c 10]. À l’image de l’ensemble de l’Occident chrétien, sa population augmente à cette époque de façon considérable : Paris s’étend d'abord sur la rive droite (début du XIe siècle)[c 11], qui devient son poumon économique[98], l’île de la Cité abritant dès lors les grands édifices administratifs et religieux.

C’est Philippe Auguste qui fait de Paris la capitale incontestée du royaume, sur lequel il est le premier des capétiens à exercer un fort contrôle ; cette position est encore renforcée sous les règnes de Louis IX et de Philippe le Bel. L’administration royale, qui se développe considérablement, tient ainsi son siège dans la cité, où se situent la Chambre des comptes, le Trésor, et les Archives du royaume. Les bourgeois parisiens jouent un rôle majeur dans la gestion de l’État, faisant souvent partie du proche entourage du souverain. Les monarques veillent néanmoins à limiter l’autonomie de la ville, qui n’obtient pas le statut de commune ; les corporations se voient seulement accorder divers privilèges politiques, ce qui aboutit en 1263 à l’apparition d’une municipalité composée d’un prévôt des marchands et quatre échevins. Dans le même temps, les écoles de la rive gauche s’unifient en une « universitas »[c 12], reconnue par le pape en 1209-1210, faisant de Paris le plus prestigieux centre d’enseignement d’Europe occidentale pendant au moins un siècle. La cité devient également le symbole du pouvoir royal, qui cherche à lui donner des édifices dignes de son rang : la cathédrale Notre-Dame est achevée vers 1250, la Sainte-Chapelle abritant la couronne d'épine du Christ en 1248, le Palais de la Cité est rénové et étendu, et le marché parisien est couvert et emmuré (Halles). Philippe Auguste entoure par ailleurs les deux rives de la cité de murailles de pierres, terminées en 1209-1212. Paris poursuit sa croissance, la rive gauche étant repeuplée au XIIIe siècle[c 13] ; au début du XIVe siècle, on estime sa population à environ 200 000 habitants[c 14], ce qui en fait la ville la plus peuplée d'Europe[f 6].

En 1348, la cité est frappée pour la première fois par la peste, qui ravage l’Europe entre 1347 et 1351 ; ce mal l’atteint ensuite de façon cyclique pendant plusieurs siècles. Pendant la guerre de Cent Ans, elle est exposée aux attaques anglaises, ce qui amène Charles V à construire sur la rive droite un nouveau rempart englobant les faubourgs. Dans le même temps, dans un contexte de dépression économique et de défaite militaire, l’autorité royale est remise en cause : le prévôt des marchands Étienne Marcel tente ainsi de s'emparer du pouvoir en 1357-1358, tandis que les émeutes populaires se multiplient, telle celle des Maillotins en 1382[c 15]. En réaction, Charles V puis Charles VI élisent résidence dans l’est parisien, moins exposé aux troubles. Au début du XVe siècle, le conflit entre Armagnacs et Bourguignons occasionne également de nombreuses violences dans la capitale ; ces derniers s'imposent en 1418, et Paris tombe en conséquence aux mains du roi d’Angleterre deux ans plus tard. La cité est reconquise en 1436 par Charles VII, mais celui-ci préfère résider près de la Loire, et il en est de même pour ses successeurs Louis XI, Charles VIII et Louis XII. À l’issue de la guerre, Paris s’est rétractée derrière ses murailles[99], et sa population est tombée à environ 100 000 habitants[c 14].

De la Renaissance au dix-huitième siècle

L'hôtel de Sens, édifié entre 1475 et 1519, est l'un des plus anciens hôtels particuliers de Paris.

La Renaissance, marquée par le roi et sa cour résidant dans le Val de Loire, ne bénéficie donc guère à Paris. Malgré son éloignement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première réglementation d’urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII[c 16].

En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville du monde chrétien[s 7].

Le Massacre de la Saint-Barthélemy par François Dubois est déclenché à Paris avant d'être étendu à plus d'une vingtaine de villes de province.

Le , sous Charles IX, est organisé le massacre de la Saint-Barthélemy. On compte entre deux mille et dix mille victimes[f 7]. La Ligue catholique, particulièrement puissante dans la capitale, se dresse contre Henri III durant la Journée des barricades en 1588. Ce dernier s'enfuit avant d'assiéger la ville[f 8]. Après son assassinat, le siège est maintenu par Henri de Navarre, devenu Henri IV. La ville, pourtant ruinée et affamée, ne lui ouvre ses portes qu'en 1594 après sa conversion.

La Journée des barricades (1648) marque le début de la Fronde qui provoque une importante crise économique et une nouvelle défiance du roi vis-à-vis de sa capitale[f 9].

Malgré une mortalité supérieure aux naissances, la population atteint les 400 000 habitants grâce à l'immigration provinciale. Paris est une ville misérable où règne une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie[100] qui fait établir 6 500 lanternes pour éclairer la ville la nuit et rendre les rues plus sûres.

Louis XIV choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Durant son règne, le Roi Soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi envers la cité une hostilité que n'apprécient guère les Parisiens[f 10].

Au XVIIIe siècle, Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le XVIIIe siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui permet une importante croissance démographique, la ville atteint 640 000 habitants[101] à la veille de la Révolution française.

En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV retourne au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien[f 11].

La ville s'étend alors à peu près sur les six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville en 1749 lorsqu'il décide l'aménagement de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), la création de l'école militaire en 1752[102], et surtout la construction d'une église dédiée à Sainte-Geneviève en 1754, plus connue sous le nom actuel de Panthéon[103].

La Révolution française et l'Empire

Aquarelle de Jean-Pierre Houël représentant la Prise de la Bastille le .

La Révolution française débute à Versailles par la convocation des États généraux puis le Serment du Jeu de paume. Mais les Parisiens, atteints par la crise économique (prix du pain), sensibilisés aux problèmes politiques par la philosophie des Lumières et mus par une rancœur à l'égard du pouvoir royal ayant abandonné la ville depuis plus d'un siècle, lui donnent une nouvelle orientation[f 12]. La prise de la Bastille le , liée au soulèvement des ébénistes du faubourg Saint-Antoine, en est une première étape. Le , l'astronome Jean Sylvain Bailly reçoit à l'hôtel de ville la charge de premier maire de Paris. Le , l’émeute, déclenchée par les femmes sur les marchés parisiens, atteint Versailles le soir. Le 6 au matin, le château est envahi et le roi doit accepter de venir résider à Paris au palais des Tuileries et d’y convoquer l’Assemblée constituante qui s’installe le dans le Manège des Tuileries[c 17].

Le « département de Paris » comprend alors trois districts : Paris, le Franciade et Bourg-de-l'Égalité.

Le se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, lieu qui sera le le théâtre d'une dramatique fusillade. Occupés à partir de après la mise en vente des biens nationaux, le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, hauts lieux du Paris révolutionnaire, marquent la toute-puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution[c 18].

Dans la nuit du , une commune révolutionnaire prend possession de l'hôtel de ville. La journée du 10 août voit la foule assiéger le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de la Commune de Paris, très radicaux, s'opposent à la Convention nationale au groupe des Girondins (représentant l'opinion plus modérée de la bourgeoisie des provinces) qui sera écarté en 1793[c 19].

La prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, Musée du château de Versailles.

Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement. La Terreur règne sous la coupe du Comité de salut public. Le Tribunal révolutionnaire, avec l'aide de la mairie, s'emploie à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles suspects, de prêtres réfractaires et d'opposants jugés contre-révolutionnaires. La création de la charge de Préfet de police par Napoléon, ôtera à la municipalité tout pouvoir de police judiciaire, de sorte que le maire de Paris est, aujourd'hui encore, le seul de France à en être privé[104],[105]. Le , Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de la Révolution ». Il est suivi sur l'échafaud par 1 119 personnes, dont Marie-Antoinette, Danton, Lavoisier et finalement Robespierre et ses partisans après le 9 Thermidor an II ()[c 20].

La Révolution n'est pas une période favorable au développement de la ville (peu de monuments sont édifiés) qui n'a plus que 548 000 habitants en 1800. De nombreux couvents et églises sont rasés et font place à des lotissements édifiés sans plan d'ensemble, ce qui aboutit à une réduction des espaces verts de la ville et à une densification du centre. Sous le Directoire, des immeubles de rapport, de style néo-classique, sont élevés.

En 1806, Paris a compensé les pertes subies durant la Révolution et compte 650 000 habitants[101] ; cette progression est surtout le fait de l'immigration provinciale, la natalité restant faible. Depuis le milieu du XVIIIe siècle, la ville est distancée par Londres en pleine expansion économique et démographique qui atteint 1 096 784 habitants[c 21]. Le , Napoléon Bonaparte, qui a pris le pouvoir en 1799, est sacré empereur par le pape Pie VII à la cathédrale Notre-Dame. Il décide d'établir à Paris la capitale de son Empire et ambitionne d'en faire la « nouvelle Rome »[106]. Il ordonne dans ce but la construction des arcs de triomphe de l’Étoile et du Carrousel ainsi que celle du palais impérial de la Bourse (achevé sous la Restauration) et de la colonne Vendôme[107]. Il soumet également à Jean-Antoine Alavoine le projet de l'éléphant de la Bastille, et aux architectes Percier et Fontaine l'édification du palais du Roi de Rome, dont seuls les jardins du Trocadéro et le pont d'Iéna seront en définitive terminés[106]. L'Empereur multiplie par ailleurs les points d'eau, alimentés par un réseau de 50 km de canaux qui acheminent l'eau de l'Ourcq[106].

En 1814, la bataille de Paris entraîne la capitulation de la capitale puis conduit à la première abdication de Napoléon et à la Restauration. Les cosaques de l'armée russe occupent certains points de la ville, ce qui donnera lieu à une légende concernant l'origine du mot bistro, comme le proclame le Syndicat d'Initiative du Vieux Montmartre, au restaurant À la Mère Catherine, place du Tertre. Les armées alliées quittent la ville après le 3 juin 1814, date du départ du tsar Alexandre Ier.

De la Restauration à la Commune de Paris

À la fin des Cent-Jours, la chute de l'Empire en amène à Paris les armées anglaises et prussiennes, qui vont jusqu'à camper sur les Champs-Élysées. Louis XVIII, de retour de son exil à Gand, s'installe à nouveau aux Tuileries.

Louis XVIII et Charles X, puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien. Le prolétariat ouvrier, en forte expansion, s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui, avec plus de 100 000 habitants au kilomètre carré, constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. La masse paupérisée du petit peuple, délaissée et excédée, est mûre pour des révoltes répétées que le pouvoir ne sent pas germer ou est sûr de vaincre : les barricades font tomber Charles X lors des Trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.

Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers généraux. Entre 1840 et 1844, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers, est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au cœur de la ville, la rue Rambuteau est percée[c 22].

Avec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. De structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme et le logement : le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui d'Haussmann. Des milliers de logements disparaissent, sur fond d'une spéculation immobilière qui sera la cause d'un krach financier international.

Camille Pissarro, Boulevard Montmartre, 1897, Musée de l'Ermitage.

Le , une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines[108]. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 288 à 7 802 hectares[h]. Après ces annexions, les limites administratives de la ville ne seront que peu modifiées et la croissance urbaine, qui continue toujours de la fin du XIXe siècle au XXe siècle, ne s'accompagnera donc plus d'une expansion des frontières communales, ce qui est à l'origine de la « banlieue »[c 23].

Lors de la Guerre franco-prussienne de 1870, Paris est assiégée pendant plusieurs mois mais n'est pas prise par les armées prussiennes. À cette occasion, est inventée la poste aérienne, grâce aux ballons montés. Refusant l'armistice signé le et à la suite des élections de février qui portent au pouvoir des royalistes désireux de mettre fin à la guerre, les Parisiens s'insurgent le . C'est le début de la Commune de Paris. L'Assemblée monarchiste installée provisoirement à Versailles, la réprime entre les et lors de la Semaine sanglante qui reste à ce jour la dernière guerre civile qu'ait connue Paris[c 24],[f 13]. Après la guerre de 1870, pour se relever, la ville de Paris lève un grand emprunt public de 1,2 million de francs qui a un grand succès ; il est souscrit plus de quinze fois[109].

De la Belle Époque à la Seconde Guerre mondiale

Pendant la Belle Époque, l'expansion économique de Paris est importante ; en 1913 la ville possède cent mille entreprises qui emploient un million d'ouvriers[110]. Entre 1900 et 1913, 175 cinémas sont créés à Paris, de nombreux grands magasins voient le jour et contribuent au rayonnement de la ville lumière. Lieu de toutes les spéculations, Paris devient aussi la deuxième place financière internationale presque à égalité avec Londres.

Deux expositions universelles laissent une large empreinte dans la ville. La tour Eiffel est construite pour l'Exposition de 1889 (centenaire de la Révolution française) qui accueille vingt-huit millions de visiteurs. La première ligne du métropolitain, le Grand Palais, le Petit Palais et le pont Alexandre-III sont inaugurés à l'occasion de celle de 1900 qui reçoit cinquante-trois millions de visiteurs[110]. L'industrie se déplace progressivement en proche banlieue où se trouve l'espace nécessaire : Renault à Boulogne-Billancourt ou Citroën à Suresnes. Cette migration est à l'origine de la « banlieue rouge ». Néanmoins certaines activités restent fortement implantées dans la ville intra-muros, en particulier la presse et l'imprimerie[f 14].

De la Belle Époque aux Années folles, Paris connaît l'apogée de son influence culturelle (notamment autour des quartiers de Montparnasse et de Montmartre) et accueille de très nombreux artistes tels Picasso, Matisse, Braque ou Fernand Léger.

En 1910, une crue centennale de la Seine provoque l'une des plus graves inondations que la ville ait connue et cause trois milliards de francs de dégâts[c 25]. Lors de la Première Guerre mondiale, Paris, épargnée par les combats, subit des bombardements[111] et des tirs de canon allemands. Ces bombardements restent sporadiques et ne constituent que des opérations à caractère psychologique[c 26]. En 1917, la création d'une réplique de Paris est envisagée pour leurrer les aviateurs allemands venus bombarder la capitale.

L'entre-deux-guerres se déroule sur fond de crise sociale et économique. Les pouvoirs publics, pour répondre à la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crée les habitations à bon marché (ou HBM) érigées à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. Les autres immeubles parisiens sont, pour l'essentiel, délabrés et constituent des foyers de tuberculose ; la densité urbaine culmine en 1921, Paris intra-muros comptant 2 906 000 habitants[s 8]. Parallèlement, des lotissements se développent partout autour de la cité, en « banlieue » où l'expansion se fait de façon anarchique, souvent en pleins champs sans réels aménagements ou équipements publics[c 27].

Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques[f 15]. Le , la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire dégénère en émeute et fait dix-sept tués et mille cinq cents blessés, puis le , un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq cent mille manifestants[c 28].

Défilé de chars à Paris en 1941. Les chars sont des Somua S-35 et Hotchkiss H35 français capturés par les Allemands.
Article détaillé : Paris sous l'Occupation allemande.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, déclarée ville ouverte dès la débâcle, est occupée par la Wehrmacht le . Elle est relativement épargnée[i]. Le gouvernement du maréchal Pétain installé à Vichy, Paris cesse d'être la capitale et devient le siège du commandement militaire allemand en France (Militärbefehlshaber in Frankreich)[c 29]. Le , l'ingénieur Jacques Bonsergent est le premier résistant fusillé à Paris. Les 16 et 17 juillet 1942, il est procédé à la rafle du Vel' d'Hiv', arrestation de 12 884 Juifs, la plus massive en France, pour l'essentiel des femmes et des enfants[c 30].

À l'approche des troupes alliées, la Résistance intérieure déclenche un soulèvement armé le . La Libération de Paris se fait le avec l'entrée dans Paris de la 2e division blindée du général Leclerc et de la 4e division d'infanterie américaine du major-général Raymond O. Barton[112]. La veille, Leclerc avait donné l'ordre au capitaine Raymond Dronne de percer les lignes ennemies avec sa neuvième compagnie, La Nueve, (Régiment de marche du Tchad), qui arrive à l'hôtel de ville à 21 h 22 dans la soirée du 24[113]. Le général von Choltitz capitule sans exécuter les ordres d'Hitler demandant la destruction des principaux monuments de la ville[114],[115]. La ville est relativement épargnée par les combats[c 31]. Paris est l'une des rares communes de France à se voir décerner le titre de compagnon de la Libération[116].

Le Paris contemporain

Vue du nord-ouest de Paris, depuis le troisième étage de la tour Eiffel.

En 1956, Paris se lie à Rome par un jumelage privilégié, symbole fort dans une dynamique géographiquement plus large[117] de réconciliation et de coopération après la Seconde Guerre mondiale[s 9],[s 10].

Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs événements politiques se déroulent dans la capitale. Le , une manifestation en faveur de l'indépendance de l'Algérie est violemment réprimée. Selon les estimations, entre 32 et 325 personnes sont massacrées par la police, alors dirigée par Maurice Papon[118]. À partir du , un important mouvement étudiant démarre à l'université de Nanterre. Il entraîne dans le quartier latin des manifestations qui dégénèrent en émeutes. La contestation, prenant corps dans un contexte de solidarité internationale et d'émulation (noirs et féministes américains, « provos » néerlandais, Printemps de Prague, attentat contre l'Allemand Rudi Dutschke, etc.) entre brimés idéalistes et jeunes, bercés par Bob Dylan et son tube The Times They Are a-Changin', voulant « changer le monde », se développe très vite en crise politique et sociale nationale. Le , d'immenses défilés rassemblent 800 000 personnes venues protester contre les violences policières. Le 30 mai, une manifestation de soutien au gouvernement et au Général de Gaulle réunit un million de personnes, de la place de l'Étoile à celle de la Concorde. Après deux mois de désordre et de troubles, les Parisiens votent massivement en faveur du général de Gaulle lors des élections législatives des 22 et 29 juin et le calme revient[c 32].

Le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou s'intéresse de près à la capitale. Il laisse son nom au bâtiment qui abrite le musée national d'Art moderne et la bibliothèque publique d'information et à la voie express rive droite. Valéry Giscard d'Estaing, président à son tour, ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prévu pour les Halles et interrompt partiellement celui de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalité autonome à la capitale. Le gaulliste Jacques Chirac est alors élu maire. Il sera réélu en 1983 et 1989. Sous le premier mandat du président François Mitterrand, une réforme est adoptée par la loi de décentralisation du  : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un conseil municipal propre et non plus désigné par le maire de Paris[c 33].

En 1991, les quais de la Seine, du pont de Sully (en amont) au pont d'Iéna (en aval), sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de remarquable ensemble fluvio-urbain avec ses monuments dont plusieurs constituent des chefs-d'œuvre architecturaux au rayonnement mondial[119].

Élu président de la République en , Jacques Chirac est remplacé par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marqué notamment par la mise au jour de plusieurs affaires politico-financières et par la division de la majorité municipale. En 2001, Paris élit un maire de gauche, le socialiste Bertrand Delanoë. Il se démarque de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la ville au profit notamment des piétons et des transports en commun. Il développe l'animation de la vie parisienne par de grandes manifestations culturelles comme Nuit Blanche ou simplement ludiques comme Paris Plages. Le , Bertrand Delanoë est réélu maire de Paris face à Françoise de Panafieu (UMP)[120]. À l'occasion des élections municipales de 2014, Anne Hidalgo, première adjointe de Bernard Delanoë, devient la première femme maire de Paris[121].

Depuis 2015, la France subit une vague d'attentats terroristes islamistes sans précédent. La ville de Paris est également touchée en janvier 2015 avec la tuerie contre Charlie Hebdo et la prise d'otage de l'Hyper Casher qui fait 17 victimes. À la suite de ces tragiques événements, une manifestation républicaine historique se déroule le réunissant plus de trois millions de personnes et près de 50 chefs d'État, pour défendre la liberté d'expression et rendre hommage aux victimes du terrorisme. Dix mois plus tard, le , des attaques sans précédent ont frappé la capitale et sa banlieue sous forme d'actions kamikazes aux abords du Stade de France, de tueries de masse dans des terrasses de café dans le 10e et le 11e arrondissement ainsi qu'à la salle de spectacle du Bataclan, attaques organisées par un commando d'une dizaine d'hommes se revendiquant de l'État islamique qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés[122].

Politique et administration

Organisation administrative

De la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le , et jusqu'en 2018, Paris était à la fois un département (le département de Paris) et une commune (la commune de Paris). Le , les deux entités ont fusionné en une collectivité à statut particulier, la Ville de Paris, exerçant à la fois les compétences du département et de la commune[123]. Auparavant et depuis 1790, Paris était le chef-lieu du département de la Seine.

La commune est divisée en vingt arrondissements municipaux créés lors de son extension territoriale de 1860, en remplacement des douze arrondissements qui existaient auparavant depuis le , et en dix-huit circonscriptions électorales.

Le Département de Paris n'avait pas d'autre subdivision que la seule commune qui le composait. Les entités municipale et départementale avaient une seule assemblée délibérante, un règlement intérieur unique et des ordres du jour fusionnés pour le Conseil de Paris. Effective depuis 1987 au plan administratif, la fusion des services de la commune et du département imbrique profondément les deux institutions. Le Département et la Ville de Paris sont formellement fusionnés au 1er janvier 2019, ce qui évite notamment la signature de conventions entre les deux entités, et les quatre premiers arrondissements seront regroupés en 2020[123].

Statut

Le statut de la ville a changé plusieurs fois. Du 26 mars au , Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel, la Commune de Paris, avec une assemblée démocratiquement élue. La Troisième République fut dirigée au début par des conservateurs effrayés par cet épisode. Ceux-ci édictèrent la loi du qui donnait le pouvoir exécutif au préfet de la Seine et les pouvoirs de police au préfet de police. Le conseil de Paris, élu lors des élections municipales, désignait chaque année un président dont la fonction était principalement représentative. Paris n'avait alors pas de maire. Le budget de la ville devait être approuvé par l'État.

La réorganisation de la région parisienne qui entre en vigueur le fait de Paris à la fois une commune et un département : le conseil municipal de Paris et le conseil général de la Seine sont remplacés par le conseil de Paris, qui exerce à la fois les compétences d'un conseil municipal et celles d'un conseil général[124]. Celui-ci est mis en place au . Mais il faut attendre la loi du (entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977) pour que Paris retrouve un statut similaire à celui des autres collectivités avec la restauration du poste de maire de Paris, élu par le conseil de Paris et détenteur du pouvoir exécutif. Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parité entre les électeurs, le maire de Paris et le Conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conserve les pouvoirs de police. Enfin, la loi PML du , entrée en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983 et portant à 163 le nombre de conseillers de Paris, étend les pouvoirs du conseil de Paris (principalement en matière budgétaire) et crée les conseils d'arrondissements.

Depuis le décret 2002-810 du , les pouvoirs de police administrative sont partagés entre le maire de Paris et le préfet de police qui se prêtent réciproquement leurs moyens d'action à cet effet. Ce dernier peut siéger au conseil de Paris et doit lui soumettre chaque année son budget et son compte[s 11] (bien que ce budget reste décidé par l'État). Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police. Le projet de loi débattu en 2016 doit donner l'essentiel des pouvoirs de gestion de la voirie à la mairie dès 2017 hormis les voies d’accès aux bâtiments des institutions nationales tels que l’Élysée, Matignon ou certaines ambassades. Les 1 800 agents de surveillance de Paris seront affectés à une « brigade de lutte contre les incivilités »[125].

L'action du conseil de Paris s'exerce également par l'intermédiaire de sociétés dont il possède une part du capital, les sociétés d'économie mixte de Paris.

Fusion des collectivités et regroupement de quatre arrondissements

En 2015, la Chambre régionale des comptes, appuyée par la maire de Paris, recommande de fusionner le département de Paris et la commune de Paris en une collectivité unique[126]. La maire de Paris propose en un vœu au conseil municipal reprenant cette proposition, mais aussi la fusion des quatre premiers arrondissements à l'horizon 2020. La population de ce nouvel arrondissement serait alors d'un peu plus de 100 000 habitants[127]. Un projet de loi présenté en août 2016 reprend ces propositions avec la mise en place au d'une collectivité à statut particulier réunissant commune et département et nommée « Ville de Paris »[125].

Ce projet de loi est définitivement adopté et la loi est promulguée en février 2017[128],[129]. La réforme ne supprime pas les quatre premiers arrondissements[130] mais les regroupe en un secteur administratif et électoral unique. Ce secteur est pourvu d'un conseil et d'un maire communs aux quatre arrondissements, comme à Marseille où les seize arrondissements sont regroupés en huit secteurs. Le nombre des conseillers de Paris est inchangé.

Le regroupement de la Ville et du département de Paris devient effectif le 1er janvier 2019[123].

Intercommunalité

Articles détaillés : Paris Métropole et Métropole du Grand Paris.
La métropole du Grand Paris (MGP) est la seule intercommunalité d'Île-de-France. Elle regroupe Paris, les communes de la petite couronne et sept communes de la grande couronne.

Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'a longtemps pas existé d'intercommunalité à fiscalité propre entre Paris et sa banlieue. Paris n'était que membre de certains syndicats intercommunaux comme le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne (SIAAP) ou le Syndicat des transports d'Île-de-France (STIF), après avoir longtemps externalisé ses équipements, tels les cimetières ou usines d'incinération, hors de Paris. Le territoire parisien ne couvre que le centre de la métropole, contrairement aux autres grandes métropoles internationales. Ce manque structurel est considéré comme un des problèmes majeurs de l'agglomération parisienne[s 12], alors l'organisation des besoins collectifs (transports, logement, etc.) qui dépassent de loin le cadre communal. La région Île-de-France ne peut organiser la métropole alors que 80 % de l'espace régional reste rural.

La fiscalité locale est de même très concentrée dans certaines communes riches en entreprises et/ou populations aisées. C'est le cas exemplaire de Neuilly-sur-Seine qui bénéficie des rentrées fiscales d'une population parmi les plus aisées de France et de nombreuses entreprises de La Défense, tout en ne comptant que 2,8 % de logements sociaux[131], alors que les charges qu'entraîne l’afflux sur un territoire de populations de conditions modestes sont supportées par des communes qui n’ont pas toujours la possibilité de trouver dans leurs limites administratives les ressources nécessaires pour les compenser. A contrario, Clichy-sous-Bois est ainsi une des villes les plus pauvres du pays qui cumule une population jeune et défavorisée avec des ressources fiscales propres très limitées, vivant essentiellement de dotations de l'État ne permettant pas d'assurer des services comparables à ceux des communes aisées[132].

Ces difficultés, manifestes après les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, sont à l'origine de la Conférence métropolitaine de l’agglomération parisienne qui s'est réunie à l'initiative de la ville de Paris pour la première fois en mairie de Vanves le [s 13], après que l'adjoint Pierre Mansat a renoué le dialogue de Paris avec les communes riveraines. Le président de la République Nicolas Sarkozy se saisit de cet enjeu dans son discours du [133], critiquant le projet de schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF), se disant repenser « l'organisation des pouvoirs » et créer une communauté urbaine, imposant de fait la vision d'une reprise en main par l'État[134],[135]. Le projet heurte de nombreux élus locaux de l'agglomération[136]. Christian Blanc[137] puis Maurice Leroy[138] sont chargés de la Région Capitale au gouvernement. La Société du Grand Paris reçoit pour mission de construire le projet de métro automatique Grand Paris Express[139]. Mais c'est le gouvernement Ayrault qui donne après 2012 une traduction institutionnelle au périmètre identifié par le projet de transports en créant la Métropole du Grand Paris, définie par la loi du 27 janvier 2014 dans le cadre de l'Acte III de la décentralisation. Au , elle regroupe Paris, les communes de la petite couronne et sept communes de la grande couronne.

Liste des maires

Article détaillé : Liste des maires de Paris.
Liste des maires successifs depuis 1977
Période Identité Étiquette Qualité
20 mars 1977 16 mai 1995 Jacques Chirac RPR Haut fonctionnaire
Membre (1968-1982) et président (1970-1979) du conseil général de la Corrèze
Député de la Corrèze (1967, 1968, 1973, 1976-1986, 1988-1995)
Secrétaire d'État (1967-1971), ministre (1971-1974), Premier ministre (1974-1976 et 1986-1988)
22 mai 1995 25 mars 2001 Jean Tiberi RPR Magistrat
Premier adjoint au maire de Paris (1983-1995), maire du 5e arrondissement (1983-1995 et 2001-2014)
Député de Paris (1968-2012)
Secrétaire d'État (1976)
25 mars 2001 5 avril 2014 Bertrand Delanoë PS Conseiller en communication
Conseiller de Paris (1977-2014)
Député (1981-1986), puis sénateur (1995-2001) de Paris
5 avril 2014 En cours Anne Hidalgo PS Inspectrice du travail
Première adjointe au maire de Paris (2001-2014)
Conseillère régionale d'Île-de-France (2004-2014)

La particularité du mode de scrutin par arrondissement fait que lors de sa première élection en 2001, Bertrand Delanoë était minoritaire en nombre de voix mais avait été élu grâce à un nombre supérieur de conseillers de Paris.

Budget et fiscalité

Le budget primitif 2011 (ville et département) s’élevait à 8,582 milliards d’euros dont 6,906 milliards d’euros consacrés au fonctionnement et environ 1,676 à l’investissement[s 14]. L'encours de dette s’élevait à 2,696 milliards d’euros. Les emprunts garantis par le département de Paris en 2008 s'élevaient à 26,6 milliards d'euros[s 15].

Après une stabilité entre 2000 et 2008[140], les taux d’imposition ont été augmentés en 2009 et sont portés à 9,59 % pour la taxe d'habitation, 7,75 % pour la taxe sur le foncier bâti, 14,72 % pour la taxe sur le foncier non bâti et 13,46 % pour la taxe professionnelle[s 16],[141]. La fiscalité représente 55 % des recettes de la ville[s 16]. Paris est l'une des quinze grandes villes françaises (de plus de 1 000 000 habitants) n'ayant pas augmenté ses taux d'impôt foncier en cinq ans[142]. Cette stabilité ne concerne que les taux d'imposition. La bulle immobilière qui s'est développée pendant toute la première mandature de M. Delanoë a permis une hausse extrêmement importante des rentrées fiscales assises sur l'immobilier. Le nombre des transactions en même temps que leur valeur a considérablement augmenté. Cette bulle fiscale a permis d'accroître les effectifs de la Mairie de Paris de 40 à 49 000 agents (73 000 agents, en 2013, pour la mairie et le département de Paris selon l’Ifrap[143]). L'explosion de cette bulle immobilière temporaire laisse la mairie avec un excédent de dépenses permanentes à financer autrement. C'est pourquoi Bertrand Delanoë a annoncé en 2008 la création d'une nouvelle taxe départementale de 3 % sur le foncier (payée uniquement par les propriétaires) et une hausse des taux de l'impôt foncier[144]. Pour la période 2007-2012, l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) calcule que Paris est la ville qui a connu la progression nationale la plus forte de sa taxe foncière (+ 67,90 % contre 21,17 % en moyenne), en raison notamment de la création de ce taux départemental[145],[146],[147].

Après six années sans aucune hausse des taux des impôts locaux (2001 à 2008 inclus) votés par les élus parisiens, puis deux années de hausse (2009 et 2010), la municipalité s'est engagée à ne plus augmenter le taux des 4 impôts locaux. Selon le magazine Capital de juin 2010, Paris reste la grande ville avec les plus faibles montants d'impôts locaux.

Le taux d'endettement de la Mairie de Paris (ville et département) est à 39 % de ses ressources, bien moins que la moyenne nationale des grandes villes (89 %). La ville bénéficie, pour 2010 et 2011, de la note maximale des agences de notation financière, le « AAA », qui permet d'emprunter aux meilleurs taux pour investir et construire. À la suite de la forte augmentation de la dette, un « quasi-quadruplement de la dette de Paris entre 2001 et 2014 », les agences de notation rétrogradent Paris en 2012 et 2013 à la note de AA+[143].

Dans un livre intitulé Comptes et légendes de Paris, Bilan de la gestion Delanoë (2011), le journaliste Dominique Foing analyse, sur la base des rapports de l'Inspection générale de la ville de Paris et de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France, la gestion des années 2001-2011 de la ville de Paris : les dépenses municipales auraient augmenté de 44,45 % (« le produit fiscal, fiscalité immobilière incluse, collecté sur les contribuables parisiens est passé de 1,7 milliard d'euros au budget 2001 à 2,5 milliards d'euros au budget 2008, soit 47 % d'augmentation »), signifiant pour ceux-ci une hausse des recettes des impôts de 70 % entre 2001 et 2011 ; concomitamment, les dépenses de fonctionnement se seraient accrues de 2 milliards d'euros, la dette, relativement faible en 2011, augmentant d'un milliard d'euros[148],[149].

Depuis 2011, les taux d’imposition ont été portés à 13,38 % pour la taxe d'habitation, à 8,37 % pour la taxe foncière sur les propriétés bâties, à 16,67 % pour la taxe foncière sur les propriétés non bâties et 16,52 % pour la cotisation foncière des entreprises (CFE)[150].

Instances judiciaires et administratives

Le tribunal de grande instance de Paris est situé dans le Palais de Justice, sur l'île de la Cité. C'est la juridiction qui traite le plus grand nombre d'affaires en France[151]. Dans chaque arrondissement se trouve un tribunal d'instance. Dessiné par Renzo Piano, la Cité judiciaire de Paris doit être achevée en 2017 porte de Clichy et réunir l’ensemble des services du TGI dispersés entre l’Île de la Cité et quatre autres sites, le tribunal de police et les tribunaux d’instance[152].

La Cité judiciaire en construction aux Batignolles.

Le tribunal de commerce de Paris se situe quant à lui quai de Corse, également sur l'île de la Cité. Le tribunal de police de Paris est installé rue de Cambrai, dans le 19e arrondissement, et le conseil de prud’hommes de Paris rue Louis-Blanc, dans le 10e arrondissement.

Outre les tribunaux de la ville, les tribunaux de plusieurs départements relèvent de la Cour d'appel de Paris : la Seine-et-Marne, l'Essonne, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Yonne. Le ressort de cette cour concerne 12,6 % de la population française soit 7 605 603 personnes en 2004[153]. Les autres départements d'Île-de-France ainsi que l’Eure-et-Loir dépendent, eux, de la cour d'appel de Versailles[154].

Dans l'ordre administratif, Paris est du ressort du tribunal administratif de Paris. Les appels sont portés devant la Cour administrative d'appel de Paris, laquelle connaît aussi les appels des tribunaux administratifs de Mata-Utu, Melun, de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française. À Paris siègent également les juridictions nationales suprêmes : Conseil constitutionnel, Cour de cassation et Conseil d'État.

La région Île-de-France totalise à elle seule plus du quart des crimes et délits commis en France métropolitaine. Au sein de la région, la grande couronne, la petite couronne et Paris intra-muros comptabilisent chacune environ un tiers du total des faits constatés. La typologie de la criminalité parisienne reste largement dominée par les vols qui représentent les deux tiers des crimes et délits. En 2006, 255 238 faits ont été comptabilisés soit un taux de criminalité de 118,58 actes pour 1 000 habitants (crimes et délits), ce qui représente près du double de la moyenne nationale (61,03 ) mais se situe dans la moyenne des grandes villes de France (Lyon : 109,22, Lille : 118,93, Nice : 119,52, Marseille : 120,62). La part des femmes mises en cause est inférieure à 15 % (légèrement sous la moyenne nationale) et la part des mineurs est de 11,02 % soit sept points de moins que la moyenne française de 18,33 %. À l'inverse, la part des étrangers (résidents en France titulaires d'une carte de séjour) est supérieure à la moyenne française de 20,73 %[155],[156].

Le centralisme parisien explique également que la ville soit parfois victime d'attentats. Aussi bien sous Napoléon Ier ou, plus proche de nous, lors de l'attentat du RER B à Saint-Michel en ou ceux du 13 novembre 2015, l'histoire parisienne est ponctuée de ces événements à haute valeur symbolique, ce qui n'est pas sans conséquence sur la vie quotidienne dans la ville, particulièrement avec la mise en place du plan vigipirate[157] qui voit une présence renforcée de policiers, gendarmes et militaires près des lieux touristiques et stratégiques de la capitale[158].

À Paris, certaines prisons sont restées célèbres : le Grand Châtelet (sur la rive droite) abritait la prison du roi, et son annexe, le Petit Châtelet (au débouché du Petit-Pont sur la rive gauche), lieu d'incarcération à partir du XIVe siècle, fut démoli en 1782. Trois prisons sont devenues des symboles historiques : la Conciergerie, la Bastille et le donjon de Vincennes. Le Palais de justice possédait sa propre prison, la Conciergerie, qui après avoir accueilli parmi d'autres les Girondins et Marie-Antoinette pendant la Révolution française, continua à servir de prison temporaire jusqu'en 1914. La Bastille, édifiée à partir de 1370 et devenue exclusivement prison d'État sous Richelieu, constituait contrairement à l'idée générale une prison de « luxe » pour un nombre de prisonniers n'excédant jamais la quarantaine. Le donjon de Vincennes, également prison d'État jusqu'en 1784, mais plus résidence surveillée que véritable lieu d'incarcération, continua à servir occasionnellement de prison jusque sous le Second Empire.

Il subsiste une seule prison à Paris, la prison de la Santé, ouverte en 1867. Les principales prisons franciliennes se situent maintenant à Fresnes et Fleury-Mérogis, auxquelles il faut ajouter la maison centrale de Poissy[f 16].

L'hygiène est gérée par le service municipal d'actions de salubrité et d'hygiène de la ville de Paris.

Jumelages

Article détaillé : Jumelage et partenariats.

Paris est jumelée avec une seule ville, Rome, depuis 1956, avec le slogan « Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris » (en italien « Solo Parigi è degna di Roma; solo Roma è degna di Parigi »)[159],[160].

La ville a également conclu des pactes d'amitié et de coopération avec de nombreuses villes dans le monde, dont Tokyo en 1982, Berlin en 1987, Madrid en 2000 et Dakar en 2011[161].

Population et société

Démographie

Croissance de la population parisienne depuis le recensement en 1801.

Ville française la plus peuplée, Paris est troisième parmi les aires urbaines européennes[162] derrière Moscou et Istanbul et la 29e plus peuplée du monde[163]. La commune de Paris compte au plus de 2,2 millions d'habitants[b 5] et son aire urbaine (l'agglomération et la couronne périurbaine) comptait 12,4 millions d'habitants[b 6].

Évolution du nombre d'habitants

En 2016, Paris comptait 2 190 327 habitants. Depuis 2004, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu au moyen d'enquêtes annuelles par sondage.

Évolution de la population de Paris depuis l'Antiquité [modifier]
250 1180 1220 1328 1422 1500 1565 1590 1600
6 000[166]25 000[167]50 000[167]200 000[168]100 000[169]150 000[170]294 000[170]200 000[171]300 000[170]
1637 1680 1766 1793 1795 1796 1801 1807 1811
415 000[172]500 000[173]576 639[174]640 504[175],[176]636 722[177]551 347[178]547 756[179]580 609[180],[176]622 636[181]
1817 1831 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866
713 966[182]785 862[183]909 126[184],[185]935 261[179],[186]1 053 897[187],[186]1 053 262[186],[179]1 174 346[186]1 696 1411 825 274
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
1 851 7921 988 8062 269 0232 344 5502 447 957[188]2 536 8342 714 0682 763 3932 888 110
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
2 906 472[189]2 871 4292 891 020[190]2 829 7462 725 3742 850 1892 790 0912 590 7712 299 830
1982 1990 1999 2006 2011 2016 - - -
2 176 2432 152 4232 125 246[191]2 181 3712 249 975[192]2 190 327[193]---
Population totale (avant 1962), sans doubles comptes (1962 à 1990) puis municipale (1999 et après).
Depuis 1793 : population sur le territoire communal de l'époque (sensiblement étendu en 1860).
(Sources : Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui[164], Insee[165] et voir notes par année.)
Évolution démographique de Paris depuis 1793 (sur un territoire qui s'est étendu en 1860)
Sources : voir dans le tableau ci-dessus.[194]
Recensement 2011 Île-de-France[195],[196]
Pays/territoire de naissance Population
Drapeau de la France France métropolitaine 9 112 301
Drapeau de l'Algérie Algérie 285 703
Drapeau du Portugal Portugal 240 445
Drapeau du Maroc Maroc 224 787
Drapeau de la Tunisie Tunisie 107 549
Unofficial flag of Guadeloupe (local).svg Guadeloupe 80 265
Drapeau aux serpents de la Martinique.svg Martinique 74 565
Drapeau de la Turquie Turquie 68 703
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 59 734
Drapeau de l'Italie Italie 55 443
Drapeau du Mali Mali 54 525
Drapeau de l'Espagne Espagne 46 486
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 45 870
Drapeau du Sénégal Sénégal 44 356
Drapeau de la république démocratique du Congo RD Congo 41 497
Drapeau de la Pologne Pologne 39 307
Drapeau du Cameroun Cameroun 36 538
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 36 008
Drapeau de la Roumanie Roumanie 35 495
Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka 34 702
Drapeau de la république du Congo République du Congo 32 718
Drapeau du Cambodge Cambodge 32 270
Drapeau d'Haïti Haïti 32