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Pandémie de Covid-19

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Pandémie de Covid-19
COVID-19 Outbreak World Map.svg
Expansion du virus SARS-CoV-2 dans le monde au [1].
  • 1 à 99 cas confirmés
  • 100 à 999 cas confirmés
  • 1 000 à 9 999 cas confirmés
  • 10 000 à 99 999 cas confirmés
  • 100 000 à 999 999 cas confirmés
  • Supérieur à 1 000 000 cas confirmés
Pandemic photomontage COVID-19.png
De haut en bas et de gauche à droite :
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Monde Monde entier (voir liste des pays touchés et le tableau complet)
Foyers principaux (plus de 200 000 cas confirmés) :

Drapeau des États-Unis États-Unis (article)
Drapeau du Brésil Brésil (article)
Drapeau de la Russie Russie (article)
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (article)
Drapeau de l'Espagne Espagne (article)
Drapeau de l'Italie Italie (article)
Premier cas
Date d'arrivée

(6 mois et 13 jours)
Site web
Bilan
Cas confirmés
6 102 522 (30 mai 2020)[2]
Cas soignés
2 708 441 (30 mai 2020)[2]
Morts
369 127 (30 mai 2020)[2]

La pandémie de Covid-19 Écouter, est une pandémie d'une maladie infectieuse émergente, appelée la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2. Elle apparaît le dans la province de Hubei (en Chine centrale), et plus précisément dans la ville de Wuhan, puis se propage dans le monde entier.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte dans un premier temps la République populaire de Chine et ses autres États membres, puis prononce l'état d'urgence de santé publique de portée internationale le .

Au total ce sont environ 200 pays et territoires qui sont touchés par cette crise sanitaire mondiale, avec des foyers de plus de 50 000 cas confirmés dans les pays suivants : États-Unis, Brésil, Russie, Royaume-Uni, Espagne, Italie, France, Allemagne, Turquie, Iran, Inde, Pérou, Canada, Chine, Arabie saoudite, Chili, Mexique, Belgique, Pakistan et le Qatar.

Étymologie et genre

Conformément aux meilleures pratiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la dénomination des nouvelles maladies infectieuses humaines[3], élaborées en consultation et en collaboration avec l'Organisation mondiale de la santé animale et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, l'OMS a nommé la maladie Covid-19, apocope du syntagme en langue anglaise (COronaVIrus Disease 2019)[4].

Concernant le genre, l’Office québécois de la langue française ainsi que plusieurs experts en linguistique, recommandent officiellement d'employer le féminin (car disease se traduit par maladie). Début , les médias (dont Radio Canada) ont changé leur pratique initiale de même que le premier ministre canadien, Justin Trudeau. En effet si les sigles en français prennent le genre du premier mot qui les compose, par contre les sigles dans une autre langue prennent généralement le genre qu’aurait en français le mot de base qui les compose[5]. D’ailleurs, l’OMS utilise le genre féminin pour désigner la maladie dans ses communications[6].

Début [7], l'Académie française rappelle que les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation. On a commencé a parler du coronavirus, groupe qui doit son genre, en raison des principes exposés plus haut, au nom masculin virus. Ensuite, par métonymie, on a donné à la maladie le genre de l’agent pathogène qui la provoque. D'après l'Académie, il faudrait dire la Covid-19, puisque le noyau est un équivalent du nom français féminin maladie[8],[9].

Chronologie de la pandémie de Covid-19

Depuis l'apparition du SRAS puis du MERS, une nouvelle pandémie à coronavirus était attendue et annoncée par divers experts du domaine (ex : Hung en 2013)[10].

Selon des études phylogénétiques, la maladie est apparue entre octobre et [11], et plus précisément à la fin du mois de novembre[12],[13].

Le premier patient diagnostiqué (le patient zéro) est identifié le [14] dans la province du Hubei, en Chine centrale. Il est âgé de 70 ans environ, sort peu de chez lui et n'a pas fréquenté le marché de Wuhan ; il est atteint de la maladie d'Alzheimer[15],[16].

Le est repérée la première hospitalisation[17].

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte dans un premier temps la République populaire de Chine et ses autres États membres[18], puis prononce l'état d'urgence de santé publique de portée internationale le [18].

Le , un premier cas est découvert hors de Chine continentale. Deux navires de croisière (le MS Westerdam et le Diamond Princess) sont aussi touchés. Le nombre total de malades hors de la Chine dépasse les 1 500 à la mi-.

À partir de janvier 2020, le gouvernement chinois met en œuvre des procédures de confinement, et place plusieurs villes puis toute une région en quarantaine, fermant de nombreux sites publics et déployant des moyens sanitaires.

Le , le nombre de nouveaux cas déclarés quotidiennement hors de Chine est plus élevé que dans ce pays[19],[20],[21].

Le , l'épidémie de Covid-19 est déclarée pandémie[22],[23] par l'OMS, qui demande des mesures de protection essentielles pour prévenir la saturation des services de soins intensifs[24] et renforcer l'hygiène préventive (suppression des contacts physiques, bises et poignées de mains, fin des attroupements et des grandes manifestations ainsi que des déplacements et voyages non indispensables, promotion du lavage des mains, mise en application de quarantaineetc.). Cette pandémie mondiale provoque des annulations en série de manifestations sportives et culturelles sur toute la planète, la mise en place par de nombreux pays de mesures de confinement pour freiner la formation de nouveaux foyers de contagion, la fermeture des frontières de nombreux pays, et un krach boursier du fait des incertitudes et des craintes qu'elle fait peser sur l'économie mondiale. Elle a aussi des effets en termes d'instabilité sociale et économique et est le prétexte à la diffusion en ligne d'informations erronées ou relevant de la théorie du complot[réf. nécessaire].

Le , plus de 2 500 000 cas cumulés sont confirmés dans le monde, dont près de 680 000 personnes guéries et près de 180 000 morts[25],[a].

Le , plus de 4 000 000 cas cumulés sont confirmés dans le monde, dont plus de 1 500 000 personnes guéries et près de 280 000 morts[réf. nécessaire].

Le , plus de 5 000 000 cas cumulés sont confirmés dans le monde, dont plus de 2 000 000 personnes guéries et plus de 330 000 morts[27].

Données et caractéristiques épidémiologiques

Ouverture et partage des données

La situation épidémiologique évolue constamment, mais les données sur le virus et la Covid-19[28] ont rapidement été partagées par les chercheurs, dès le [29], et moins d'une semaine après identification du virus. La première prépublication apparaît deux semaines après la déclaration, le [30].

Diverses revues et éditeurs scientifiques (ex : The Lancet, qui a créé un hub dédié), Nature, Elsevier… ont mis à disposition des chercheurs et médecins, voire du grand public, leurs ressources (articles de revues ; manuels scientifiques et médicaux, les produits éducatifs…) ; Elsevier a créé à partir des données de Scopus une carte mondiale interactive d'experts ; et il autorise désormais l'exploration (en texte intégral) de ses données qui croissent exponentiellement depuis la fin 2019, dont via PubMed Central des NIH et la base de données OMS, gratuitement, et sans limitations de copyright. Elsevier et The Lancet ont signé la déclaration du Wellcome Trust, sur le partage, ouvert et rapide, des données et résultats de recherche sur la pandémie, afin d'aider à la riposte de santé publique et à sauver des vies[réf. nécessaire].

L'urgence sanitaire fait cependant que les découvertes et mises à jour médico-scientifiques sont publiées avec une relecture par les pairs plus rapide et moins méticuleuse que d'ordinaire, et parfois en prépublication avant revue par les pairs ; la qualité des données primaires et des sources secondaires doit dès lors être interprétée avec prudence[31]. En outre des lacunes de données sont dues au fait que les pays n'ont pas la même approche en termes de dépistage ou de transparence[32], pour des raisons financières, techniques et/ou de politique. S'y ajoute la qualité du système de veille sanitaire et de remontée de l'information. Le dépistage peut viser à être systématique (par exemple en Corée du Sud), être ciblé uniquement sur des porteurs du virus présentant des symptômes, ou ne viser que les cas les plus graves (par exemple en France)[réf. nécessaire].

Le dépistage, quand il existe (certains pays, dont la France ont manqué de tests durant des mois), ne se fait pas au même rythme partout. Il a été compliqué par le fait que la pandémie s'est propagée dans l'hémisphère nord en hiver, au moment où circulent d'autres virus respiratoires (virus grippaux notamment, qui produisent les mêmes symptômes initiaux, hormis l'hyposmie et l'hypogeusie caractéristique fréquente de la Covid-19)[33],[34] ; de plus il existe un décalage entre cas confirmés et cas réels. Les données sur la létalité (taux de décès parmi les personnes touchées) n'étaient pas fiables de par le faible nombre de personnes testées, rendant la comparaison entre pays peu significative ; de même en ce qui concerne le nombre de morts imputés à la maladie dont les critères de recensement ne sont pas homogènes entre pays. Néanmoins, le taux de mortalité en fin de pandémie, sera significatif des politiques de santé publique menées dans chaque pays[35]. La gestion de la transmission asymptomatique est le « talon d'Achille » de la lutte contre la pandémie[36] ; et là où il n'y a pas une stricte distanciation physique, le dépistage des cas symptomatiques est nécessaire mais il est insuffisant car n'empêchant pas la diffusion du virus dans les endroits de vie collective (foyers, prisons, établissements de santé mentale fermés, refuges pour sans-abri et hôpitaux), surtout si l'on veut relâcher la distanciation sociale[36].

Caractéristiques épidémiologiques de la phase d'émergence en Chine

Avertissements :

  1. Les bilans et chiffres ci-dessous sont à interpréter au regard des spécificités démographiques de la Chine. Sa pyramide des âges n'est, par exemple, pas comparable à celle de la France, mais proche de celle de l'Allemagne. Le sex-ratio y défavorise les femmes (113 garçons pour 100 filles à la naissance), sauf au-dessus de 65 ans (100 femmes pour 91 hommes) ; et la part du nombre d'enfants dans la population est très basse : en 2019 le taux de natalité y était de 10,4 naissances pour mille habitants (le plus bas depuis 70 ans) et le nombre de naissances (14,6 millions en 2019, soit 4 % de moins qu'en 2018) est le plus bas depuis près de 60 ans[37] ;
  2. Les chiffres ci-dessous ne concernent que des malades confirmés en Chine, de source officielle (44 672 cas pour le premier bilan) ; il s'agit de la frange des malades les plus symptomatiques (donc plus facilement détectables) ; ces chiffres peuvent évoluer ; ils seraient probablement différents dans un pays à population très jeune ou avec un sex-ratio plus équilibré.[réf. nécessaire]

Selon un premier bilan épidémiologique[38], publié le , à partir de 44 672 cas confirmés en Chine :

  • 87 % de ces malades confirmés avaient de 30 à 79 ans ;
  • 1 % seulement avaient 9 ans ou moins ;
  • 1 % seulement avaient de 10 à 19 ans ;
  • 3 % avaient 80 ans ou plus ;
  • 75 % sont tombés malades dans la province du Hubei, et 86 % des expositions étaient liées à Wuhan (habitants, visiteurs ou contact étroit avec ces derniers) ;
  • 81 % des cas confirmés étaient bénins (sans pneumonie ou avec une pneumonie légère) ;
  • 14 % étaient sévères (avec dyspnée, fréquence respiratoire supérieure ou égale à 30/min, saturation en oxygène sanguin inférieure ou égale à 93 %, pression partielle d'oxygène artériel par rapport au rapport d'oxygène inspiré inférieur à 300 et/ou infiltrats pulmonaires supérieurs à 50 % en 24 à 48 h) ;
  • 5 % des cas étaient critiques (insuffisance respiratoire, choc septique et/ou dysfonction ou échec d'organes multiples) ;
  • taux global de létalité : 2,3 % (1 023 décès pour 44 672 cas confirmés) ;
  • 0 % de décès chez les 9 ans et moins ;
  • 0 % de décès chez les cas bénins ;
  • 49 % de décès parmi les cas critiques ;
  • 8 % de décès chez les 70 - 79 ans ;
  • 14,8 % de décès chez les 80 ans et plus.

Le taux de létalité était beaucoup plus élevé en cas de comorbidités préexistantes :

Les agents de santé ont été surexposés (1 716 cas pour un total de 44 672 cas avérés soit 3,8 %[Quand ?]), surtout à Wuhan (63 % des cas de la ville avec 1 080 malades). 14,8 % des cas confirmés au sein des agents de santé ont été classés graves ou critiques (seuls cinq sont cependant morts dans cette période).[réf. nécessaire]

Hypothèse d'une saisonnalité ?

De mi-janvier à mi-, des indices ont laissé penser que la Covid-19 pourrait être atténuée quand il fait plus chaud, et qu'une hausse de température moyenne pourrait atténuer sa contagiosité. Si cela était confirmé, une saisonnalité de la pandémie pourrait alléger la pression sur les services d'urgence à la belle saison dans l'hémisphère nord, et laisser un peu de temps à l'hémisphère sud pour se préparer et tirer parti des leçons apprises au nord[39]. C'est l'hypothèse posée par deux chercheurs des universités de Californie et de Chicago dans un article (non relu par des pairs). Ils ont rétrospectivement tenté d'isoler pour les deux mois d'explosion du nombre de cas en début de la pandémie le rôle de trois facteurs météorologiques (température, humidité, pluviométrie) de facteurs de confusion tels que l'amélioration de la réponse à la pandémie ou du degré et les hétérogénéités de promiscuité associé aux densités de population[39]. Au , leur analyse statistique basée sur l'étude rétrospective de 166 686 cas confirmés de Covid-19, dans 134 pays, échelonnés du au [39] concluait que :

  1. ni l'hygrométrie, ni les précipitations n'influencent la contagiosité de la Covid-19[39] ;
  2. pour chaque degré Celsius de température moyenne gagné (durant deux mois environ), la transmission de la COVID a semblé se réduire de 13 % en moyenne (entre −21 % et −4 %, IC 95 %) ; cependant cette hypothèse reste à confirmer, car en mars-avril, l'Italie et l'Espagne (deux régions chaudes de l'Europe) ont été particulièrement sévèrement touchées et d'autres facteurs de confusion sont à étudier (ex. : pollution de l'air qui pourrait avoir aggravé la situation en Italie)[40].

Comment éviter une seconde vague, ou en limiter l'ampleur ?

l'éloignement social peut atténuer la propagation du Covid-19

Dans les pandémies comme celle-ci, il n’y a jamais qu’une seule vague insiste Matthieu Revest (spécialiste des maladies émergentes au CHU de Rennes)[41] ; on sait effectivement, notamment via les exemples de pandémies grippales ou de peste qu'un microbe émergent, contagieux et pathogène, peut générer plusieurs vagues pandémiques faisant le tour du monde sur plusieurs années. Dix-huit experts américains en modélisation épidémiologique ont été interrogés à ce sujet (les 16 et ) ; la probabilité moyenne assignée par ces experts à l'arrivée d'une « seconde vague » de COVID lors des mois d'automne (août-décembre) 2020 était de 73 %[42].

Fin , alors que — malgré des mesures de santé publique sans précédent — plus de 200 pays plongeaient dans la pandémie, la Chine et quelques autres pays semblaient commencer à en sortir. De leur retours d'expériences, il ressort que le taux de létalité confirmé (CFR en anglais, case fatality rate) mis à jour par Leung et ses collègues pour la Chine a chuté à 0,98 % (conforme au rapport du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies) alors qu'à Wuhan il avait atteint 5,08 % le [43] (taux de létalité apparent : nombre de décès imputables à la maladie divisé par le nombre de cas connus), à comparer avec une valeur de 0,8 % estimée pour la France[44] (IFR en anglais – Infection Fatality Ratio –, nombre de décès imputables à la maladie divisé par le nombre de cas réels estimé). Après le pic épidémique, les foyers de Covid-19 en Chine n'ont plus dépassé les capacités de soins de santé[45], prouvant l'efficacité des mesures prises.

En France, selon une évaluation de l'Institut Pasteur prépubliée le , environ 5,7 % des français (3,7 millions de personnes) auront été infectés au (début du déconfinement). Pour que l'immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70 % de personnes immunisées. On est très en dessous[46] ; une seconde vague pourrait par exemple venir d'Europe, du Moyen-Orient et/ou d'Amérique, ou encore de foyers d'endémisation locaux. En , divers experts, dont certains en Chine et aux États-Unis[42] la redoutent. Et pour l'éviter ils cherchent à répondre à plusieurs questions[47] :

  1. Quelles ont été les mesures les plus efficaces pour stopper la transmission du SARS-CoV-2 en Chine lors de la 1re vague (tant pour les cas importés, que pour la transmission locale) ?
    Dans The Lancet, Kathy Leung (épidémiologiste à l'Université de Hong Kong) et ses collègues ont analysé[47] la gestion de la crise épidémique dans quatre villes et dix provinces de Chine (hors du Hubei), concluant que les mesures barrière (contrôle non-pharmaceutique) entamées le 23 janvier 2020 ont permis de maintenir un R0 inférieur à 1. Ce sont ensuite des cas importés du Hubei ou de l'étranger qui ont ensuite généré quelques nouveaux foyers. Fin mars-début avril, l'épidémie a accéléré dans plusieurs pays, évoquant des lacunes de préparation (ou une augmentation de la contagiosité) [réf. nécessaire];
  2. Quels auraient été les effets de mesures plus précoces (de distanciation sociale, d'autres comportements barrière au sein de la population générale, ou de recherche rétrospective des contacts) ?
    Des modélisations cherchent à calculer dans quelle mesure elles auraient alors pu mieux atténuer voire stopper l'épidémie. On a par exemple montré que les restrictions des voyages aériens ont eu un effet marqué à l'échelle mondiale, mais a été trop tardive en Chine où elle n'a pu retarder l'extension de l'épidémie que de 3 à 5 jours[48] ;
  3. Quels sont les « angles morts » qui, dans les stratégies descendantes ou locales de lutte, permettraient éventuellement au virus de reconquérir des territoires où il a été contrôlé[49] ? Par exemple, les données chinoises les plus complètes[43] indiquent maintenant que 81 % des patients n'ont que de légers symptômes (on souhaite les traiter à domicile pour ne pas surcharger les hôpitaux). Presque la moitié des malades conduits à l'hôpital n'avaient pas de fièvre, et 11 à 15 % des cas bénins n'en ont pas eu durant toute leur hospitalisation, et plus d'un tiers n'avaient pas de toux et près de 80 % pas de dyspnée[50],[51], ce qui rend difficile le respect du régime de maintien à domicile.
  4. Quels sont les (inévitables) imprécisions statistiques initiales, à identifier pour corriger les modélisations nécessaires à la gestion de crise ? Par exemple on a d'abord estimé que la période d'incubation était au maximum de 14 jours (chiffre tenu par l'OMS[52] et les médias de masse) mais les données scientifiques plus fines ont ensuite montré que 1 % des patients pouvait développer les symptômes après 14 jours de surveillance active ou de quarantaine[53] peut-être parfois jusqu'à 24 jours[50],[54],[50]). De même a-t-on en janvier-février sous-estimé la durée maximale d'excrétion de virions (selon les données chinoises, les survivants hospitalisés excrétaient le virus sur une durée médiane de 20 jours ; 90 % n'en excrètent plus après 10 jours, mais les 10 % plus sévèrement touchés en excrétaient jusqu'à 25 jours[51].
  5. Quelles conséquences néfastes pourrait avoir un relâchement prématuré des mesures ?
    Les modèles montrent que cette situation conduirait à retrouver une transmissibilité (R0) supérieure à 1, c'est-à-dire à une seconde vague épidémique ou pandémique[47].

Les experts font aussi des recommandations pour éviter une seconde vague.

  • Selon Kathy Leung et al., pour préparer la résilience et éviter une seconde vague (qui risque probablement d'arriver avec le relâchement des mesures barrières et la reprise des activités économiques), il est urgent de mieux documenter et comprendre les effets de chaque type de mesure de lutte contre la pandémie et les effets de leurs interactions[47] ; cette équipe scientifique a aussi montré qu'entre janvier et , par province en Chine, le taux de létalité était aussi corrélé au produit intérieur brut par habitant et à l'indice de disponibilité de lits d'hôpital pour 10 000 personnes. Le degré local ou régional de capacité est donc aussi un facteur important, à prendre en compte pour le choix et la durée des mesures non pharmaceutiques[47].
  • Les effets de l'extension ou d'un relâchement des mesures de contrôle de la distance physique à Wuhan ont été modélisés par Prem Kiesha et al. en [55]. Leur modèle suggère qu'assouplir ces mesures en mars pourrait induire une deuxième vague dans l'hémisphère nord au milieu de l'été[55].
  • Des modélisations plus précises, des effets par pays, et par type de mesures (restrictions de déplacement, distanciation physique, masques faciaux, contrôles de température, recherche des contacts, etc.) avec ou sans assouplissement des mesures anti-pandémiques sont désormais nécessaires[47].

Début , Kathy Leung et son équipe mettent en garde les gouvernants et décideurs contre l'assouplissement prématuré de mesures strictes ; les gouvernements devraient agir et se préparer immédiatement pour garantir que le système de santé dispose d'une main-d'œuvre, de ressources et d'installations adéquates pour minimiser le risque de mortalité lié au Covid-19[47].

Virus

Le SARS-CoV-2 en microscopie électronique.

La pandémie est due à un coronavirus, un type de virus enveloppé de symétrie sphérique et couvert de spicules (constituées de diverses protéines) lui donnant l'apparence d'une couronne[56],[57] (cette couronne se réfère à une représentation commune du virus en deux dimensions ; en termes mathématiques et en trois dimensions, ces protubérances s'inscrivent dans ce qui s'apparente à une couronne solide). Deux souches différentes seraient en circulation actuellement[58].

Caractéristiques

Caractéristiques génomiques, classification

La séquence génétique de ce coronavirus est similaire à 80 %[59] à celle du coronavirus du SRAS. Il est d'abord désigné provisoirement par l'OMS[60] et les CDC[61] sous le terme anglais 2019 novel coronavirus[b], ou 2019-nCoV, avant d'être nommé SARS-CoV-2 sur recommandation de l'ICTV[62].

Il appartient au sous-genre Sarbecovirus[63]. Son génome, stable[64] et constitué d'un ARN simple-brin à polarité positive de 29 903 nucléotides, a été séquencé pour la première fois le par une équipe de l'Université Fudan de Shanghai (Chine)[65],[66],[67],[68],[66],[69].

Durée d'infectiosité du virus

SARS-CoV-2

Elle serait dans l'air, selon son support, de 24 à 72 heures. Les matières plastiques favorisent sa durée de vie[70],[71]. Sous une température inférieure à 20 °C, il persiste plus longtemps. Au-dessus de 30 °C, sa durée de vie diminue fortement[72].

Mode de transmission

À la différence du SRAS (pour lequel les malades allaient à l'hôpital puis devenaient contagieux 3 à 4 jours après l'apparition des signes cliniques, ce qui facilitait le contrôle de la pandémie)[73], le SARS-CoV-2 se duplique et peut être excrété avant les premiers symptômes. Au , on ignore encore ses modalités précises de transmission inter-humaine.

  • La Chine annonce le que des porteurs asymptomatiques peuvent le transmettre ; qu'il a une courte période d’incubation (5 jours environ) et qu'il est transmissible avant les premiers symptômes[74],[75].
    Les contaminations semblent cependant presque toutes issues de contacts avec des sujets présentant déjà des manifestations de la maladie[76].
  • 80 % des cas environ sont bénins ou ne nécessitent pas d'hospitalisation[77], mais on ignore encore le nombre exact de malades asymptomatiques dans la population.
  • Des personnes infectées n'ont pas transmis le virus, tandis que d'autres l'ont largement excrété et/ou transmis[78].
  • Les coronavirus ciblent surtout les voies respiratoires, mais sont fréquemment retrouvés dans le sang et dans le plasma ou le sérum des malades. Ceci implique un risque de transmission via la transfusion de produits sanguins. En , des scientifiques chinois rappellent que, comme les cas asymptomatiques de Covid-19 sont nombreux, des mesures de sécurité transfusionnelle adaptées (ex. : choix des donneurs, méthodes de détection et d'inactivation des virus) sont impératives, notamment en zones d'endémie[79].

Cas pédiatriques (spécificité, diagnostic, traitement...)

Début 2020 en Chine, les enfants représentent entre 2 à 3 % des cas détectés (ex. 3 enfants dont le plus jeune avait 4 ans, sur 102 cas confirmés à Zhengzhou dans le Henan au )[80], parfois sans aucune manifestation, avec des tests sanguins, CRP, fonction hépatique et rénale, zymogramme myocardique, etc. non significativement anormaux, contrairement au cas de leurs parents ou grands-parents malades[81]. Certains enfants présentent néanmoins des symptômes gastro-intestinaux (maux de ventre, nausées, vomissements et diarrhée)[80] ; l'enfant récupérait généralement en 1 à 2 semaines, avec parfois cependant une évolution vers une infection des voies respiratoires inférieures[80]. Mais avec aucun cas de décès n'a été signalé en Chine chez les moins de 12 ans[80]. L'incubation chez l'enfant serait de 1 à 14 jours (et plus souvent 3 à 7 jours)[80].

Facteurs de risque pédiatrique

Les retours d'expérience chinois montrent que les enfants à risque sont par ordre croissant ceux qui ont eu des contacts avec des cas graves de Covid-19 (généralement parmi les proches), ceux qui présentent des comorbidités (ex : cardiopathies congénitales, hypoplasie bronchique, anomalies des voies respiratoires, anomalie du taux d'hémoglobine, malnutrition grave), déficience immunitaire, prescription d'immunosuppresseurs...) et qui répondent à l'un des critères suivants[82] :

  1. Dyspnée ; si la fréquence respiratoire (en veillant à la distinguer des effets de la fièvre ou de pleurs) dépasse 50 battements/min pour les 2 à 12 mois ; dépasse 40 pour les 1 à 5 ans et 30 pour les plus de 5 ans[82] ;
  2. Fièvre ; si elle reste élevée et persistante durant 3 à 5 jours[82] ;
  3. Troubles de la conscience, léthargie, perturbation et changements de conscience[82] ;
  4. Index enzymatique augmenté (sans autres explications) pour les enzymes myocardiques, enzymes hépatiques, la lactate déshydrogénas[82]e ;
  5. Acidose métabolique (sans autres explications)[82] ;
  6. Imagerie thoracique montrant une infiltration bilatérale ou multi-lobes, un épanchement pleural ou une progression rapide de la maladie dans un court laps de temps[82] ;
  7. Âge inférieur à 3 mois[82] ;
  8. Complications extrapulmonaires[82] ;
  9. Co-infection avec d'autres virus et / ou bactéries[82].

Diagnostic différentiel

Il vise à éliminer d'autres causes telles que[82] :

Une co-infection avec d'autres virus ou bactéries est à prendre en compte dans le diagnostic et le traitement[82].

Fréquence

Mi-mars, les données italiennes confirment la rareté des cas pédiatriques (avec 8 cas confirmés sur les 650 premiers cas)[83]. Après le début de la mise en place de mesures. barrières, sur 72 314 cas identifiés par les CDC chinois, seuls 1 % environ des cas étaient des enfants de moins de 10 ans[84]. Deux hypothèses pourraient expliquer (mi-mars) le fait que les enfants soient moins gravement affectés[83] :

  1. un système immunitaire inné encore imparfait, avec en conséquence une moindre réponse immunitaire adaptative, ce qui leur éviterait la tempête de cytokine et une inflammation destructive des bronches[85] ; Selon une étude chinoise rétrospective daté du , ayant porté sur un panel de 2 135 cas pédiatriques de 2 à 13 ans de Covid-19 identifiés par les CDC chinois du au , les bébés de moins d'un an ont développé des symptômes plus graves (voire critiques) que les enfant de 1 an à 12 ans[86] ; Plus de 90 % de tous ces patients étaient asymptomatiques, légers ou modérés. Les enfants de tous âges semblaient sensibles au Covid-19 sans différence significative de sexe[86]. Bien que les manifestations cliniques des cas de Covid-19 chez les enfants soient généralement moins graves que celles des patients adultes, les jeunes enfants, en particulier les nourrissons, sont vulnérables à l’infection[86].
  2. une réplication moindre du virus, peut être liée à une fonction encore imparfaite de la protéine ACE2 chez l'enfant ; ou à une réponse intracellulaire induite par l'ACE2 dans les cellules épithéliales alvéolaires des enfants, inférieure à celle des adultes[80] ;
  • Rem : un cas particulier est celui du nouveau né qui a pu être in utero victime d'une hypoxémie si la mère a été infectée par le SARS-CoV-2 durant la grossesse, ce qui peut causer une asphyxie intra-utérine, un accouchement prématuré ou avoir d'autres effets[86]. Ces nouveau-nés, prématurés notamment sont plus susceptibles de présenter des symptômes insidieux et non spécifiques ; ils doivent bénéficier d'une surveillance accrue[86].

Les enfants contribuent discrètement à propager la pandémie, car ils sont plus souvent asymptomatiques, et car ils présentent une excrétion virale prolongée dans les selles (elle se poursuit même après la disparition du virus dans les excrétions nasales ou dans les écouvillonages de la gorge, avec des écarts constatés très importants (8 à 20 jours de plus) qui ne sont pas constatés chez les adultes[87].

Les premiers consensus médicaux[88], guides de diagnostic et recommandations pédiatriques ont été publiés en Chine[89].

La Suède et les Pays-Bas laissent les écoles ouvertes, pour limiter le risque de propagation du virus vers les populations âgées à risque[90]. Les adolescents développent généralement une forme bénigne de la maladie, mais tout en pouvant contribuer à la contagion.[réf. nécessaire]

Maladie

La maladie à coronavirus 2019, dite Covid-19 (acronyme de son nom en anglais : « coronavirus disease 2019 »), a été ainsi dénommée par l'OMS le [91],[92]. Elle est aussi connue, notamment en Chine, sous son ancien nom « NCP (Novel Coronavirus Pneumonia) »[93].

Symptômes

Tels que décrits au , les symptômes de la Covid-19 sont proches de ceux de la grippe[94],[95] (mais s'installant plus progressivement) :

La fièvre peut apparaître plusieurs jours après la toux[réf. nécessaire].

De nombreuses personnes porteuses du virus ne présentent pas de symptômes, ou présentent des symptômes légers (petite toux, fièvre) sans détresse respiratoire.[réf. nécessaire]

Une anosmie avec ou sans pertes du goût (complète ou non) peut survenir, notamment chez les plus jeunes[98],[99], ce qui est l'un des indices d'une capacité neuro-invasive du virus [100],[96]. En février, une étude chinoise a estimé que 5 % des malades manifestaient des troubles du goût et de l'odorat[101], mais, basé sur des dossiers médicaux, ce travail a sous-estimé la prévalence réelle de ces symptômes[96]. Une autre étude[96] a été menée en France du 15 au avant que le grand public ait su que des troubles du goût ou de l'odorat pouvaient être liés à la Covid-19 (la première publication date du )[102]. Selon les auteurs, cette étude simple, à faible échantillonnage et à taux de réponse sous-optimal, sans données sur l'âge, le sexe ou d'autres symptômes, concernant des patients testés par RT-PCR sur échantillons nasopharyngés (test médiocrement performant, parfois estimé fiable à 60 %)[96], montre que pour 259 personnes ayant répondu (57 % des patients contactés), dont 26 % ont été diagnostiquées positives pour le SRAS-CoV-2 : 24 % rapportaient avoir eu une hypogueusie, 20 % une hyposmie et 17 % une hypogueusie et une hyposmie combinées. Les auteurs appellent d'autres études prospectives pour affiner ces résultats mais notent que ces symptômes sont faciles à recueillir pour un dépistage de masse en télémédecine ou par des agents aux connaissances médicales limitées, sans coûts importants, sans méthode invasive ni besoin de déplacements[96].

Test diagnostique

Un thermocycleur utilisé pour la PCR.

Quand la Covid-19 est suspectée chez une personne, un test par RT-PCR quantitative permet de confirmer l'infection par le SARS-CoV-2 (ex 2019-nCoV)[103]. La RT-PCR n'a pas une sensibilité de 100 %, notamment en début d'infection[réf. nécessaire].

La détection de l'ARN viral nécessite un certain temps, car plusieurs étapes sont nécessaires pour détecter l'ARN :

  1. Extraction de l'ARN viral [réf. nécessaire];
  2. Transcription inverse : ARN viral transcrit en ADN (20 minutes[104]) ;
  3. Dénaturation (3 minutes[104]) ;
  4. Cinquante cycles d'amplification de PCR (37 minutes[104]) ;
  5. Interprétation de la courbe de fluorescence.

Une étude rétrospective chinoise, publiée le dans le Journal of Clinical Virology, portant sur 301 malades hospitalisés présentant des formes moyennes ou sévères (mais dont aucun n'a nécessité un transfert en U.S.I.), 1 113 RT-PCT ont été effectués chez ces patients sur des prélèvements nasaux ou laryngés (nez et bouche). Cette étude permet d'établir la dynamique de la RT-PCR[105] :

0−7 jours 8−14 jours 15−21 jours 22−28 jours Plus de 28 jours
97,9 % 68,8 % 36,3 % 30 % 26,3 %

Une méta-analyse publiée le dans le Annals of Internal Medicine évoque aussi des faux négatifs évoluant de 38% à J5(jour moyen de début des symptômes) à 20% à J8 pour remonter à 21% à J9 puis 66% à J21[106],[107].

Traitement et recommandation

L'OMS indique qu'il n'y a pas de traitement spécifiquement contre la maladie, qu'on ne peut traiter que ses symptômes et qu'elle communiquera les résultats des essais cliniques en cours lorsqu'ils seront disponibles[108]. L'OMS recommande de ne prendre aucun médicament[108].

Recommandations

En France, le ministre de la santé recommande, en cas de fièvre, de ne pas prendre de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l'ibuprofène (Advil, Nurofen, etc.) ou l'aspirine qui pourraient être un facteur d’aggravation de l’infection. Le traitement de la fièvre ou de douleurs chez les patients atteints de Covid-19 ou de toute autre virose respiratoire repose sur le paracétamol, sans dépasser la dose de 60 mg/kg/jour et de 3 g/jour[109],[110]. Cependant, il n'existe pas de littérature scientifique sur le sujet, et ni les spécialistes des maladies infectieuses ni l'OMS ne mettent en garde contre la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens[111].

En revanche, les patients soignés par anti-inflammatoires, comme les corticoïdes ou autres immunosuppresseurs, pour une pathologie chronique ne doivent pas interrompre leur traitement sans prescription médicale[109].

Recherches en cours

En , le gouvernement de Shanghai en Chine a recommandé l'injection de doses massives de vitamine C[112] (on avait constaté une augmentation spectaculaire du nombre des publications scientifiques relatives à l'utilisation de la vitamine C chez les patients gravement malades à partir de 2018[113]). En France, une deuxième vague d'essais cliniques avec la chloroquine démarre le [114],[115]. Elle fait suite à la conférence du Pr Didier Raoult du , sur les résultats d'une première étude menée sur 24 patients, elle-même en écho d'études menées en Chine[116]. Le jeudi en France, par dérogation à l'article L. 5121-8 du code de la santé publique, l'hydroxychloroquine et l'association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits, dispensés et administrés dans les établissements de santé[117],[118].

Au 21 avril 2020, plus de 500 essais cliniques avaient été enregistrés dans les différents sites de registre d'essais cliniques internationaux et nationaux[119]

Le , le Lancet publie une étude internationale dirigée par Mandeep Mehra , rétrospective sur 96 000 dossiers de patients hospitalisés, non randomisée, tendant à mettre en évidence les risques cardiaques de l'hydroxychloroquine[120]. Le groupe sous hydroxychloroquine, le groupe sous hydroxychloroquine avec un macrolide, le groupe sous chloroquine, et le groupe sous chloroquine avec un macrolide étaient chacune indépendamment associées à un risque accru de mortalité à l'hôpital par rapport au groupe témoin n'ayant pas reçu ces molécules. De plus, ces groupes étaient indépendamment associés à un risque accru d'arythmie ventriculaire de novo pendant l'hospitalisation[121],[122].

Prévisions de diffusion de la maladie

Évoquant l'avis des spécialistes, la chancelière allemande Angela Merkel rapporte le que 60 à 70 % des Allemands pourraient être infectés. Il semble qu'elle se base sur la déclaration de l'épidémiologiste Marc Lipsitch qui donnait le chiffre de 40 à 70 % de la population mondiale quelques jours plus tôt[123].

Le ministre de l'éducation en France, Jean-Michel Blanquer, déclare le que selon ce que disent les scientifiques, 50 à 70 % de la population in fine finit par être contaminée par le virus, et c'est d'ailleurs ça qui met fin au virus puisque ça crée une forme d'immunité majoritaire, et donc le virus s'éteint de lui-même[124].

Risque de réinfestation

Le risque de contracter une deuxième fois le virus n'est pas avéré et l'hypothèse d'une faible durée de l'immunité n'est pas non plus avéré à ce jour :

  • « A priori, on ne peut pas attraper deux fois la Covid-19, sauf si on est immunodéprimé » indique le Dr Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine) et médecin référent de crise Covid-19[125]. « Les cas de réinfections sur le Sras et le Mers ont été trop rares pour pouvoir en juger », indique Stanley Perlman, immunologue à l’université d’Iowa[126]. « Il n’est pas démontré qu’il y ait une absence d’immunité chez des malades guéris »[127] selon Paul Benkimoun, journaliste santé.
  • On ne dispose pas de donnée sur la durée de l'immunité en raison de la nouveauté du Covid-19. « Les anticorps conférés par cette infection vont avoir une capacité protectrice sans doute de quelques mois [...] on n'a pas assez de recul pour avoir des chiffres très précis » indique le Dr Marina Karmochkine, médecin en immunologie clinique à l'hôpital Georges Popidou à Paris[128]. Une étude chinoise de 2007 sur 176 patients ayant contracté le Sras, retrouve des anticorps en moyenne deux ans après l’infection[126].

Apparition de la pandémie en République populaire de Chine

Origine animale

Pour les autres coronavirus ayant déclenché des maladies humaines auparavant

Au début des années 2000, plusieurs épisodes épidémiques de maladies émergentes zoonotiques sont apparus, causés par des coronavirus dont les chauves-souris forment le « réservoir naturel » et où différentes espèces de mammifères servent d’hôtes intermédiaires :

À ces maladies humaines s'ajoute le SADS qui a décimé les élevages porcins de la province de Guangdong (d' à , par transmission directe des excréments de chauve-souris au porc).
Ces zoonoses interrogent sur les conséquences d'une trop grande proximité entre humains et mammifères porteurs de coronavirus, et notamment avec des mammifères braconnés comme cela s'observe fréquemment dans les marchés traditionnels chinois[131].

La chauve-souris : le réservoir sauvage

Le , selon le Dr Xintian Xu (Institut Pasteur de Shanghai) et ses collègues, le SARS-CoV-2 a un ancêtre commun avec des coronavirus et analogues du SARS-CoV, évoquant le coronavirus de la chauve-souris HKU9-1[132]. Le , les premiers résultats, provisoires, du séquençage du virus, publié par des membres de l'Institut de virologie de Wuhan, de l'hôpital Jinyintan de Wuhan, de l'Université de l'Académie chinoise des sciences et du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies de la province du Hubei montrent que le génome du SARS-CoV-2 est identique à 96 % à celui d'un coronavirus de chauve-souris[133].

Le , Arnaud Fontanet (épidémiologiste)[134] pense donc qu'une chauve-souris est le réservoir sauvage, et que le virus serait passé chez l'humain au moins vers mi- 2019, via un hôte intermédiaire animal du marché, encore inconnu[135].

Remarques sur l'importance des chiroptères :

  • en 2007, on a montré qu'en Afrique, les chauves-souris portent communément des anticorps anti-SARS-CoV, retrouvés chez 26 espèces de chiroptères collectées en Afrique[136] ;
  • début 2020, des scientifiques notent que, si les chiroptères sont en cause de manière majeure, alors, il devrait alors y avoir une augmentation temporelle d'excrétion de coronavirus au moment où les petits deviennent indépendants (car les juvéniles sont sujets à excrétion de ces virus)[137]. Le contact avec les chauves-souris et leurs excréments devrait donc être évité à cette époque de l'année, par exemple en interdisant l'accès aux grottes[137]. Ce serait une stratégie alternative aux abattages parfois évoqués, éthiquement discutable, défavorables à la biodiversité, et surtout pouvant entraîner des niveaux encore plus élevés de pathogènes (car ces abattages priveraient de services écosystémiques-clés : les chiroptères sont — selon les espèces — soit pollinisateurs, soit prédateurs nocturnes essentiels contre les moustiques vecteurs d'autres maladies ; éliminer les chiroptères intensifierait les épidémies de paludisme, dengueetc.)[137].

Le pangolin : un hôte intermédiaire ?

Le pangolin serait l’espèce animale la plus braconnée, étant très recherché pour la gastronomie et la médecine traditionnelle chinoise et était vendu sur le marché de Huanan. Son commerce a été suspendu par Pékin, le 26 janvier, en raison des suspicions de transmission virale à l’homme[réf. nécessaire].

Le , l'Université d'agriculture de Chine du Sud annonce avoir identifié 99 % de similitudes entre la séquence du génome du nouveau virus SARS-CoV-2 et celle de coronavirus trouvés sur les pangolins[138].

Autres animaux sans aucun test scientifique

Relayer des mukbangs pourraient inciter à des comportements à risque[139]. En 2016, un hôte avait mangé, filmé, une soupe de chauves-souris, ce qui corroborerait l'hypothèse de la transmission directe entre cet animal et l'homme[réf. nécessaire].

D'autres fois c'est l'escargot africain, une grenouille, le rat Chinois du bambou ou la pieuvre qui étaient mangés, parfois crus, voire encore vivants (poulpe notamment), malgré le risque qu'ils soient porteurs de bactéries ou virus sauvages à risque[139]

Apparition de l'épidémie

Aléa sur le premier cas humain

Un rapport non publié du gouvernement chinois indique la date du pour la première occurrence connue de la maladie[140] ; puis ce gouvernement donne officiellement à l'OMS la date du 8 décembre[141] ; enfin un article publié le par des scientifiques chinois donne la date du pour le premier cas (ce malade n’a eu aucun rapport avec le marché de fruits de mer)[142]. Les premiers malades signalés courant travaillaient au marché de gros de fruits de mer de Huanan, à Wuhan[143]. Des médias parlent des premiers malades le [144],[145].

Le rôle du marché de Huanan à Wuhan reste incertain en , malgré l'analyse épidémiologique des premiers cas recensés[146],[147],[148],[149].

Il ne semblait pas y avoir de chauves-souris vendues sur ce marché, qui sont par ailleurs des animaux non consommés dans la région[150],[151].

Mais parmi la grande diversité de faune sauvage vendue sur ce marché, il y avait bien du pangolin qui s'avère être un hôte plus probable statistiquement, en termes de ressemblance des coronavirus dont ils peuvent être porteurs, par rapport au Covid-19 humain (hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l'être humain).[réf. nécessaire]

Trafic illégal de faune sauvage

Selon Alexandre Hassanin du journal The Conversation :

« ... l’épidémie est la conséquence directe du trafic illégal de faune sauvage. En effet, les nombreux virus de la lignée SARS-CoV-2 identifiés chez des pangolins destinés à la vente prouvent que ces virus circulent depuis plusieurs années déjà dans les marchés des provinces du sud de la Chine et très probablement aussi dans les provinces du Nord, comme celle de Hubei. Il est donc urgent d’interdire non pas temporairement mais définitivement le commerce de vertébrés sauvages potentiellement responsables de zoonoses[152]. »

Propagation et facteurs aggravants

Premiers signalements

Courant , les autorités locales chinoises tentent de réduire au silence le personnel médical qui constate un nombre de plus en plus important de patients avec des cas présentant des symptômes similaires au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)[153]. Ai Fen, cheffe des urgences de l’hôpital central de Wuhan, est la première à diffuser l’information auprès de collègues pour les mettre en garde et leur conseiller de se protéger[153]. Parmi eux, le docteur Li Wenliang, qui décédera par la suite de la Covid-19, diffuse à un groupe d’amis une photo des résultats de test d’un patient transmise par Ai Fen, où elle avait entouré de rouge les mots « coronavirus Sras »[153]. Il fait partie des huit médecins convoqués par la suite et sermonnés par la police pour diffusion de rumeurs[153]. Ai Fen reçoit l'ordre de ses supérieurs de ne plus communiquer[153].

Une pneumonie inconnue est décrite le . Le une unité médicale dédiée est mise en place. Le marché de Wuhan est fermé le . Le des tests PCR de dernière génération révèlent un nouveau virus, le 2019-nCov, chez 41 des 59 patients testés, dont la moitié avait un lien avec le marché au poisson de Wuhan. Le un premier patient (61 ans) meurt, puis un autre (69 ans) le .[réf. nécessaire]

Le , le laboratoire de Shanghai publie le nouveau génome du coronavirus ; il est fermé le lendemain par les autorités pour « rectification »[154],[155]. Le gouvernement chinois impose ensuite une approbation avant toute publication de recherche sur l'origine du nouveau coronavirus[154]. Plusieurs des médecins et des journalistes qui ont signalé la propagation très tôt ont disparu[154].

Le , la Commission nationale de la santé alerte les plus hautes instances du pays de la dangerosité du coronavirus identifié deux semaines plus tôt à Wuhan, évoquant le défi le plus grave depuis le SRAS en 2003 et un virus susceptible de se transformer en un événement majeur de santé publique. Un plan d’urgence est lancé et des centaines de lits préparés dans les hôpitaux, dans le secret jusqu'à la prise de parole de Xi Jinping le  : entre-temps, les officiels chinois soutiennent que le virus est peu contagieux et l’Organisation mondiale de la santé vante la « transparence » du pays[156],[153].

Le , le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies déclenche, en interne, la réponse d’urgence la plus élevée, et ordonne à la province de Hubei, où se trouve Wuhan, de commencer à relever les températures aux aéroports, stations de bus et de train et d’interdire les rassemblements[153]. Le même jour, le responsable du centre d’urgence du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, Li Qun, déclare à la télévision : « Nous sommes arrivés au constat que le risque de transmission interhumaine soutenu est faible »[153]. Dans le même temps, il est nommé responsable d’un groupe de travail afin de préparer les plans d’urgence pour la réponse de niveau un[153].

Le , Xi Jinping s’exprime pour la première fois sur le nouveau coronavirus et déclare qu’il doit être « pris au sérieux »[153]. Zhong Nanshan, épidémiologiste réputé, déclare publiquement qu’il est transmissible d’être humain à être humain[153].

La transmission inter-humaine est confirmée le dans le Guangdong, par Zhong Nanshan, chef de la commission de la santé enquêtant sur l'épidémie[157],[158]. L'OMS craint que l'épidémie ne s'étende avec le pic des voyages en Chine lié au Nouvel An chinois.

Le , selon le vice-ministre chinois de la Commission nationale de la santé, Li Bin, ce virus pourrait muter et se propager plus facilement[159]. Le , le Président Xi Jinping, déclare la situation « grave » ; l'épidémie s'accélère[160] (devenant une pandémie le ).

Le la revue The Lancet montre que les premiers symptômes attribuables rétrospectivement au SARS-CoV-2 datent en fait du chez un seul patient n'ayant pas fréquenté le marché[146], de même qu'un tiers des 41 cas diagnostiqués le  : la pandémie pourrait donc être née ailleurs que sur le marché de Wuhan[148],[161].

Le , pour le Pr Neil Ferguson, expert en santé publique de l'Imperial College de Londres : environ 100 000 personnes seraient déjà infectées. La Faculté de médecine de Hong-Kong porte ce nombre à 43 000 au [162],[163]. Le même jour, la Commission nationale de la santé[164] de Chine déclare que 30 453 personnes sont sous observation sans préciser par quels moyens[165].

Le , en Chine les critères de diagnostic de la maladie changent, ce qui augmente le nombre de cas. En effet, débordés, les hôpitaux du Hubei se basaient sur une radio des poumons, sans analyse de prélèvements ; soigner et isoler plus tôt les malades était prioritaire, et les résultats du test nécessitent 48 heures alors que le diagnostic radiographique est immédiat[166]. De plus, le système de santé chinois ne rembourse les soins qu'aux malades testés positifs. Pour les autres, la facture est de plusieurs milliers voire dizaine de milliers d'euros. Beaucoup hésitaient à se soumettre au test[166].

Taux de reproduction de base (R0) : c'est le nombre moyen d'individus qu'une personne infectée infectera tant qu'elle sera contagieuse.
Au début de la pandémie (Chine) le taux de reproduction de base (R0, base des modèles de prédiction épidémiologique) du virus SARS-CoV-2 variait de 2,2 à 2,7[167] ou de 2-3 à 5 ; soit nettement plus que celui du SRAS et du MERS. Selon le CDC chinois, 80 % environ des patients (80,9 %) étaient asymptomatique ou avaient une pneumonie modérée, mais ils émettaient de grandes quantités de virus[168] ; de plus, le taux de transmission nosocomiale était élevé (3,83 % des patients étaient des agents de santé, pourcentage atteignant 10 % en Espagne et en Italie)[169]. Avec une pénurie mondiale prévue de 15 millions de travailleurs de la santé entre 2020 et 2030 les gouvernements ont laissé le personnel essentiel exposé en cette période de besoin[169], éléments qui rendent la lutte contre la contagion très difficile[168].

Le groupe de modélisation de l'équipe ETE (Laboratoire MIVEGEC, CNRS, IRD, Université de Montpellier) a publié l'estimation du taux de reproduction de l’épidémie de Covid-19 en France. Le , le R0 était estimé à R(t) = 2,34 (avec 95 % des valeurs entre 1,16 et 3,64).[réf. nécessaire]

Le R0, rétrospectivement et précisément recalculé via deux modélisations mathématiques, pour le début de l'épidémie de Wuhan, était (valeur médiane) de 5,7[167] ; cette forte contagiosité montre que la surveillance active, la recherche des contacts, la mise en quarantaine et des efforts précoces de distanciation physique sont nécessaires pour arrêter la transmission du virus[167].

Vitesse de propagation : les premières estimations faites à Wuhan étaient que le nombre de cas doublait tous les 6 à 7 jours[167], mais ce temps de doublement s'est ensuite avéré être bien plus bref, et même très court en Italie et en Belgique, alors que plus long en Allemagne. (Selon Marc Wathelet, virologue belge spécialiste des coronavirus humains, à ce rythme, sans mesures drastiques, la Belgique pourrait avoir 150 000 malades supplémentaires en 3 semaines)[170]. La vitesse de propagation dépend aussi de l'efficacité des mesures-barrière mais un autre facteur est à prendre en compte : mi- 5 ou 6 souches (selon M. Wathelet) circuleraient déjà dans le monde, différentes en termes de virulence et contagiosité[170].

Ce taux a été rétrospectivement recalculé pour le début de l'épidémie de Wuhan, sur la base de nombreux rapports de cas individuels à travers la Chine et sur la base de paramètres épidémiologiques clés mieux estimés (dont la durée d'incubation)[167] ; deux approches modélisatrices à appliquées à l'épidémie de Wuhan (intégrant les données nationales les plus précises sur les voyages et les infections) publiées le  ; elles montrent que le temps de doublement — au début de l'épidémie — à Wuhan était en fait de 2,3 à 3,3 jours[167].

Facteur aggravant : la pollution de l'air et propagation

Couche de pollution atmosphérique sur Paris.

La pollution de l'air (très élevée en Chine urbaine et industrielle) fragilise les bronches et le système immunitaire[171]. Elle pourrait favoriser les surinfections et aggraver la mortalité. Les particules fines contribuent aux maladies cardiovasculaires et aux infections respiratoires[172],[173],[174] et on sait que la Covid-19 tue plus les patients déjà porteurs d'une maladie cardiovasculaire ou pulmonaire[175]. Le dioxyde d'azote (NO2) est un des facteurs aggravant provoquant des inflammations importante des voies respiratoires[176],[177].

Rôle possible des eaux usées et des boues épuration dans la pandémie ?

La Covid-19 a émergé dans un marché humide, où le sang, les excréments et divers déchets animaux sont régulièrement nettoyés à grande eau (opération qui est source d'aérosols), cette eau étant ensuite collectée par le réseau d'égouts.[réf. nécessaire]

Trois questions d'intérêt épidémiologique sont :

  1. Combien de temps le virus SARS-CoV-2 reste-t-il infectieux dans les eaux (eaux d'égouts, de rejets de station d'épuration, de surface, de nappe phréatique, d'estuaires, de mer…)[178] ?
  2. Quels sont les facteurs favorisant la survie (ou la décroissance) du virus dans ces eaux[178] ?
  3. Quels sont les risques liés à l'aérosolisation du virus ? (ce virus est dangereux quand il est aéroporté, et il peut l'être avec d'autres microorganismes pathogènes tels que virus grippaux, autres coronavirus, ou organismes tels que Legionella ou Cryptosporidium)[178].
Enjeux relatifs à la persistance de SARS-CoV-2 infectieux dans les eaux

Chez un malade (éventuellement asymptomatique) :

  • le virus SARS-CoV-2 est présent dans la bouche et les sécrétions nasales, et dans les gouttelettes expulsées (toux, éternuements).
  • le virus est aussi retrouvé dans les vomissures (5 % des malades ont des nausées ou vomissent), les selles de patients (et d'animaux expérimentalement infectés). Et la Covid-19 induit des diarrhées dans 3,7 % des cas[94],[95]. Ces diarrhées sont elles-mêmes productrices de gouttelettes et d'aérosols contaminés, tout comme la chasse d'eau. Les malades les plus sévèrement touchés excrètent le plus de virus. Les égouts, notamment en aval des hôpitaux, cliniques, maisons de retraites, peuvent donc être contaminés. Et les fluides s'y écoulent à l'abri des UV solaires, connus pour contribuer à détruire les virus dans l'eau[179]. Lors de la première épidémie de SARS-CoV (2003) un cluster avait attiré l'attention : dans un complexe immobilier Amoy Gardens de Hong Kong, tous les habitants vivant sous un appartement où avait séjourné durant seulement deux nuits un malade étaient à leur tour tombés malades, avec in fine — en moins d'un mois — plus de 300 résidents atteints, dans 150 appartements environ. L'explication trouvée était un défaut d'étanchéité des siphons du sytème de descente des eaux de WC, descente qui descendait le long des appartements inférieurs à proximité d'une série de puissants ventilateurs du système de climatisation. Ces derniers semblent avoir transporté des aérosols ou gouttelettes de liquide fécal contaminés par le virus[180],[181],[182] ; peut être avec l'aide d'animaux (rats)[183]. À la suite de ce cas, Lisa Casanova avait écrit en 2009 que si le SRAS devait réapparaître à l'avenir, l'eau contaminée par les déchets fécaux d'individus infectés pourrait être un véhicule de transmission […], l'eau contaminée par ces virus pourrait continuer à poser un risque d'exposition même après que les individus infectés ne sont plus présents[178].
  • En laboratoire, d'autres coronavirus (dont apparentés au SARS-CoV-2) sont restés infectieux durant plusieurs jours à plusieurs semaines, voire bien plus si l'eau était froide (4 °C) dans des échantillons d'eaux de station d'épuration[178].
  • Pour des raisons éthiques et de biosécurité, on expérimente peu avec des virus dangereux et contagieux tels que ceux du SRAS. Mais deux coronavirus de substitution ont pu être utilisés par une étude publiée en 2009 : 1°) le TGEV, coronavirus de la gastro-entérite transmissible, source de diarrhée du porc ; et 2°) le MHV, coronavirus de l'hépatite de la souris (coronavirus du groupe 2)[184], jugé génétiquement très proche du SRAS[185]. Ces deux coronavirus sont restés infectieux dans de l'eau du robinet (déchlorée), de l'eau de lac, et dans des eaux usées décantées (pasteurisées pour être débarrassées de leurs bactéries) durant des jours voire plusieurs semaines[178]. Dans de l'eau à 25 °C (température fréquente de l'eau en zone intertropicale) il a fallu 22 jours pour que le virus TGEV ne soit plus retrouvé dans 99 % des échantillons, et 17 jours pour le MHV. Même dans les eaux usées décantées et pasteurisées la réduction de 99 % n'a été atteinte qu'en 9 jours pour le TGEV et de 7 jours pour le MHV[178]. à 4 °C il n'y a pas eu de baisse significative du titre infectieux de l'un ou l'autre virus sur 49 jours[178]. Les auteurs ont conclu que les coronavirus peuvent rester infectieux pendant de longues périodes dans l'eau et les eaux d'égout pasteurisées, suggérant que l'eau contaminée est un véhicule potentiel d'exposition humaine si des aérosols sont générés[178].

Nota :

  • En laboratoire, les eaux n'étaient pas agitées comme elles l'auraient été dans une station d'épuration à boue activée ; et les bactéries avaient été éliminées des échantillons par pasteurisation, faisant que peut-être le virus a pu persister plus longtemps intact dans l'eau car moins exposé aux protéases ou à d'autres enzymes bactériennes[179]. Ces expériences ont néanmoins clairement montré que les deux coronavirus testés survivaient assez longtemps en eau douce à 25 °C, et presque parfaitement dans l'eau maintenue à 4 °C[178].
  • En 2005, Rabenau et al. constataient aussi qu'en culture cellulaire (sans sérum, et à température ambiante) le titre infectieux de SARS-CoV diminuait plus lentement que celui des coronavirus TGEV et MHV mesurés dans les eaux et dans les eaux usées décantées pasteurisées, possiblement grâce aux effets protecteurs de substances-tampon et de nutriments organiques trouvés dans le milieu de culture cellulaire stérile (par rapport aux milieux non stériles)[178].
  • D'autres études ont montré l'effet protecteur de tampons chimiques et de sels dans un milieu aqueux stérile : ainsi le SRAS-CoV de 2003 survivait 7 fois plus longtemps (14 jours) en présence d'un tampon phosphate salin que dans l'eau du robinet déchlorée ou les eaux usées domestiques (2 jours) à 20 °C[186].
    En 2005 quatre virologues de Pékin et Tianjin, après la pandémie de SRAS de 2003, ont observé dans l'eau du robinet et les eaux usées un temps plus court de survie du SRAS-COV que celui démontré pour les coronavirus TGEV et MHV[186], mais les auteurs n'ont pas signalé le changement réel du titre infectieux du virus ni la limite de détection de leur méthode[178].
Peut-on prédire la vitesse de destruction du virus dans l'eau ?

Dans l'eau, trois grands facteurs sont prédicteurs de la « réduction virale » (un facteur important pour la gestion du risque pandémique) : ce sont le type d'eau (turbidité, pH, salinité) ; le temps passé par le virus dans l'eau ; et la température (trois facteurs qui en outre intéragissent entre eux) :

  • la température : les taux et les vitesses d'inactivation de coronavirus sont difficiles à comparer entre études, car les protocoles diffèrent, et certaines études n'ont pas duré plus de 2 semaines, mais toutes concluent que :
    • dans l'eau, les coronavirus résistent très bien au froid. Ainsi le pouvoir infectieux du coronavirus de l'hépatite murine (MHV-A59 ; génétiquement proche du SRAS-CoV) n'a pas été affecté par 15 cycles de congélation/décongélation. Et il n'a presque pas perdu de son pouvoir infectieux après 72 jours passés à 4 °C (à un pH 6, optimal pour ce virus)[187]. D'autres études ont confirmé que l'infectiosité de divers coronavirus est préservée à 4 °C (ex. : au moins 14 jours à 4 °C dans les eaux usées domestiques et l'eau du robinet déchlorée selon Wang et al. en 2005[186], et bien plus selon les études qui ont fait durer l'expérimentation)[178] ;
    • inversement, plus l'eau est chaude moins de virus persistera. Ceci va dans le sens d'autres études sur la survie virale dans l'eau[188],[189],[190] ;
  • l'eau (turbide, propre ou ultra-propre) (l'opacité de l'eau, ou plus exactement une forte teneur en grosses molécules (composés à haut poids moléculaire, qui sont sans doute des enzymes protéolytiques, c'est-à-dire capables de casser des protéines, semble réduire l'infectiosité virale[178]. Ceci était déjà démontré par Ward et al. au milieu des années 1980 pour d'autres virus (entériques)[191]. Dans une eau riche en autres micro-organismes les coronavirus, dont de type SRAS, semblent mal survivre, d'autant plus mal que la température est tropicale (25 °C environ) ; alors qu'ils survivent des semaines dans une eau « propre » (non chlorée, ultrafiltrée, etc.)[178] ;
  • les pH extrêmes  : Les eaux très acides ou très basiques « tuent » les coronavirus[192],[193], mais avec une efficacité/rapidité qui varie considérablement selon la température de l'eau. Exemple : à 37 °C, le coronavirus MHV survit bien quand le pH est compris entre 5 et 7,4 (intervalle de pH très courant dans le monde notamment en zone tropicale). Par contre à 4 °C, le pouvoir infectieux du coronavirus CMHV reste stable pour un pH compris entre 3 et 10, supportant alors un milieu plus acide que le vinaigre[187]. Le TGEV (autre coronavirus testé) est, lui, resté infectieux à un pH compris entre pH 5 et pH 7 à 37 °C, alors qu'à 4 °C, il restait stable dans une plage de pH beaucoup plus large (pH 5 à pH 8)[194], plage dont les limites[194], dans la nature, se rapprochent des préférences d'espèces dites extrêmophiles ;
  • la Salinité ? Peu de données semblent disponibles à ce sujet, mais Daniel & Talbot ont dès 1987 signalé que le MHV-A59 (proche du SARS-CoV) normalement inactivé en 14 jours à 37 et 22 °C ou en 25 minutes à 56 °C se montre protégé en présence de chlorure de magnésium (constitutif de certains sel de déneigement) ou de sulfate de magnésium[187] (couramment utilisé comme engrais ou pour certains soins de la peau (spas) ou pour flotter dans un caisson d'isolement)…
  • la durée d'« incubation » : toutes choses égales par ailleurs, au-dessus d'une certaine température (nettement au-dessus de 4 °C) plus le temps passe, moins les coronavirus restent infectieux dans l'eau ; surtout si la température de l'eau tend vers 25/30 °C[178]. Nota : dans la nature des eaux à 25-30 °C et riches en matière organique favorisent le manque d'oxygène et la pullulation d'autres micro-pathogènes, bactériens notamment).

Nota :

  • Les eaux usées décantées pasteurisées s'acidifient naturellement en quelques semaines mais en restant dans la plage de stabilité du MHV (coronavirus proche du SRAS) ; son déclin plus rapide dans ce milieu pourrait donc ne pas être lié à la variation du pH ; c'était déjà la conclusion d'autres travaux, de Yates et al. en 1985 notamment[188] ou de Sobsey et al. en 1980 qui en déduisaient que les eaux usées contiennent naturellement des composés antiviraux[195], probablement à haut poids moléculaire[196] (peut être des molécules utilisés par des bactéries ou d'autres micro-organismes pour se défendre contre les virus ?)[178] ;
  • les études faites en laboratoire n'ont pas exposé l'eau aux UV solaires comme elles le seraient dans la nature ;
  • des études faites sur la survie d'autres types et sérotypes de virus humains dans l'eau ont aussi montré qu'elle variait selon le sérotypte testé (ex. pour 3 sérotypes de Coxsackie B3, l'echovirus 7 et le poliovirus 1)[189], mais cet aspect ne semble pas avoir fait l'objet de recherche sur le SRAS (notamment, car il ne peut être étudié que dans des laboratoires hautement sécurisés)[178]. Dans le cas de ces trois virus (n'appartenant pas au groupe des coronavirus), les facteurs de prédiction de leur survie étaient la dureté et la conductivité, et on notait une forte corrélation entre ces deux points ; la turbidité et la concentration des solides en suspension, et ici aussi on notait une forte corrélation entre ces deux points ; et le nombre de générations bactériennes qu'un échantillon était capable de supporter, point qui avait une corrélation avec la dureté et la conductivité[189] (la biomasse bactérienne ne semble pas propice à la survie du virus) ;
  • Il ne semble pas y avoir eu de test en eau de mer (où des eaux de stations d'épuration sont parfois rejetées). En cas d'inondation il est fréquent que les égouts débordent, mais le virus pourrait être plus rapidement dégradé dans les eaux usées brutes ou dans un sol riche en bactérie (par l'activité protéolytique naturelle des bactéries)[178].
Propagation par aérosolisation de virus (expirés ou fécaux) ; risques associés

Le grand public connait surtout la contagion liée à des aérosolisations par l'expiration, la voix, le cri, la toux, et l'éternuement. Mais des aérosolisations de matières fécales, de liquides ou boues d'épuration contenant le virus, et produisant des micro- ou nanoparticules infectieuses sèches sont possibles. Ces aérosols peuvent ensuite être inhalées ou ingérés. Ce phénomène a été démontré pour le norovirus en 2003[197], l'hantavirus[198],[199] ou le SRAS dans le cas du cluster de l'immeuble d'Amoy Gardens à Hong Kong[178].

Le risque d'expansion par l'eau et les enjeux hydriques sont à contextualiser

Par exemple dans certains pays les eaux d'assainissement ou d'épuration sont directement réutilisées pour l'irrigation de cultures ou de boisements, parfois directement par aspersion ; les boues d'épuration peuvent être épandues par des systèmes mécaniques les dispersant en les fragmentants en petites particules ; les aérateurs de surface ou les rideaux de bulles ou les cascades oxygénant les bassins d'épuration sont sources locales d'aérosols pouvant être emportés par le vent, etc. La réutilisation des excréta est une source de nutriments pour l'agriculture. En Inde les excréments peuvent être collectés par des intouchables, sans protection adéquates. Localement (aux Pays-Bas par exemple) l'eau épurée peut réalimenter la nappe phréatique après passage sur un épais filtre à sable. Dans les régions karstiques les eaux superficielles des eaux de surface peuvent très facilement contaminer les nappes. Localement, le plafond des nappes est naturellement haut, parfois au-dessus du niveau des égouts (qui peuvent fuir). Selon M. V. Yates, C. P. Gerba et L. M. Kelley en 1985 Plus de 50 % des éclosions de maladies d'origine hydrique aux États-Unis étaient dues à la consommation d'eau souterraine contaminée. On estimait que 65 % des cas de ces flambées sont causés par des virus entériques tout en sachant peu de choses sur la persistance des virus dans les eaux souterraines[188].

En outre des études plus poussées sont nécessaires sur la survie du SRAS-CoV-2 dans les gouttelettes fécales et/ou d'eaux usées et dans les particules issues de leurs aérosolisations afin d'évaluer l'importance épidémiologique de cette source de contagion.

Mais 10 ans avant la pandémie de Covid-19, Casanova et al., sur la base des données présentées ci-dessus sur le SRAS et des virus proches concluaient déjà que les coronavirus peuvent survivre assez longtemps dans l'eau et les eaux usées pour que ces véhicules servent de source d'exposition. Le potentiel de survie à long terme, associé au modèle de transmission des gouttelettes fécales en suspension dans l'air, suggère que les milieux aqueux contaminés par des matières fécales pourraient poser un risque pour la santé lors de futures éclosions. Si l'eau ou les eaux usées contaminées par le SRAS-CoV sont aérosolisées, cela pourrait potentiellement exposer un grand nombre de personnes à l'infection. Cela pourrait créer un risque permanent lors d'une épidémie, même avec des mesures de quarantaine pour isoler les personnes infectées. Les réseaux d'eau et d'égouts commerciaux, résidentiels et hospitaliers contaminés par le SARS-CoV infectieux persistant pourraient faire échouer les mesures de quarantaine en continuant à propager le virus même après que les individus infectés ont été retirés de la zone[178].

En complément des mesures de quarantaine et d'autres mesures barrières, le rôle et la sécurité des systèmes sanitaires et notamment de plomberie/égouts/stations d'épuration/épandages doit être examiné en fonction de ce que l'on sait de la cinétique de survie et d'inactivation du SRAS-CoV dans l'eau, les eaux usées et d'autres milieux aqueux[178] ajoutaient-ils. Les égoutiers et personnels de station d'épuration ou en charge de l'épandage de boues devraient prendre des précautions en termes de tenues de protection.

Recommandations sur l'épandage des eaux ou boues d'assainissement ou d'épuration

Exemple : en France, en , l'ANSES (saisie sur ce sujet par les ministères en charge de l’Agriculture et de la Transition écologique et solidaire) a en France recommandée d'attendre la fin de la pandémie de Covid-19 pour épandre les boues non-traitées (hygiénistes) sur les champs, mais en jugeant le risque de contamination par le SARS-CoV-2 faible à négligeable pour celles qui ont subi un traitement hygiénisant conforme à la réglementation. L'ANSES ne disposait pas de données permettant de savoir à partir de quelle durée de stockage le virus serait inactivé[200].

Mesures de confinement en République populaire de Chine

Province du Hubei

Villes du Hubei sous quarantaine (transports)
Ville Début de
quarantaine
Population
estimée
Source
Wuhan 11 081 000 [201],[202]
Huanggang 6 630 000 [201],[203]
Ezhou 1 077 700 [201],[204],[205]
Chibi 490 900 [206]
Jingzhou 5 590 200 [207]
Zhijiang 497 600 [208]
Yichang 4 135 900 [209]
Qianjiang 966 000 [210]
Xiantao 1 140 500 [211]
Xianning 2 543 300 [212]
Huangshi 2 470 700 [213]
Dangyang 469 600 [214]
Enshi 777 000 [215]
Xiaogan 4 915 000 [216]
Jingmen 2 896 500 [217]
Total 45 681 900
Habitants de Wuhan faisant la queue devant une pharmacie pour acheter des masques chirurgicaux.
Réquisition et transformation du centre sportif de Tazi Lake de Wuhan en hôpital-refuge Fangcang pour le traitement centralisé des personnes infectées par la « pneumonie de Wuhan ».

Le , le gouvernement chinois met en quarantaine trois villes de la province de Hubei très impactées par le virus, et dont elles seraient le berceau, pour contenir le risque de pandémie : Wuhan, Huanggang et Ezhou, soit plus de vingt millions d'habitants[218]. Tout trafic aérien, ferroviaire, routier et fluvial à destination et en provenance de ces trois agglomérations, dont les transports publics (autobus, métro) sont suspendus[219].

Les lieux publics de divertissement (salles de cinéma, de spectacle, cybercafés...) sont fermés. Personne ne peut quitter la ville sans autorisation[218] mais le maire de Wuhan, Zhou Xianwang a estimé que cinq millions d'habitants avaient déjà quitté la ville avant sa mise en quarantaine[220],[221]. L'autorité sanitaire de Wuhan rend obligatoire le port d'un masque facial dans les lieux publics sous peine d'amende[222]. Et la ville lance le la construction de deux hôpitaux de campagne, dont l'hôpital Huoshenshan, qui sur 25 000 m2 peut accueillir jusqu'à mille patients[223] et l'hôpital Leishenshan pouvant accueillir mille six cents patients, ces hôpitaux sont placés sous la direction de l'Armée populaire de libération[224].

Le , la zone de quarantaine est élargie à presque toute la province de Hubei (environ 56 millions d'habitants)[225].

Le [226], Tang Zhihong, responsable de la santé de Huanggang, est licenciée par les autorités chinoises pour son incapacité à répondre aux questions sur l'étendue de la maladie dans sa ville au cours d'un reportage à la télévision nationale chinoise. Son intervention provoque plus de 500 000 commentaires sur les réseaux sociaux chinois, la plupart en colère contre cette dirigeante[227].

Le , la République populaire de Chine décide de rapatrier les habitants de Wuhan vivant à l'étranger en raison des difficultés pratiques auxquelles sont confrontées à l'étranger les résidents de la province du Hubei, et en particulier ceux de Wuhan[228].

Les hôpitaux-abris Fangcang (vastes hôpitaux temporaires rapidement construits et à faible coût car dans des lieux publics existants tels que les stades, lieux d'exposition ; etc.) sont lancés le  ; durant 35 jour, des milliers de patients léger à modéré y ont été isolés des activités sociales, sous surveillance médicale, hors de leurs familles et communautés, nourris et abrités[229]. Le , après 35 jours de fonctionnement, ils ont tous pu fermer leurs portes[230].

Autres villes et régions chinoises

Certains bourgs décident de se barricader et ne plus laisser entrer d'étrangers pour éviter toute contamination. Ainsi, par exemple, à l'entrée du village de Tianjiaying (situé à 45 minutes de route de Pékin), plusieurs habitants érigent un barrage et les visiteurs étrangers ont interdiction formelle de le franchir. Les quelque 1 700 résidents, eux, doivent montrer patte blanche pour entrer dans le village. Ils doivent s'enregistrer en donnant leur nom, leur numéro de téléphone portable, leur numéro de carte d'identité et la liste des villes qu'ils ont récemment visitées. Enfin, un test de température est réalisé ; si celui-ci s'avère positif, la personne est invitée à effectuer un séjour dans l'hôpital le plus proche[231],[232].

La crise sanitaire provoque aussi l'inflation du prix des masques en Chine. À Pékin, un pharmacien est condamné à une amende de trois millions de yuans pour avoir fait passer le prix des masques de 143 yuans à 850 yuans[233].

Pékin

À Pékin, située pourtant à plus de mille kilomètres au nord de Wuhan, les festivités du Nouvel An chinois prévues le sont annulées, tandis que la Cité interdite est fermée jusqu'à nouvel ordre afin d'éviter des contaminations liées au rassemblement de visiteurs[234]. Le , alors que les congés du Nouvel An chinois devaient prendre fin quatre jours plus tard, les autorités décident de les prolonger de trois jours afin de limiter les risques de contagion[235].

Shanghai

À Shanghai, qui se trouve à moins de sept cents kilomètres à l'est de Wuhan, le parc Shanghai Disneyland ferme également ses portes le [236].

Hong Kong
Le plus grand site de quarantaine de Hong Kong, en cours de construction à pleine vitesse dans le Parc et village vacances de Lei Yue Mun, devant être achevé en 1 à 2 mois, alors que la pandémie à coronavirus se développe (5 février 2020).

À Hong Kong (neuf cent trente kilomètres au sud de Wuhan), les autorités transforment quatre sites dont des camps de vacances en zones de quarantaine destinées aux personnes susceptibles d'avoir été en contact avec des porteurs du coronavirus et envisagent des bracelets électroniques pour les personnes placées en quarantaine à domicile[237]. Le , les parcs de loisirs du territoire (dont Hong Kong Disneyland et Ocean Park Hong Kong) ferment leurs portes[238]. Le , Hong Kong interdit l'entrée sur son territoire des personnes résidant dans la province de Hubei ainsi que de tout voyageur y étant passé au cours des deux dernières semaines, à l'exception des Hongkongais[239].

Les écoles sont fermées, au moins jusqu'au [240].

Le , un chien testé positif mais sans symptôme de la maladie est placé en quarantaine[241].

Progression du coronavirus en République populaire de Chine

Carte animée des cas confirmés de Covid-19 se propageant en Chine continentale, Macao, Hong Kong et sur l'île de Taïwan à partir du .

La République populaire de Chine modifie deux fois les méthodes de comptage des malades. Le , sont introduits des critères d'imagerie médicale que le patient soit testé positif ou non pour la recherche du virus par PCR sur un prélèvement dans la gorge. Ce premier changement explique l'augmentation brutale des cas au [166]. Une semaine après, la Chine revenait au critère uniquement virologique[242].Macao et Hong Kong déclarent chacun un cas le [243].

Le , après la découverte d'un cas à Lhassa, le chef-lieu de la Région autonome du Tibet jusqu'ici épargnée, toutes les régions chinoises sont infectées[231].

Début , le nombre de décès en République populaire de Chine dépasse celui de l'épidémie de SRAS en -[244].

Évolution de la pandémie en Chine[245],[246],[247]. En rouge les décès cumulés, en jaune les cas sous traitement, en violet le nombre de nouveaux cas et en bleu les patients guéris.

Doutes sur la fiabilité des informations et des statistiques chinoises

Des doutes sur la fiabilité des informations fournies par la Chine se sont fait jour assez rapidement : dès le mois de , Frédéric Lemaître, correspondant du Monde à Pékin, soulignait que « si autant de personnes doutent des chiffres officiels, c’est que la Chine a perdu la bataille de la communication... » Les raisons des doutes qu'il formulait alors tenaient au fait que la Chine avait dissimulé l'importance de l'épidémie pendant trois semaines, à la censure exercée envers tous ceux qui cherchaient à enquêter, et enfin à l'ampleur des moyens mis en œuvre avec notamment la mise en quarantaine de toute la province du Hubei, qui laissaient penser que des telles mesures dissimulaient une situation beaucoup plus grave qu'annoncée[248].

Vers la fin du mois de mars, un certain nombre de sources commencent à mettre en cause la fiabilité et même la réalité des statistiques de mortalité chinoises[249],[250],[251],[252],[253].

Selon l'infectiologue Karine Lacombe, de nombreux éléments des informations transmises par la Chine semblent douteux : selon elle l'épidémie a sans doute commencé en Chine beaucoup plus tôt qu'annoncé, probablement dès le mois de  ; quant aux chiffres de mortalité annoncés, ils semblent difficiles à croire au vu de la mortalité constatée en Italie ou en Espagne. De son côté, Patrick Berche, ancien directeur de l'institut Pasteur, a également beaucoup de mal à croire à la réalité du nombre de morts annoncé par la Chine, même en prenant en compte les mesures de confinement prises. Le nombre d'urnes funéraires reçues par plusieurs salons funéraires de Wuhan accroit encore le doute, puisque certains salons ont reçu chacun des quantités d'urnes égales ou supérieures à la totalité des morts du coronavirus déclarés par la Chine pour la ville de Wuhan (soit 2 535 morts)[249].

Ouest-France revient également sur la disparité considérable entre les livraisons d'urnes funéraires faites aux huit funérariums de la ville de Wuhan (plusieurs milliers d'urnes pour chacun) et le nombre total de morts du coronavirus annoncé pour la ville. L'opacité est accrue par le fait que, selon les journalistes de l'agence Bloomberg, six des huit funérariums de Wuhan ont déclaré ne pas être autorisés à divulguer des chiffres[251]. Ces informations sont également passées en revue par Europe 1[250] et par La Libre Belgique[252].

Fox News met également fortement en doute le décompte officiel des morts de Wuhan (2 535 morts), l'activité extrême des crématoriums de la ville pendant l'épidémie conduisant plutôt à un nombre de décès de 42 000 personnes, voire de plus de 46 000[254]. En revanche, si une baisse pendant la crise du nombre d'abonnements téléphoniques, de 21 millions d'usagers pour les portables et de 850 000 pour les lignes fixes, semble avérée et peut paraître étrange pendant un confinement[255], AP News attribue cette baisse au changement des habitudes et des relations sociales pendant l'épidémie, entrainant notamment la résiliation d'abonnements multiples[256].

La Libre Belgique avance plusieurs hypothèses pour expliquer un tel décalage entre les chiffres officiels et la réalité probable : tout d'abord, les autorités chinoises, comme les autres pays de façon générale, ne prennent en compte que les morts constatées dans les hôpitaux ; mais ceux-ci auraient été tellement submergés par l'afflux brutal des malades que de nombreuses personnes seraient mortes chez elles, faute de pouvoir être admises à l'hôpital. D'autre part, de nombreuses personnes seraient mortes après avoir été victimes de symptômes similaires à ceux de la Covid-19, mais sans avoir jamais été testées, et ne figureraient donc pas dans les statistiques officielles[252].

Deborah Birx, l'immunologiste du département d'État qui conseille la Maison blanche sur les mesures à prendre pour faire face à la pandémie, a déclaré mardi 31 mars que les statistiques officielles publiées par la Chine avaient influencé la façon dont le reste du monde avait appréhendé la nature du virus[257]. Cette déclaration fait suite à un rapport classifié des services de renseignements américains remis la semaine précédente à la Maison blanche, affirmant en substance que la Chine avait dissimulé l'étendue de l'épidémie de coronavirus chez eux, en sous-estimant dans leurs statistiques à la fois le nombre total de cas et le nombre de morts dus à la maladie[257],[258],[259].

Mercredi , le gouvernement américain, en la personne de Mike Pompeo, remet en cause l'origine de l'épidémie, en lançant une enquête sur l'hypothèse selon laquelle le SARS-CoV-2 proviendrait d'un laboratoire situé à Wuhan qui travaillait sur les virus d'origine animale, et non du marché de poissons de Wuhan comme on le pensait jusque là[260]. The Washington Post rappelle à ce sujet que l'ambassade américaine en Chine avait alerté par deux fois le département d'État américain, deux ans auparavant, sur les mesures de sécurité insuffisantes mises en œuvre par l'Institut de virologie de Wuhan[261].

Deux jours plus tard, le , il est annoncé que le bilan des décès constatées à Wuhan a été révisé en hausse de 1 300 morts environ par les autorités chinoises, pour atteindre le nouveau chiffre officiel de 3 869 morts pour la seule ville de Wuhan[262].

Le , le professeur Petr Chumakov, chercheur en chef à l'Institut Engelhardt de biologie moléculaire de Moscou, déclare au journal Moskovski Komsomolets que les scientifiques du laboratoire de Wuhan sont activement impliqués dans le développement de diverses variantes de coronavirus depuis plus de 10 ans. Il soutient que les chercheurs chinois, sans intention malveillante, ont modifié le génome pour que le virus puisse infecter les cellules humaines[263].

Le , Mike Pompeo réitère ses accusations contre la Chine et affirme qu’il existe un « nombre significatif de preuves » que le nouveau coronavirus provient d'un laboratoire de la ville chinoise de Wuhan[264]. Il refuse cependant de livrer les preuves à l'appui de son affirmation[265]. Les services de renseignement américains avaient annoncé peu auparavant être parvenus à la conclusion que le nouveau coronavirus n’avait pas été créé par l’Homme ou modifié génétiquement : « Les services de renseignements rejoignent le large consensus de la communauté scientifique pour convenir que le virus du Covid-19 n’a pas été créé par l’Homme ou modifié génétiquement », selon le communiqué de la direction nationale du renseignement, mais n’excluent pas qu’un accident à l’institut de virologie de Wuhan puisse être à l’origine de la pandémie[266].

La très grande majorité des études scientifiques concluent que la Covid-19 est d'origine animale. Aucune trace d'une quelconque intervention humaine n'a été relevée[265].

Censure et propagande du gouvernement chinois

Censure

Le virus est apparu dès décembre à Wuhan, cependant les autorités n'ont officiellement reconnu la gravité de l'épidémie[à définir] que le . Entre temps, toute référence au nouveau coronavirus a été censurée. C'est ce que montre une étude canadienne qui a analysé les termes censurés sur l'internet chinois pendant cette période[267]. Cette étude révèle notamment qu'à partir de fin décembre, la messagerie WeChat a bloqué des mots-clefs tels que « pneumonie inconnue de Wuhan » ou « virus »[268].

Le , huit médecins de Wuhan sont arrêtés et accusés de diffuser de fausses informations sur le virus. ils travaillent au service de neurologie de l'hôpital de la Croix-Rouge, à l'université de médecine ou au centre de cancérologie. L'un, Li Wenliang mort du coronavirus peu après, accusé d'avoir annoncé que sept de ses patients étaient atteints du SRAS, a été forcé par la police à signer un engagement à ne plus publier de tels messages[269].

Le , le laboratoire du Shanghai Public Health Clinical Center est fermé pour « rectification ». La veille, l'équipe du professeur Zhang Yongzhen de ce laboratoire avait publié les premières recherches sur le génome du SARS-CoV-2[270].

Depuis le et contrairement à ce qui s'était passé lors de l'épidémie de SRAS en 2002-2003, la République populaire de Chine communique beaucoup sur cette pandémie bien que les autorités n'aient pas immédiatement perçu la gravité de la situation, par exemple, en n'annulant pas un banquet de 40 000 personnes le , quatre jours avant la mise en quarantaine de Wuhan, ce que le maire de la ville reconnaîtra publiquement être une erreur[271]. Néanmoins, la presse fait savoir que critiquer le gouvernement au sujet de sa lutte contre la pandémie est passible de prison[272].

Le , la Cour populaire suprême chinoise réhabilite les huit médecins arrêtés le . Les réseaux sociaux chinois se sont emparés de l'affaire, accusant notamment le pouvoir de vouloir cacher la gravité de la situation. Cette réhabilitation pourrait être une réponse aux critiques sur sa gestion de crise, tout en reportant la faute sur les autorités politiques locales ensuite accusées d'avoir fait pression sur les scientifiques et d'avoir minimisé l'étendue de l'épidémie[269].

L'épidémie est également l'occasion pour le régime de renforcer la censure d'Internet. Début février, le contrôle des réseaux sociaux a été renforcé[273]. Les géants chinois d'internet ont été placés sous contrôle direct du régime[274].

Propagande du gouvernement chinois

Selon plusieurs médias, et depuis les tout débuts de l'épidémie, le gouvernement chinois essaye de minimiser voire de nier son implication dans la pandémie, usant de divers moyens de désinformation pour rejeter la faute sur d'autres[275],[276] et tente de mettre en avant l'aide désintéressée qu'il apporterait aux pays occidentaux[277], semblant oublier l'appel à l'aide internationale qu'il a lui-même déclenché en janvier[278] et le fait que les prix des produits qu'il vend aux pays occidentaux subissent des hausses très importantes à cause de la très forte demande internationale[279].

Propagation mondiale du coronavirus

La pandémie aurait émergé sur un marché de Wuhan mi-. Elle se répand en Chine puis dans les pays voisins. Plusieurs navires de croisières sont touchés par la maladie[25],[1],[280],[281],[282], et sa propagation rapide à bord permet aux épidémiologistes de mesurer peu à peu sa vitesse et sa capacité à se propager, tandis que des lieux de rassemblement plus large en plusieurs points du globe se révèlent particulièrement propagateurs et disséminateurs, les autorités prévenant ou réagissant plus ou moins à temps.

Le , le pays ayant confirmé officiellement le plus de cas et de décès était les États-Unis, avec plus d'1 million de contaminations.

En Asie

En Corée du Sud

La Corée du Sud constitue dès la fin du mois de février le plus important foyer de l'épidémie hors de la Chine[283], en grande partie autour de Daegu, 2,5 millions d'habitants, qui prend des allures de ville morte[284]. L'Église Shincheonji de Jésus, secte chrétienne dont les fidèles pensent que le fondateur Lee Man-hee emmènera 144 000 personnes au paradis le jour du Jugement dernier[283],[284] y est implantée. Fiévreuse le mais diagnostiquée seulement le comme le 31e cas du pays, un mois après le premier, une de ses fidèles a côtoyé 1 160 personnes lors de deux services religieux et d'un diner en groupe[285]. Vingt nouveaux cas sont dépistés le lendemain[286], puis 53 le 20[287] pour un total de 833 contaminations le 24[284]. Le maire de Daegu relève alors qu'environ 85 % des 292 cas enregistrés dans sa ville ont un lien avec la secte[283], dont 9 300 membres à Daegu sont placés en quarantaine ou à l'isolement chez eux[283]. Ces fidèles constituent 129 des 161 nouveaux cas[284] observés sur la seule journée du , selon le Centre coréen pour le contrôle et la prévention des maladies[283]. Dix-huit d'entre eux rentraient d'un pèlerinage en Israël[284]. Le second foyer de contagion du pays est à l'hôpital Daenam de Cheongdo, à une quarantaine de kilomètres de Daegu[283], avec plus d'une centaine de cas, pour la plupart traités pour des problèmes psychiatriques[283]. Le , alors que l'épidémie a fait cinq morts, puis deux autres le lendemain[283], le président coréen Moon Jae-in a prolongé d'une semaine la fermeture des écoles du pays[283] et décidé de renforcer pendant deux semaines la surveillance des personnes en provenance de Chine[283].

En Malaisie, Inde et Pakistan

Malgré la vitesse de propagation constatée en Corée du Sud, les jours et les semaines suivantes plusieurs rassemblements organisés par le mouvement piétiste Tablighi Jamaat auraient à leur tour contribué à l'expansion de la Pandémie hors de Chine, selon les experts.

  • Le 27 février, dans une banlieue de Kuala Lumpur, en Malaisie, pays qui ne compte encore que 22 cas[288], 18 000 fidèles de 20 nationalités asiatiques différentes sont réunies par le Tablighi Jamaat[288]. Le pays passe de 50 à 500 cas la semaine qui suit[288]. Deux tiers des cas de coronavirus en Malaisie auraient selon les experts été causés lors de cette première réunion[289]. Parmi les personnes contaminées, également des ressortissants de Brunei et du Cambodge. La Malaisie a fermé les lieux de culte après cet épisode[288]. Le principal Foyer de contagion de la Pandémie de coronavirus dans ce pays découle de cette réunion du Tablighi Jamaat[290]. Avec plus de 1 300 cas d’infection et dix morts au [290], la Malaisie était fin mars le pays officiellement le plus touché par le virus dans la région Asean. L’armée a été mobilisée le , pour faire respecter le principe d'un seul conducteur par véhicule et le port d’un masque[290], quand le ministre de la défense, Ismaïl Sabri a révélé que plus de la moitié de la population avait plus ou moins ignoré les ordres de restrictions de mouvement décrétés le 18 mars[290].
  • Du 10 au 12 mars, une centaine de milliers de prêcheurs venus de 80 pays se retrouvent à Lahore,capitale de la province du Pendjab, dans le Pakistan, pays où la détection du premier cas remonte au [291]. Au moins 154 pèlerins avaient, au , été testés positifs au SARS-CoV-2 dans le Pendjab et la région voisine du Sind, dont deux décédés[292]. Prévu pour cinq jours, le rassemblement est écourté, après une seule journée de réelle affluence, en raison de la pandémie[291]. Plusieurs participants sont testés positifs dès leur retour chez eux[291]. Parmi eux, les deux premiers cas de coronavirus recensés le dans la Bande de Gaza[293],[291],[294],[295]. Les personnes contaminées à Lahore pourraient représenter 1 023 cas en Inde, soit 30 % du total dans le pays[296]. Au Pakistan, où seulement 41 personnes sont mortes du nouveau coronavirus sur 200 millions d'habitants[292], les autorités de tous les districts tentent de retrouver les personnes qui ont assisté à l'événement[297] et que « environ 100 000 personnes » y ont participé[292], dont 7 à 8 000 participants placés en quarantaine dans la province du Pendjab[292], parmi lesquels plus de 900 étrangers — Chinois, Nigérians, Afghans ou encore Turcs[292]. Un membre du gouvernement de la province voisine du Sindh a signalé « 300 à 400 pèlerins s'y baladant » et des centaines de confinés[292]. Selon lui, il aurait fallu interdire ce rassemblement, appelé à devenir « une source majeure propagation de l'infection »[292].
  • À la mi-mars dans la capitale indienne New Delhi, une congrégation du Tabligh Jamaat réunit 3 000 pèlerins[298]. Quelques jours après, les autorités interdisent tout rassemblement, mais ces responsables religieux défient ces instructions[298], ce qui a provoqué une traque de ses participants, après qu'au moins 10 pèlerins indiens soient morts de la Covid-19[292]. En Inde, une crise sanitaire majeure se dessine[298]. Plus d’un millier de pèlerins ont cependant été retrouvés et placés en quarantaine[298] tandis que le confinement a amené plusieurs milliers de travailleurs pauvres, le pus souvent des journaliers, à quitter les grandes villes, à pied, vers leurs villages[299].
  • Le 18 mars en Indonésie, plus de 8 000 croyants musulmans venus du monde entier et de toute l’Asie du Sud-Est[300], se sont réunis par ailleurs à l'appel du mouvement piétiste, malgré la demande des autorités de repousser l'événement, dans la province de Sulawesi du Sud, au centre du pays[301].

En Europe

En France

Le 31 janvier, un Airbus A340 de l’Escadron 3/60 Estérel, basé à Creil dans le département de l'Oise, rapatrie 193 ressortissants français de Wuhan jugés tous asymptomatiques après contrôle médical[302],[303]. Les aviateurs équipés de masque FFP2[303],[302] n’ont pas posé pied en Chine[303],[302], puis passent 14 jours à domicile, pour un « protocole de surveillance »[303],[302]. Un enseignant de 60 ans du collège Jean-de-La-Fontaine de Crépy-en-Valois dans l'Oise, habitant à Beaumont-sur-Oise décède dans la nuit du 25 au sans s'être jamais rendu dans une zone à risque[304],[305]. Il était en arrêt de travail depuis le , deux jours avant les vacances scolaires[305] puis en réanimation à l'hôpital de Compiègne où son infection n'a été découverte qu'à son transfert à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière de Paris, selon un membre du personnel[306]. Le gouvernement annonce le 26 février deux hospitalisations, à Paris une Franco-chinoise de 33 ans, revenue de Chine le et à Annecy un Français de 64 ans, de retour de Lombardie[305],[307] puis une troisième, un militaire de 55 ans de la base de Creil dans « un état grave » au CHU d'Amiens[306] après avoir été en réanimation à celui de Compiègne. Le Parisien révèle le [308] qu'ils ont été contaminés, par l'un des aviateurs[309] puis que 18 personnes ont été testées positives le [309] dans l'Oise. Trois malades sont constatés le [310], puis d'autres, hospitalisés à Tourcoing et dans l'Oise, parmi les 2 300 salariés de la base de Creil[310],[302], dont la moitié sont renvoyés chez eux le 3 mars. Deux autres rapatriements ont lieu les 2 et , mais par des vols et des personnels civils[310].

Le 17 février débute à Mulhouse, en Alsace, un rassemblement évangélique de 4 jours de 2 500 personnes venues de tout le pays[311]. Le médecin qui y a participé estimera à 2 000 les participants contaminés, relevant l'estimation initiale d'un millier[312]. Très tôt, cela conduit à contaminer de nombreuses personnes à travers le pays[313].

En Italie

En Italie, selon une étude, le virus aurait pu circuler dès janvier sans avoir été identifié[314],[315] et le 40 000 bergamasques et 2 500 supporters espagnols assistent à un match de foot à Milan[316] contre Valence, où une personne est décédée du coronavirus le 13 février sans qu'on ne puisse le découvrir avant le 3 mars via un test post-mortem, et au cours duquel le virus a probablement circulé selon les avis exprimés par des médecins en mars. Si la province de Bergame, fortement urbanisée autour de la ville du même nom, ne représente que 1,5 % de la population italienne, elle va subir le tiers des décès officiels de l'Italie en mars, selon une enquête auprès des 243 municipalités[317], en raison de la saturation très rapide des hôpitaux.

Vénétie

À Vo'Euganeo, près de Padoue, un maçon de 78 ans décède le vendredi . Les six cas passent à près de 150 le surlendemain. Les autorités ont soumis à des tests huit ressortissants chinois qui fréquentaient le même bar mais se sont révélés négatifs[318]. Le président de la région Luca Zaia s'est par conséquent dit « préoccupé » que le patient zéro n'ait pas été trouvé[318] et décide le 23 février l'interruption du célèbre Carnaval de Venise[284], deux jours avant sa fin[318] puis le lendemain un cordon sanitaire total établi par l'armée autour de Vo'Euganeo, où l'Université de Padoue démarre le dépistage de la totalité des 3 000 habitants.

Lombardie

Le « patient 1 » est un cadre d'Unilever de 38 ans, testé le [319] et travaillant à Casalpusterlengo, où 120 salariés sur 160 sont testés[318]. L'un de ses amis est revenu de Chine en janvier, mais « sur la base des tests effectués, n'a pas développé les anticorps », selon le ministère de la Santé[318]. Une femme de 77 ans décède[318] le samedi 22 à Codogno, 15 000 habitants, où beaucoup travaillent à Milan, à 60 km[318]. Le lendemain , alors que 203 cas positifs ont été dépistés dans 5 régions d’Italie, dont plus de 150 en Lombardie, cette région ordonne la fermeture des bars, musées, écoles, suivie par 5 autres régions du nord du pays[320]. Les trains de la société privée Trenord ne s'arrêtent plus à Codogno ni dans deux villes voisines[318]. Tout près, à Casalpusterlengo, des files d'attente apparaissent le dimanche devant le supermarché Lidl[318]. La police arrête tous les véhicules circulant entre les villages[318]. « Nous allons rapidement installer un blocus total », déclare à l’AFP un policier, avec des sanctions allant jusqu’à trois mois de réclusion[318]. Le 24 février, il est décidé d'étendre la quarantaine à 11 villes, dont Vo'Euganeo et dix dans le périmètre de Codogno[318], pour deux semaines, après 5 décès pour 152 cas, dont 112 en Lombardie et 22 en Vénétie (région de Venise-Padoue)[318], pour un total de 52 000 habitants[284]. Le décret-loi est très strict : « Ni l'entrée ni la sortie ne seront autorisées sauf dérogation particulière », annonce le Premier ministre Giuseppe Conte[318]. Le , alors que 3 500 personnes sont contaminées, pour une centaine de victimes, bond de 20 % en une journée[321], et que 400 000 masques sont arrivés d'Afrique du Sud[321], le gouvernement ferme tous les établissements scolaires du pays jusqu'à mi-mars[321]. Les plus de 65 ans de Lombardie sont confinés chez eux en Lombardie[321] et les plus de 75 ans dans l'ensemble du pays[321]. Le , c'est 14 provinces italiennes et quinze millions d’habitants[322], dont ceux de Milan, capitale économique du pays[322], qui sont placés en quarantaine alors que 247 cas ont été répertoriés en 24 heures et 36 décès[322], portant le total des décès à 233 contre 16 en France[322]. Le gouvernement italien a décidé l'envoi de 20 000 personnes en renfort dans ses hôpitaux[322], pour porter de 5 000 à 7 500 le nombre de lits en soins intensifs[322]. Lors du confinement dans le Nord, de nombreux Italiens se mettent en protection dans le Sud, y diffusant la maladie[323].

En Autriche

« Le Kitzloch », un bar de la station de ski autrichienne d'Ischgl, appelée « L'Ibiza des Alpes » car elle attire chaque année des milliers de touristes mais aussi des personnalités de la jet-set internationale, devient un relais notable de dissémination vers l'ensemble de l'Europe, avec des cas avérés de transmission vers le Danemark, l'Allemagne, l'Islande et l'Autriche[324],[325]. Selon les gouvernements de plusieurs pays scandinaves, ce chalet-bar a conduit à contaminer des centaines de leurs ressortissants[326], car il s'y pratique le beer pong — un jeu américain avec échange de salive —, où on lance avec la bouche, une balle en plastique de verre en verre[327], tandis que pour se frayer un chemin à travers l'assistance des bars, les serveurs utilisent parfois des sifflets, dans lesquels des fêtards soufflent à l’occasion[327]. Le bar était étroit et bondé, selon un entraîneur de handball danois contaminé[328]. Sur les vidéos postées sur les réseaux sociaux, on voit des dizaines de Scandinaves chanter, collés les uns aux autres, bière à la main. Selon les estimations officielles, près de la moitié des 907 contaminés en Norvège, un tiers des 785 au Danemark et un sur six en Suède revenaient des stations de ski du Tyrol autrichien, principalement de celle d'Ischgl[329]. Pour les autres pays, aucune estimation n'a été publiée. Le problème surgit quand sont détectés le 1er mars plusieurs cas positifs chez des Islandais revenus de la station[329]. Tous les Islandais en revenant sont alors tous mis en quarantaine[329] mais les autorités autrichiennes rétorquent « qu’il y a peu de chance d’un point de vue médical que les contaminations se soient produites au Tyrol »[329]. Un serveur de 36 ans est dépisté le 7 mars et 22 personnes de son entourage mises en quarantaine, dont 16 déclarées positives le 9 mars[329]. Entre-temps, Anita Luckner-Hornischer, du département de la santé du Tyrol, maintient des propos rassurants le 8 mars[329]. Le bar est finalement fermé le 10 mars, dix jours après les dépistages en Irlande, et la station d’Ischgl, le 12[329], la commune étant mise en quarantaine le lendemain tandis que tout le Tyrol est confiné à partir du dimanche 15 mars[329]. Les frontières avec la Lombardie ont par ailleurs été fermées le 11 mars[329]. La région du Tyrol, critiquée pour ces retards, ne pouvait « prendre des mesures » qu'à partir d'« informations confirmées », selon un porte-parole interviewé par le quotidien Die Presse[329].

En Amérique

Continent Pays 1er cas officiellement confirmé 1er décès officiellement confirmé
Amérique du Nord Canada Le 28 janvier.

Ce 1er cas a été signalé au Québec. Il s'agit d'une femme de retour d'Iran qui a été hospitalisée quelques jours plus tard à l'hôpital de Verdun, près de Montréal.

Le 8 mars.

C'est un octogénaire qui est décédé. Cette personne avait déjà des problèmes de santé.

États-Unis Le 21 janvier.

Aux États-Unis, le 1er cas était un homme de retour d'une visite familiale à Wuhan, en Chine. En effet, c'est de cette ville qu'est parti le virus.

Le 29 février.
Mexique Le 28 février. Le 19 mars.

Il s'agit d'un homme de 41 ans. Atteint de diabète, il aurait été contaminé lors d'un concert de rock qui s'était tenu le 3 mars.

Amérique centrale Belize Le 23 mars.

Il s'agit d'une Bélizienne qui est revenue à San Pedro Town de Los Angeles, en Californie.

Suite à l'annonce de ce cas, tous les vols ont été cloués au sol.

-

Le pays a enregistré 2 décès au total au 7 mai.

Amérique du Sud Brésil Le 26 février.

Ce cas concernait une personne qui avait voyagé en Italie.

Le 17 mars.
Equateur Le 14 février.

Ce cas concernait une septuagénaire équatorienne résidant en Espagne.

Elle était revenue en Equateur ce même jour.

-

Le pays a enregistré 576 décès au total au 10 mai.

Guyana Le 11 mars.

Il s'agit d'une femme de 52 ans qui avait des problèmes de santé.

(Aucune information)
Pérou Le 6 mars.

Le 1er cas détecté au Pérou concernait un jeune homme de 25 ans qui a séjourné en Espagne, en France et en République Tchèque. Le virus était déjà présent dans ces trois pays européens.

-

Le pays a enregistré 1 444 décès au total le 6 mai.

Venezuela Le 13 mars.

Ce jour-là, ce sont 2 cas de Covid-19 qui ont été confirmés.

Le 26 mars.

En Amérique du Nord

Le 25 février 2020[330], le carnaval de La Nouvelle-Orléans offre une formidable caisse de résonance à la maladie qui se développe en Louisiane[330], passée d'un premier cas le 9 mars à une centaine en 7 jours, 300 en onze jours puis 1 000 en deux semaines, plus vite que n’importe où dans le monde[331]. Avec des preuves que le virus était présent, des gens venus du monde entier étaient dans les cortèges et ont partagé des colliers, des boissons selon la tradition carnavalesque du jet de collier de perles en plastique[330]. La maire de la ville, LaToya Cantrell, a accusé État fédéral de ne l'avoir pas mise en garde et d'avoir ordonné, seulement le 20 mars, le confinement des 400 000 habitants, suivi, le 24 mars, par celui des 4,6 millions d’habitants de l'État[330].

Cas particuliers des communautés autochtones isolées

Dans divers pays, les communautés indigènes et/ou isolées partagent des caractéristiques communes qui les rendent particulièrement vulnérables aux complications et à la mortalité liées à la Covid-19[332] ; elles sont souvent la cible de stigmatisation ou de discrimination et elles ont par le passé été décimées par des épidémies ou pandémies, notamment "respiratoires" (rhumes notamment induits par des coronavirus, tuberculose et grippe...)[333] mais aussi par la variole, la rougeole et d'autres maladies qui ont in fine fait disparaitre environ 80% des amérindiens après l'arrivée des occidentaux[334],[335]. et elles ont peu d'accès à l'eau chlorée, au savon et à un réseau d'assainissement (et encore moins aux tests, masques ou gel hydro alcoolique), par ailleurs l'accès à l'hôpital est long, parfois dangereux et implique d'emprunter des moyens de transports souvent bondés propices à la contagion, et les indigènes n'ont généralement pas les moyens de payer leurs soins ; à titre d'exemple récent : en 2009 la pandémie de grippe H1N1 a tué 3 à 6 fois plus d'autochtones que de non autochtones dans les Amériques et le Pacifique[336]). Enfin, isoler un malade peut ne pas être compris ou accepté dans les sociétés traditionnelles.

Ces communautés doivent souvent s'organiser avec plus ou moins d'aides des Etats souverains. Environ 370 million de personnes sont concernées dans plus de 90 pays, soit 5% environ de la population[337], généralement très éloignée des hôpitaux. Localement la gestion de crise est rendue plus difficile par l'éloignement, la pauvreté, le racisme, voire par un contexte de guerre ou de violents conflits locaux, par des différences culturelles et linguistiques ou par des interactions complexes avec la scolarisation des enfants, et avec certains réseaux (légaux ou illégaux), par exemple liés à la viande de brousse, à la déforestation ou à l'orpaillage. Parmi les premiers cas de COVI19 cités, la nation Navajo (États-Unis) a subi plus de décès que tout le reste du Nouveau-Mexique où la population est 13 fois plus grande[338] ; sur 7 amérindiens Yanomami du Brésil testés positives 9, trois sont décédées, dont un adolescent de 15 ans[333].

En Bolivie (où presque un habitant sur deux revendique des origines autochtones) l'Etat n'a pas publié de directive spécifique aux communautés autochtones, mais des anthropologues, médecins, chefs de tribus et responsables locaux se sont auto-organisé pour créer un plan de prévention et de confinement en plusieurs phase, s'appuyant sur l'isolement collectif volontaire, mais aussi sur une recherche de contacts entre chasseurs-cueilleurs Tsimane en Amazonie bolivienne. La phase 1 du plan développe l'éducation, la sensibilisation et la préparation. La phase 2 porte sur le confinement volontaire, la prise en charge des malades et la quarantaine[333]. Dans The Lancet, un article du 15 mai 2020 suggère que ce plan peut être adapté à d'autres contextes locaux, pour éviter une mortalité élevée et généralisée dans ces communautés[333].

Données de la pandémie par pays et territoires

Les cas sont répertoriés en fonction du lieu de détection et non en lien avec la nationalité des personnes concernées.

Propagation des cas confirmés de SARS-CoV-2 du au .
Nombre de cas confirmés total, par million d'habitants, en date du 27 mai 2020[339]. Le nombre de cas confirmés est inférieur au nombre de cas réels totaux, car les tests pour Covid-19 sont limités.
Évolution de la pandémie dans les différentes régions du monde les plus touchées. Cas par millions d'habitants, début de courbe quand une région dépasse un cas par million d'habitants[340].

 voir • disc. • mod. 
Données de la pandémie de Covid-19 pour le par pays et territoire

Lieux Confirmés Décès Rétablis % morts par
cas confirmés[d]
Morts pour
100 000 hab.[e]
190 5 887 020
(+ 115 367)
364 864
(+ 4 559)
2 493 417
(+ 77 575)
- -
Drapeau des États-Unis États-Unis[f] 1 746 019
(+ 24 266)
102 809
(+ 1 193)
406 446
(+ 6 455)
5,89 % 31,42
Drapeau du Brésil Brésil 465 166
(+ 26 928)
27 878
(+ 1 124)
189 476
(+ 11 872)
5,99 % 13,31
Drapeau de la Russie Russie 387 623
(+ 8 572)
4 374
(+ 232)
159 257
(+ 8 264)
1,13 % 3,03
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni[g] 272 607
(+ 2 099)
38 243
(+ 324)
1 172
(+ 5)
14,03 % 57,52
Drapeau de l'Espagne Espagne 238 564
(+ 658)
27 121
(+ 2)
150 376
(+ 0)
11,37 % 58,05
Drapeau de l'Italie Italie 232 248
(+ 516)
33 229
(+ 87)
152 844
(+ 2 240)
14,31 % 54,99
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 182 922
(+ 726)
8 504
(+ 34)
164 245
(+ 885)
4,65 % 10,25
Drapeau de l'Inde Inde 173 491
(+ 8 105)
4 980
(+ 269)
82 627
(+ 11 707)
2,87 % 0,37
Drapeau de la Turquie Turquie 162 120
(+ 1 141)
4 489
(+ 28)
125 963
(+ 1 594)
2,77 % 5,45
Drapeau de la France France[h],[i] 149 668
(+ 597)
28 714
(+ 52)
67 803
(+ 612)
19,19 % 42,86
Drapeau de l'Iran Iran 146 668
(+ 2 819)
7 677
(+ 50)
114 931
(+ 1 943)
5,23 % 9,39
Drapeau du Pérou Pérou 141 779
(+ 0)
4 099
(+ 0)
62 791
(+ 3 349)
2,89 % 12,81
Drapeau du Canada Canada 90 909
(+ 933)
7 063
(+ 81)
47 905
(+ 944)
7,77 % 19,06
Drapeau du Chili Chili 90 638
(+ 3 695)
944
(+ 54)
38 598
(+ 2 483)
1,04 % 5,04
Drapeau du Mexique Mexique 84 627
(+ 3 227)
9 415
(+ 371)
59 003
(+ 2 962)
11,13 % 7,46
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 82 999
(+ 4)
4 634
(+ 0)
78 302
(+ 11)
5,58 % -
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 81 766
(+ 1 581)
458
(+ 17)
57 013
(+ 2 460)
0,56 % 1,36
Drapeau du Pakistan Pakistan 64 028
(+ 2 801)
1 317
(+ 57)
22 305
(+ 2 074)
2,06 % 0,62
Drapeau de la Belgique Belgique[j] 58 061
(+ 212)
9 430
(+ 42)
15 682
(+ 110)
16,24 % 82,56
Drapeau du Qatar Qatar 52 907
(+ 1 993)
36
(+ 3)
20 604
(+ 5 205)
0,07 % 1,29
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[k] 46 328
(+ 176)
5 950
(+ 28)
178
(+ 0)
12,84 % 34,53
Drapeau du Bangladesh Bangladesh 42 844
(+ 2 523)
582
(+ 23)
9 015
(+ 590)
1,36 % 0,36
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 40 764
(+ 906)
224
(+ 5)
17 390
(+ 730)
0,55 % 2,36
Drapeau de l'Équateur Équateur 38 571
(+ 100)
3 334
(+ 21)
19 190
(+ 765)
8,64 % 19,51
Drapeau de la Suède Suède 36 476
(+ 749)
4 350
(+ 84)
4 971
(+ 0)
11,93 % 42,72
Drapeau de Singapour Singapour 33 860
(+ 611)
23
(+ 0)
19 631
(+ 1 337)
0,07 % 0,41
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 33 170
(+ 638)
260
(+ 2)
17 097
(+ 412)
0,78 % 2,7
Drapeau du Portugal Portugal 31 946
(+ 350)
1 383
(+ 14)
18 911
(+ 274)
4,33 % 13,45
Drapeau de la Suisse Suisse 30 828
(+ 32)
1 919
(+ 0)
28 300
(+ 0)
6,22 % 22,53
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud 29 240
(+ 1 837)
611
(+ 34)
15 093
(+ 723)
2,09 % 1,06
Drapeau de la Colombie Colombie 25 406
(+ 1 265)
855
(+ 22)
6 687
(+ 555)
3,37 % 1,72
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 25 216
(+ 678)
1 520
(+ 24)
6 492
(+ 252)
6,03 % 0,57
Drapeau du Koweït Koweït 25 184
(+ 1 072)
194
(+ 9)
9 273
(+ 575)
0,77 % 4,69
Drapeau de l'Irlande Irlande 24 876
(+ 35)
1 645
(+ 6)
22 089
(+ 0)
6,61 % 33,89
Drapeau de la Pologne Pologne 23 155
(+ 330)
1 051
(+ 13)
10 692
(+ 132)
4,54 % 2,77
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 22 811
(+ 429)
679
(+ 10)
8 934
(+ 495)
2,98 % 1,52
Drapeau de l'Égypte Égypte 22 082
(+ 1 289)
879
(+ 34)
5 511
(+ 152)
3,98 % 0,89
Drapeau de la Roumanie Roumanie 18 982
(+ 191)
1 248
(+ 13)
12 829
(+ 200)
6,57 % 6,41
Drapeau d’Israël Israël 16 987
(+ 115)
284
(+ 0)
14 776
(+ 97)
1,67 % 3,2
Drapeau du Japon Japon 16 673
(+ 75)
887
(+ 6)
14 213
(+ 117)
5,32 % 0,7
Drapeau de l'Autriche Autriche 16 655
(+ 27)
668
(+ 0)
15 347
(+ 61)
4,01 % 7,55
Drapeau des Philippines Philippines 16 634
(+ 1 046)
942
(+ 21)
3 720
(+ 122)
5,66 % 0,88
Drapeau de la République dominicaine République dominicaine 16 531
(+ 463)
488
(+ 3)
9 266
(+ 314)
2,95 % 4,59
Drapeau de l'Argentine Argentine 15 419
(+ 717)
520
(+ 12)
4 788
(+ 171)
3,37 % 1,17
Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 13 659
(+ 623)
246
(+ 11)
1 259
(+ 50)
1,8 % 0,66
Drapeau du Panama Panama 12 531
(+ 400)
326
(+ 6)
7 540
(+ 161)
2,6 % 7,8
Drapeau du Danemark Danemark[l] 11 793
(+ 81)
568
(+ 0)
10 438
(+ 60)
4,82 % 9,8
Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 11 441
(+ 39)
269
(+ 0)
10 398
(+ 35)
2,35 % 0,52
Drapeau de la Serbie Serbie 11 354
(+ 54)
242
(+ 1)
6 524
(+ 86)
2,13 % 3,47
Drapeau de Bahreïn Bahreïn 10 449
(+ 397)
15
(+ 0)
5 700
(+ 281)
0,14 % 0,96
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan 9 932
(+ 356)
37
(+ 0)
5 057
(+ 157)
0,37 % 0,2
Drapeau d'Oman Oman 9 820
(+ 811)
40
(+ 0)
2 396
(+ 219)
0,41 % 0,83
Drapeau du Nigeria Nigeria 9 302
(+ 387)
261
(+ 2)
2 697
(+ 105)
2,81 % 0,13
Drapeau de la Tchéquie Tchéquie 9 196
(+ 56)
319
(+ 0)
6 500
(+ 40)
3,47 % 3,0
Drapeau de l'Algérie Algérie 9 134
(+ 137)
638
(+ 8)
5 422
(+ 145)
6,98 % 1,51
Drapeau de la Bolivie Bolivie 8 731
(+ 344)
300
(+ 7)
749
(+ 11)
3,44 % 2,64
Drapeau de l'Arménie Arménie 8 676
(+ 460)
120
(+ 7)
3 297
(+ 10)
1,38 % 4,07
Drapeau de la Norvège Norvège 8 422
(+ 11)
236
(+ 0)
7 727
(+ 0)
2,8 % 4,44
Drapeau de la Moldavie Moldavie 7 896
(+ 171)
288
(+ 6)
4 278
(+ 155)
3,65 % 8,12
Drapeau de la Malaisie Malaisie 7 732
(+ 103)
115
(+ 0)
6 235
(+ 66)
1,49 % 0,36
Drapeau du Maroc Maroc 7 714
(+ 71)
202
(+ 0)
5 271
(+ 76)
2,62 % 0,56
Drapeau du Ghana Ghana 7 616
(+ 313)
34
(+ 0)
2 421
(+ 9)
0,45 % 0,11
Drapeau de l'Australie Australie 7 184
(+ 19)
103
(+ 0)
6 605
(+ 29)
1,43 % 0,41
Drapeau de la Finlande Finlande 6 776
(+ 33)
314
(+ 1)
5 500
(+ 0)
4,63 % 5,69
Drapeau de l'Irak Irak 5 873
(+ 416)
185
(+ 6)
3 044
(+ 73)
3,15 % 0,48
Drapeau du Cameroun Cameroun 5 436
(+ 0)
177
(+ 2)
3 326
(+ 1 330)
3,26 % 0,7
Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 4 989
(+ 230)
58
(+ 2)
3 125
(+ 103)
1,16 % 0,58
Drapeau du Honduras Honduras 4 752
(+ 0)
196
(+ 0)
519
(+ 0)
4,12 % 2,04
Drapeau du Guatemala Guatemala 4 607
(+ 259)
90
(+ 10)
648
(+ 83)
1,95 % 0,52
Drapeau du Soudan Soudan 4 521
(+ 175)
233
(+ 38)
816
(+ 67)
5,15 % 0,56
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 4 012
(+ 4)
110
(+ 0)
3 815
(+ 12)
2,74 % 18,1
Drapeau de la Hongrie Hongrie 3 841
(+ 25)
517
(+ 8)
2 024
(+ 28)
13,46 % 5,29
Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan 3 686
(+ 123)
47
(+ 0)
1 769
(+ 95)
1,28 % 0,52
Drapeau de la Guinée Guinée 3 656
(+ 103)
22
(+ 0)
2 000
(+ 50)
0,6 % 0,18
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan 3 468
(+ 24)
14
(+ 0)
2 728
(+ 34)
0,4 % 0,04
Drapeau du Sénégal Sénégal 3 429
(+ 81)
41
(+ 2)
1 738
(+ 52)
1,2 % 0,26
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 3 076
(+ 11)
57
(+ 0)
2 945
(+ 0)
1,85 % 0,08
Drapeau de Djibouti Djibouti 2 914
(+ 0)
20
(+ 0)
1 241
(+ 0)
0,69 % 2,09
Drapeau de la Grèce Grèce 2 909
(+ 3)
175
(+ 0)
1 374
(+ 0)
6,02 % 1,63
Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo 2 833
(+ 173)
69
(+ 0)
400
(+ 19)
2,44 % 0,08
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 2 750
(+ 109)
32
(+ 0)
1 370
(+ 44)
1,16 % 0,13
Drapeau du Gabon Gabon 2 613
(+ 182)
15
(+ 1)
709
(+ 41)
0,57 % 0,71
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 2 485
(+ 23)
153
(+ 0)
1 803
(+ 22)
6,16 % 4,6
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 2 485
(+ 8)
136
(+ 2)
1 016
(+ 51)
5,47 % 1,94
Drapeau du Salvador Salvador 2 278
(+ 84)
42
(+ 3)
1 015
(+ 13)
1,84 % 0,65
Drapeau de la Croatie Croatie 2 245
(+ 0)
103
(+ 1)
2 059
(+ 8)
4,59 % 2,52
Drapeau de la Macédoine du Nord Macédoine du Nord 2 129
(+ 52)
126
(+ 5)
1 516
(+ 30)
5,92 % 6,05
Drapeau de Cuba Cuba 2 005
(+ 22)
82
(+ 0)
1 760
(+ 26)
4,09 % 0,72
Drapeau de l'Estonie Estonie 1 859
(+ 8)
67
(+ 1)
1 610
(+ 36)
3,6 % 5,07
Drapeau de la Somalie Somalie 1 828
(+ 0)
72
(+ 0)
310
(+ 0)
3,94 % 0,48
Drapeau de l'Islande Islande 1 805
(+ 0)
10
(+ 0)
1 794
(+ 2)
0,55 % 2,83
Drapeau du Kenya Kenya 1 745
(+ 127)
62
(+ 4)
438
(+ 17)
3,55 % 0,12
Drapeau du Kirghizistan Kirghizistan 1 662
(+ 68)
16
(+ 0)
1 088
(+ 22)
0,96 % 0,25
Drapeau de la Lituanie Lituanie 1 662
(+ 6)
68
(+ 0)
1 216
(+ 23)
4,09 % 2,44
Drapeau des Maldives Maldives 1 591
(+ 78)
5
(+ 0)
197
(+ 0)
0,31 % 0,97
Drapeau d'Haïti Haïti 1 584
(+ 264)
35
(+ 1)
22
(+ 0)
2,21 % 0,31
Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka 1 558
(+ 28)
10
(+ 0)
754
(+ 9)
0,64 % 0,05
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 1 520
(+ 0)
28
(+ 0)
1 338
(+ 6)
1,84 % 0,51
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 1 504
(+ 0)
22
(+ 0)
1 481
(+ 0)
1,46 % 0,45
Drapeau de la Slovénie Slovénie 1 473
(+ 0)
108
(+ 0)
1 357
(+ 1)
7,33 % 5,22
Drapeau du Venezuela Venezuela 1 370
(+ 45)
14
(+ 3)
302
(+ 0)
1,02 % 0,05
Drapeau de la Guinée équatoriale Guinée équatoriale 1 306
(+ 263)
12
(+ 0)
200
(+ 35)
0,92 % 0,92
Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau 1 256
(+ 61)
8
(+ 0)
42
(+ 0)
0,64 % 0,43
Drapeau du Mali Mali 1 226
(+ 32)
73
(+ 1)
669
(+ 17)
5,95 % 0,38
Drapeau du Népal Népal 1 212
(+ 170)
6
(+ 1)
206
(+ 19)
0,5 % 0,02
Drapeau du Liban Liban 1 172
(+ 4)
26
(+ 0)
705
(+ 6)
2,22 % 0,38
Drapeau de l'Albanie Albanie 1 099
(+ 23)
33
(+ 0)
851
(+ 28)
3 % 1,15
Drapeau de Hong Kong Hong Kong 1 079
(+ 13)
4
(+ 0)
1 035
(+ 0)
0,37 % 0,05
Drapeau de la Tunisie Tunisie 1 071
(+ 3)
48
(+ 0)
946
(+ 8)
4,48 % 0,42
Drapeau de la Lettonie Lettonie 1 064
(+ 3)
24
(+ 0)
745
(+ 4)
2,26 % 1,25
Drapeau de la Zambie Zambie 1 057
(+ 0)
7
(+ 0)
779
(+ 0)
0,66 % 0,04
Drapeau du Kosovo Kosovo 1 048
(+ 0)
30
(+ 0)
801
(+ 0)
2,86 % 1,63
Drapeau du Costa Rica Costa Rica 1 022
(+ 22)
10
(+ 0)
653
(+ 7)
0,98 % 0,2
Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud 994
(+ 0)
10
(+ 0)
6
(+ 0)
1,01 % 0,09
Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 968
(+ 137)
8
(+ 1)
197
(+ 6)
0,83 % 0,01
Drapeau du Niger Niger 955
(+ 0)
64
(+ 0)
813
(+ 10)
6,7 % 0,29
Drapeau de Chypre Chypre 942
(+ 1)
17
(+ 0)
784
(+ 0)
1,8 % 1,43
Drapeau du Paraguay Paraguay 917
(+ 17)
11
(+ 0)
413
(+ 11)
1,2 % 0,16
Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine 874
(+ 119)
1
(+ 0)
23
(+ 0)
0,11 % 0,02
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso 847
(+ 0)
53
(+ 0)
720
(+ 1)
6,26 % 0,27
Drapeau de Sierra Leone Sierra Leone 829
(+ 17)
45
(+ 0)
386
(+ 25)
5,43 % 0,59
Drapeau de l'Uruguay Uruguay 816
(+ 5)
22
(+ 0)
680
(+ 26)
2,7 % 0,64
Drapeau d'Andorre Andorre 764
(+ 1)
51
(+ 0)
684
(+ 3)
6,68 % 66,23
Drapeau du Tchad Tchad 759
(+ 33)
65
(+ 0)
444
(+ 31)
8,56 % 0,42
Drapeau du Nicaragua Nicaragua 759
(+ 0)
35
(+ 0)
370
(+ 0)
4,61 % 0,54
Drapeau de la Géorgie Géorgie 746
(+ 8)
12
(+ 0)
576
(+ 3)
1,61 % 0,32
Drapeau de la Jordanie Jordanie 730
(+ 2)
9
(+ 0)
507
(+ 10)
1,23 % 0,09
Diamond Princess 712
(+ 0)
13
(+ 0)
651
(+ 0)
1,83 % -
Drapeau de Madagascar Madagascar 698
(+ 42)
5
(+ 3)
164
(+ 10)
0,72 % 0,02
Drapeau de Saint-Marin Saint-Marin 671
(+ 1)
42
(+ 0)
344
(+ 22)
6,26 % 124,32
Drapeau de Malte Malte 616
(+ 0)
9
(+ 2)
514
(+ 13)
1,46 % 1,86
Drapeau de la Jamaïque Jamaïque 575
(+ 6)
9
(+ 0)
289
(+ 5)
1,57 % 0,31
Drapeau de la république du Congo République du Congo 571
(+ 0)
19
(+ 0)
161
(+ 0)
3,33 % 0,36
Drapeau de la Tanzanie Tanzanie 509
(+ 0)
21
(+ 0)
183
(+ 0)
4,13 % 0,04
Drapeau de Sao Tomé-et-Principe Sao Tomé-et-Principe 463
(+ 5)
12
(+ 0)
68
(+ 0)
2,59 % 5,69
Drapeau de la Palestine Cisjordanie 446
(+ 0)
3
(+ 0)
368
(+ 0)
0,67 % 0,07
Drapeau de Taïwan Taïwan 442
(+ 1)
7
(+ 0)
420
(+ 0)
1,58 % 0,03
Drapeau du Togo Togo 428
(+ 6)
13
(+ 0)
202
(+ 5)
3,04 % 0,16
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie 423
(+ 77)
20
(+ 1)
21
(+ 6)
4,73 % 0,45
Drapeau du Cap-Vert Cap-Vert 405
(+ 15)
4
(+ 0)
155
(+ 0)
0,99 % 0,74
Drapeau du Rwanda Rwanda 355
(+ 6)
0
(+ 0)
247
(+ 2)
0 % 0,0
Drapeau de Maurice Maurice 335
(+ 1)
10
(+ 0)
322
(+ 0)
2,99 % 0,79
Drapeau de l'Ouganda Ouganda 329
(+ 12)
0
(+ 0)
72
(+ 3)
0 % 0,0
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 328
(+ 1)
0
(+ 0)
279
(+ 1)
0 % 0,0
Drapeau du Monténégro Monténégro 324
(+ 0)
9
(+ 0)
315
(+ 0)
2,78 % 1,45
Drapeau du Yémen Yémen 283
(+ 5)
65
(+ 8)
11
(+ 0)
22,97 % 0,23
Drapeau de l'Eswatini Eswatini 279
(+ 0)
2
(+ 0)
168
(+ 0)
0,72 % 0,15
Drapeau du Libéria Libéria 273
(+ 4)
27
(+ 0)
146
(+ 2)
9,89 % 0,56
Drapeau du Malawi Malawi 273
(+ 70)
4
(+ 0)
42
(+ 5)
1,47 % 0,02
Drapeau du Mozambique Mozambique 234
(+ 1)
2
(+ 0)
84
(+ 2)
0,85 % 0,01
Drapeau du Bénin Bénin 224
(+ 14)
3
(+ 0)
136
(+ 2)
1,34 % 0,03
Drapeau de la Birmanie Birmanie 207
(+ 1)
6
(+ 0)
130
(+ 4)
2,9 % 0,01
Drapeau de la Mongolie Mongolie 179
(+ 18)
0
(+ 0)
43
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Guyana Guyana 150
(+ 0)
11
(+ 0)
67
(+ 0)
7,33 % 1,41
Drapeau du Zimbabwe Zimbabwe 149
(+ 0)
4
(+ 0)
28
(+ 0)
2,68 % 0,03
Drapeau du Brunei Brunei 141
(+ 0)
2
(+ 0)
138
(+ 0)
1,42 % 0,47
Drapeau du Cambodge Cambodge 124
(+ 0)
0
(+ 0)
122
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de la Syrie Syrie 122
(+ 0)
4
(+ 0)
43
(+ 0)
3,28 % 0,02
Drapeau de la Libye Libye 118
(+ 13)
5
(+ 0)
41
(+ 0)
4,24 % 0,07
Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago 116
(+ 0)
8
(+ 0)
108
(+ 0)
6,9 % 0,58
Drapeau des Bahamas Bahamas 102
(+ 1)
11
(+ 0)
48
(+ 1)
10,78 % 2,85
Drapeau de Monaco Monaco 98
(+ 0)
4
(+ 0)
90
(+ 0)
4,08 % 10,34
Drapeau de la Barbade Barbade 92
(+ 0)
7
(+ 0)
76
(+ 0)
7,61 % 2,44
Drapeau des Comores Comores 87
(+ 0)
2
(+ 0)
24
(+ 0)
2,3 % 0,24
Drapeau du Liechtenstein Liechtenstein 82
(+ 0)
1
(+ 0)
55
(+ 0)
1,22 % 2,64
Drapeau de l'Angola Angola 81
(+ 7)
4
(+ 0)
18
(+ 0)
4,94 % 0,01
Drapeau de Macao Macao 45
(+ 0)
0
(+ 0)
45
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Burundi Burundi 42
(+ 0)
1
(+ 0)
20
(+ 0)
2,38 % 0,01
Drapeau de l'Érythrée Érythrée 39
(+ 0)
0
(+ 0)
39
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Botswana Botswana 35
(+ 0)
1
(+ 0)
20
(+ 0)
2,86 % 0,04
Drapeau du Bhoutan Bhoutan 31
(+ 0)
0
(+ 0)
6
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Saint-Vincent-et-les-Grenadines 26
(+ 1)
0
(+ 0)
14
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau d'Antigua-et-Barbuda Antigua-et-Barbuda 25
(+ 0)
3
(+ 0)
19
(+ 0)
12 % 3,12
Drapeau de la Gambie Gambie 25
(+ 0)
1
(+ 0)
20
(+ 1)
4 % 0,04
Drapeau du Timor oriental Timor oriental 24
(+ 0)
0
(+ 0)
24
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de Grenade Grenade 23
(+ 0)
0
(+ 0)
18
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de la Namibie Namibie 23
(+ 1)
0
(+ 0)
14
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Laos Laos 19
(+ 0)
0
(+ 0)
16
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Belize Belize 18
(+ 0)
2
(+ 0)
16
(+ 0)
11,11 % 0,52
Drapeau des Fidji Fidji 18
(+ 0)
0
(+ 0)
15
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de Sainte-Lucie Sainte-Lucie 18
(+ 0)
0
(+ 0)
18
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de la Dominique Dominique 16
(+ 0)
0
(+ 0)
16
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès Saint-Christophe-et-Niévès 15
(+ 0)
0
(+ 0)
15
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Vatican Vatican 12
(+ 0)
0
(+ 0)
2
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Suriname Suriname 12
(+ 0)
1
(+ 0)
9
(+ 0)
8,33 % 0,17
Drapeau des Seychelles Seychelles 11
(+ 0)
0
(+ 0)
11
(+ 0)
0 % 0,0
MS Zaandam 9
(+ 0)
2
(+ 0)
0
(+ 0)
22,22 % -
Drapeau du Sahara occidental Sahara occidental 9
(+ 0)
1
(+ 0)
6
(+ 0)
11,11 % 0,18
Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Papouasie-Nouvelle-Guinée 8
(+ 0)
0
(+ 0)
8
(+ 0)
0 % 0,0
Drapeau du Lesotho Lesotho 2
(+ 0)
0
(+ 0)
1
(+ 0)
0 % 0,0
Données du Center for Systems Science and Engineering de l'université Johns-Hopkins.

Récupérées le à h 0 CEST[341].

Avertissement sur l'interprétation de ces chiffres :

  • Un faible taux de dépistage majore mathématiquement le taux de létalité apparent (mortalité parmi les personnes recensées), en sous-évaluant le nombre de cas. C'est l'une des causes pouvant expliquer le faible taux de létalité apparent en Allemagne (en mars 2020), qui dépiste beaucoup, par rapport à la France, qui dépiste peu (personnel soignant et cas graves), pour un nombre de cas déclarés positifs proche.
  • Un autre facteur statistique pouvant jouer est le décalage dans le temps de l'apparition de la maladie[342].
  • Les décès ne sont pas rapportés de la même façon suivant les pays : la France n'a rapporté les décès dans les EHPAD qu'à partir du 1er avril 2020 (d'où une augmentation brutale à cette époque) et ne rapporte pas les décès à domicile. Le Royaume-Uni ne rapporte pas les décès à domicile ni dans les maisons de retraite du pays[343]. En Chine, le bilan de Wuhan a été augmenté de 1 290 décès le 16 avril pour tenir compte des chiffres des services funéraires, des centres de soins, des cliniques, des hôpitaux et des centres de détention, ainsi que des décès à domicile[344]. L'OMS précise que de nombreux pays vont devoir de même revoir leur bilan[344].

Les bilans de contaminations et de décès annoncés par certains pays (Chine[345], Iran[346], Japon[347]) sont mis en doute par de nombreuses sources.

L'ensemble des pays propose des chiffres évalués selon des protocoles différents.

Les chiffres quotidiens sont disponibles sur les bulletins édités par l'OMS[348].

Localisation de la mortalité par Covid-19

Les pays présentés ci-dessus ont une évolution de la proportion de morts dans la population très similaire à partir du dépassement du seuil de 5 morts pour 10 millions d'habitants, chiffres issus du site Worldometer[349].

Proportions de morts dans la population de différents pays
Évolution de la proportion de morts du Covid-19 dans la population de multiples pays en jours depuis que ces pays ont dépassé le seuil de 5 morts pour 10 millions d'habitants, mis à jour 22 avril 2020[350].

Pour Wuhan, les chiffres de la Chine ont été rapportés à la population de Wuhan.

Modélisation de l'évolution de la pandémie

La modélisation d'une épidémie permet de la mieux comprendre et décrire, et de faire des prévisions. Les modèles mathématiques évaluent des hypothèses, indiquent des tendances et permettent d’élaborer des réponses de santé publique en estimant les risques, en temps réel, lors d'une épidémie. Une modélisation est une représentation simplifiée de la réalité. Sa précision est ici limitée par la méconnaissance de certains facteurs et mécanisme de propagation du SARS-CoV-2[351].

À la mi-mars 2020, le Professeur Neil Ferguson, épidémiologiste et mathématicien à l'Imperial College de Londres, spécialisé dans la modélisation épidémiologique, publie un article sur l'impact des interventions non-pharmaceutiques visant à réduire la mortalité et la pression sur le système de santé face au du Covid-19[352]. Il montre qu'en l'absence de traitements ou de vaccin pour la Covid-19, seules des actions de santé publique permettent de réduire les contacts, et donc la transmission du virus. Une de ses modélisations montre que l'absence totale de mesures de santé publique se traduirait respectivement par un total de 510 000 et 2,2 millions de morts rien qu'au Royaume-Uni et aux États-Unis, avec un pic de mortalité fin mai début juin 2020. Ferguson détermine alors cinq actions de santé publique : isolement au domicile des cas confirmés, mise en quarantaine de leur famille, distanciation physique des personnes de plus de 70 ans, distanciation élargie à l’ensemble de la population, fermeture des écoles et des universités. Il combine ces actions en deux scénarios : 1) l'atténuation (mitigation) pour constituer une immunité collective, et 2) l'endiguement (suppression) pour amener le R0 (taux de reproduction de base du virus) à un taux inférieur à un cas secondaire généré par chaque cas[353].
C'est le second scénario, l'endiguement qui prévaudra, se traduisant par des mesures de confinement dans de nombreux pays dont la France à partir du 16 mars 2020[354].

Les effets de la quarantaine et des restrictions de voyages commencent à être modélisés pour des situations complexes telles qu'une maladie zoonotique transmissible entre espèces différentes et dans l'espace à partir des mouvements des vecteurs du microbe[355]. On a montré avec la grippe pandémique de 1918[356] que les modalités et vitesses de déplacement du public (notamment liés aux modèles de connectivité), la structure spatiales du pays ou de la région considérés, ainsi que leur type et degré d'urbanisation (lâche ou dense) ont une importance épidémiologique. La sensibilité des villes augmente (de manière non linéaire) avec leur population (Davis et Lappin ont montré (1923) que lors de la grippe pandémique de 1918, le nombre reproductif R0 n'était pas corrélé à la taille de la ville[357]). Les taux de mobilité des biens et personnes ont récemment encore évolué (avec la mondialisation et les transports à haute vitesse), même depuis les émergences du SRAS et du MERS.

La modélisation du contrôle optimal recherche par combien il faut diviser la transmission pour contrôler l’épidémie et comment faire varier l'intensité de contrôle au cours de l'épidémie. Selon les stratégies de contrôle (confinement) exercée au cours du temps, différents scénarios d'évolution du nombre d’infections sévères et décès sont modélisés. Le simulateur d’épidémie COVIDSIM-FR[358] permet de visualiser l’effet de différentes stratégies de contrôle de l'épidémie Covid-19 en France et par département avec des variations de durée et d’intensité.

Le nombre de reproduction temporel R(t), permet de connaître le risque de propagation de l’épidémie à une date t. S’il est plus grand que 1, l’épidémie est toujours en croissance, s’il est plus petit que 1, elle décroît. Un estimateur de nombre de reproduction (Rt) permet de visualiser le risque de propagation épidémique dans plusieurs pays et départements français selon différentes données[359].

La phylodynamique fondée sur la comparaison des séquences virales permet d'estimer les variations de vitesse de propagation de l’épidémie. Le GISAID partage les données du g

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