Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Amazon Laval–CSN

Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Amazon Laval–CSN
Histoire
Fondation
19 avril 2024
Cadre
Sigle
STTAL–CSN
Zone d'activité
Forme juridique
Organisation
Affiliation

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Amazon Laval–CSN (STTAL–CSN) est un syndicat regroupant les travailleuses et les travailleurs du centre de livraison DXT4 du géant du commerce en ligne Amazon, à Laval. Il est affilié à la Confédération des Syndicats Nationaux (CSN).

Le STTAL–CSN est le premier syndicat à être accrédité dans un entrepôt Amazon au Canada et le deuxième en Amérique du Nord, suivant l'accréditation de l'Amazon Labor Union de l'entrepôt JFK8 à Staten Island[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Campagne de syndicalisation[modifier | modifier le code]

Les premières initiatives visant à syndiquer les entrepôts d'Amazon dans la région métropolitaine de Montréal ont été entreprises par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) au début de l'année 2022[2]. Les informations disponibles dans les années qui suivent demeurent limitées, mais en février 2024, il est révélé que la CSN a engagé des poursuites contre Amazon devant le Tribunal administratif du travail du Québec (TAT), alléguant des pratiques antisyndicales de la part de l'entreprise[3].

En 19 avril 2024, le STTAL–CSN dépose une requête en accréditation au TAT, affirmant qu'une majorité des travailleurs avaient signé une carte de membre, exprimant ainsi leur volonté de se syndiquer[4],[5],[6].

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Le 13 mai 2024, le Tribunal administratif du travail a officiellement reconnu l'accréditation du syndicat[7]. Cependant, dans une démarche concomitante, Amazon a annoncé son intention de contester l'article 28 du Code du travail du Québec, lequel autorise l'accréditation syndicale dès lors qu'un nombre de cartes d'adhésion représentant plus de 50% des travailleurs de l'unité a été déposé[8].

Conditions de travail dans l'entrepôt[modifier | modifier le code]

Les conditions de travail chez Amazon sont l'objet de controverses, soulevées notamment par les militants de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ayant participé à la campagne de syndicalisation dans le Grand Montréal[5]. Des travailleurs rapportent également de nombreux problèmes, notamment une surveillance étroite, des cadences de travail oppressantes et des obstacles à la déclaration des blessures[9].

Surveillance et déshumanisation[modifier | modifier le code]

Selon le témoignage de deux travailleurs des entrepôts du géant du commerce en ligne[9], les employés d'Amazon sont soumis à une surveillance intensive via des appareils électroniques, dictant leurs tâches à la seconde près. Des lumières guident également leur mouvement dans l'entrepôt, tandis que la cadence de travail est rigoureusement calculée pour maximiser l'efficacité.

Ils décrivent leur expérience comme étant déshumanisée, se sentant comme de simples extensions des machines[9].

Précarité de l'emploi et taux élevé de blessures[modifier | modifier le code]

Les employés d'Amazon ont signalé un taux élevé de blessures liées au travail, attribué aux conditions rigoureuses et à la pression pour maintenir des cadences élevées. Malgré cela, Amazon aurait découragé des employés de signaler ces blessures à la Commission des normes du travail, et certains travailleurs auraient été renvoyés sans motif après avoir tenté de le faire[9].

Obstacles à la syndicalisation[modifier | modifier le code]

Les travailleurs tentant de former un syndicat dans les entrepôts d'Amazon se heurteraient à des obstacles importants. Des militants de la CSN affirment que des tactiques d'intimidation, de harcèlement et de suspension sont utilisées par Amazon pour entraver les efforts de syndicalisation[10].

Réponse d'Amazon[modifier | modifier le code]

Amazon Canada a réfuté ces allégations, affirmant avoir réalisé des progrès en matière de sécurité et soutenant qu'elle encourage activement les employés à signaler les incidents. La société nie avoir découragé la déclaration des blessures ou entravé les tentatives de syndicalisation[9].

Pourtant, en 2022, la compagnie aurait dépensé 14 millions de dollars aux États-Unis pour engager des cabinets de consultants antisyndicaux[10].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zone Économie- ICI.Radio-Canada.ca, « Un premier syndicat dans un entrepôt d’Amazon voit le jour au Canada », sur Radio-Canada.ca, (consulté le )
  2. Christopher Reynolds, « Les employés d’un entrepôt d’Amazon à Montréal tentent de se syndiquer », (consulté le )
  3. Zone Économie- ICI.Radio-Canada.ca, « Syndicalisation : le cas d’Amazon porté devant le Tribunal administratif du travail », (consulté le )
  4. Des employés d’Amazon à Laval s'adressent au tribunal pour faire reconnaître leur syndicat, Dominique Cambron-Goulet () Consulté le .
  5. a et b « Les travailleurs d’Amazon à Laval prêts à former un syndicat historique », L'Étoile du Nord, (consulté le )
  6. « Requête en accréditation » Accès libre [PDF],
  7. « Amazon DXT4 : le syndicat de l’entrepôt de Laval est officiellement accrédité », (consulté le )
  8. « Amazon en guerre avec le Code du Travail après l’accréditation d’un syndicat à Laval », L'Étoile du Nord, (consulté le )
  9. a b c d et e Zone Économie- ICI.Radio-Canada.ca, « Amazon, c’est l’exploitation avec le sourire », (consulté le )
  10. a et b « Amazon verse des millions dans des rencontres antisyndicales », L'Étoile du Nord, (consulté le )