Rocket (fusée)

Rocket
Lanceur spatial léger
Lanceur Rocket 3.0 sur le pas-de-tir, en mars 2020
Lanceur Rocket 3.0 sur le pas-de-tir, en
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur Astra Space
Premier vol
Statut En activité
Lancements (échecs) 3 (3)
Hauteur 11,6 m
Diamètre 1,32 m
Étage(s) 2
Base(s) de lancement Base de lancement de Kodiak
Version décrite Rocket 3
Autres versions Rocket 1 et 2
Charge utile
Orbite basse 200 kg
Orbite héliosynchrone 150 kg
Motorisation
Ergols RP-1/Oxygène liquide
1er étage 5 x Delphin (140 kN)
2e étage 1 x Aether (3,1 kN)

Rocket (« Fusée » en anglais) est un lanceur léger américain développé par la société Astra Space basée à Alameda, près de San Francisco (Californie). Celle-ci développe une fusée à deux étages pouvant placer une charge utile de 200 kilogrammes en orbite basse avec un coût de lancement d'environ 2,5 millions de dollars américains, dénommée Rocket 3.0. La société a été sélectionnée en 2019 par la DARPA (l'agence de recherche de l'Armée américaine), qui souhaite disposer d'un lanceur léger pouvant décoller avec un délai de préavis minimum, depuis n'importe quelle base des États-Unis. Après deux vols d'essais en 2018, Astra effectue une tentative de lancement orbital avortée le de Rocket 3.0, suivie par la destruction du véhicule quelques jours plus tard lors d'un essai au sol. Astra Space effectuera finalement son premier vol orbital le , avec son nouveau véhicule Rocket 3.1, qui se soldera par un échec. Une deuxième tentative menée en décembre de la même année échouera également, proche de l'objectif visé. Le troisième vol, échouera lui-aussi quelques instants après le décollage[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Développement et vols d'essais[modifier | modifier le code]

Moteur Delphin, développé pour les fusées Rocket
Zone de lancement n°2 de Kodiak, d'où furent lancées Rocket 1.0 et 2.0.

La société Ventions LLC, bureau d'études et de recherche, est créée en 2005 à Alameda, ville de la banlieue de San Francisco (Californie). Durant 10 ans elle développe des technologies aérospatiales en partenariat avec l'agence spatiale américaine, la NASA. En elle est rebaptisée Astra Space. Elle se consacre alors à la réalisation d'une pompe électrique d'alimentation en ergols qui doit remplacer la traditionnelle turbopompe équipant la majorité des lanceurs en service. Le modèle développé à haute puissance doit alimenter un moteur-fusée d'une poussée de 4 tonnes. La maîtrise de cette technologie permettra de réduire la masse des réservoirs des lanceurs légers en permettant le remplacement d'un système d'alimentation par pressurisation. La société s'installe dans les murs d'un ancien site de test de la Marine de guerre américaine utilisé par celle-ci pour tester ses réacteurs d'avion. En 2018 la société dévoile la maquette d'un lanceur léger à deux étages[2].

Le , Astra Space réalise un vol d'essai de sa première fusée, dénommée Rocket 1.0, depuis la zone de lancement n°2 de la base de lancement de Kodiak, en Alaska. Le véhicule décolla en plein brouillard, rendant l'observation du vol très difficile, et l'issue du vol est incertaine. La FAA a indiqué qu'un accident était survenu, ayant empêché la poursuite de la mission dans des conditions nominales, ce 21 secondes après le décollage depuis Kodiak[3]. La fusée Rocket 1.0 est composée d'un premier étage de 1,14 m de diamètre, équipé de cinq moteurs Delphin développés par l'entreprise, fonctionnant grâce à du kérosène et de l'oxygène liquide, et alimentés grâce à une turbopompe électrique. Il semble qu'un deuxième étage ait été ajouté sur ce vol, bien que celui-ci ne fut qu'une maquette, non fonctionnelle. Ce premier, et à ce jour unique, vol de Rocket 1.0 fut commercialisé à un client dont le nom n'a pas été divulgué, faisant également de ce lancement le premier vol commercial à décoller depuis la base de Kodiak. La mission était nommée P120, et malgré l'accident survenu après le décollage, le client se déclarera satisfait du service offert par Astra Space[4].

Le , soit 4 mois après le lancement de Rocket 1.0, Astra Space réalise un nouveau vol d'essai suborbital, avec une fusée dénommée Rocket 2.0, qui est une version amélioré de la fusée originelle, disposant d'une coiffe plus volumineuse, et étant toujours équipée d'une simple maquette de deuxième étage, non fonctionnelle. Le lancement était, comme pour le premier, financé par un client dont le nom n'a pas été divulgué, et lancé depuis la zone de lancement n°2 de la base de Kodiak. Le vol de Rocket 2.0 se soldera par un échec, la fusée n'ayant pas réussi à atteindre l'altitude et l’azimut de 195° visés au décollage. Selon les déclarations de la FAA, les 5 moteurs Delphin du premier étage auraient subi des malfonctions, et des débris du lanceur seraient retombés dans l'enceinte de la base de lancement, sans toutefois faire de blessés[5].

Vue aérienne des nouveaux pas-de-tirs de la base de Kodiak (LP-3B en premier plan)

En , Astra Space est sélectionnée aux côtés de deux autres nouveaux constructeurs de lanceurs, ce parmi plus de 60 candidats, par la DARPA (l'agence de recherche de l'Armée américaine) dans le cadre d'un concours devant permettre à l'agence de disposer d'un lanceur léger pouvant décoller très peu de temps après l'annonce de la charge utile et de sa destination. La même année, Astra Space deviendra la seule entreprise concourant encore pour la DARPA, après que la société Vector ait déclaré faillite, et que Virgin Orbit se soit retirée du « DARPA Launch Challenge« . L'agence s'engage alors à verser tout d'abord 2 millions de dollars à la société pour la réalisation d'un premier vol orbital, puis 10 millions de dollars pour la réalisation d'un second vol, réalisé dans le cadre du concours[6]. En , la société Astra Space, qui est parvenue à lever 100 millions de dollars américains de capitaux, emménage dans de nouveaux locaux d'une superficie de plus de 23 000 m² situés à quelques centaines de mètres de son ancienne implantation. En octobre de la même année un complexe de lancement est inauguré sur la base de Kodiak (Alaska), dénommé LP-3B, devant être utilisé pour les lancements de son nouveau lanceur orbital, nouvellement dénommé Rocket 3.0. La société passera toute l'année à développer et construire les systèmes d'intégration, de propulsion d'avionique et d'alimentation de son nouveau lanceur orbital. La société emploie 170 personnes début 2020. La société qui ne faisait jusque là aucune publicité sur son activité, décide d’apparaître au grand jour et crée un site internet, ainsi qu'un compte Twitter, en .

Première tentative orbitale (02/03/2020)[modifier | modifier le code]

Vue rapprochée du premier étage de Rocket 3.0
Lanceur sur son pas-de-tir

Astra Space annonce en début d'année 2020 prévoir le premier vol orbital de son lanceur Rocket 3.0 en , depuis la zone de lancement n°3B de la base de Kodiak, dans le cadre du DARPA Launch Challenge. Cette version de la fusée Rocket dispose d'un premier étage possédant un diamètre plus important que Rocket 1.0 et 2.0, et d'un deuxième étage opérationnel, Rocket 3.0 ayant désormais les capacités d'atteindre l'orbite basse terrestre avec une charge utile d'une centaine de kilogrammes. Les conditions pour remporter le concours de la DARPA sont les suivantes:

  • Effectuer deux lancements séparés dans un intervalle de temps défini
  • Faire ces vols depuis deux bases ou pas de tirs différents
  • Court délai entre l'arrivée des charges utiles et le lancement
  • Jusqu'à deux semaines maximum entre les deux lancements
  • Pouvoir lancer plusieurs charges utiles en même temps, vers une orbite différente à chaque vol

À bord de ce premier vol de Rocket 3.0 se trouveront cinq charges utiles appartenant à la DARPA, à savoir trois satellites ARCE-1 de communications, développés par l'Université de la Floride du Sud, un satellite militaire dénommé Prometheus, développé par le Laboratoire National de Los Alamos, et un cinquième satellite appartenant à la SOARS, qui est une balise d’identification. Ces satellites visaient une orbite de 450 km d'altitude[7],[8], mais la DARPA a déclaré que le lancement serait un succès même si les charges sont déployées à 150 km. La charge utile fut dévoilée à Astra le (30 jours avant la date limite à laquelle le lanceur doit avoir décollé), et le lanceur fut transféré par avion à Kodiak le . L'intégration des charges utiles au lanceur eut lieu le lendemain, la coiffe fut fermée deux jours plus tard, et le lanceur fut transféré sur le pas de tir le [9].

Après plusieurs reports successifs du lancement à cause de problèmes météorologiques, le compte à rebours final a débuté le en vue du premier vol orbital du lanceur, depuis la zone de lancement 3B de la base de Kodiak. Néanmoins, à 53 secondes du lancement, le compte est stoppé et le lancement reporté, en raison d'un capteur dans le lanceur qui envoyait des informations qui auraient pu indiquer une erreur sur certains composants. Avec ce nouveau délai, Astra perd le concours de la DARPA, tout comme la récompense[10]. Ce vol, dénommé One of Three (« Un sur trois »), aurait dû être suivi de deux autres vols orbitaux, Two of Three (« Deux sur trois ») et Three of Three (« Trois sur trois »), quelques jours après le vol inaugural[11], depuis d'autres bases de lancement, ce afin de compléter les conditions du concours de la DARPA.

Après plusieurs semaines de réparations, le lanceur a été de nouveau placé sur son pas de tir en avril, mais semble avoir subi une avarie, et il a été rapporté que le véhicule aurait explosé lors d'un essai de remplissage des réservoirs le , toujours sur le site de lancement de Kodiak[12]. Une valve serait restée ouverte lors du vidage des réservoirs du lanceur, entraînant sa destruction[13].

Le , l'Armée américaine annonce qu'elle payera Astra Space pour envoyer certains de ses satellites en orbite, afin de soutenir financièrement la compagnie après la crise du Covid-19. La date et l'emplacement exact de ces futurs lancements n'ont pas été communiqués[14].

Premier vol orbital (12/09/2020)[modifier | modifier le code]

Décollage de Rocket 3.1, le 12 septembre 2020.

Après l'échec de la première tentative, un nouveau véhicule est construit, dénommée Rocket 3.1. Après une mise à feu statique réussie le [15], le lanceur est préparé pour son premier vol orbital, toujours depuis la zone de lancement n°3B de la base de Kodiak. L'objectif d'Astra est désormais de réaliser trois vols de démonstration, avec pour but d'avoir atteint au moins une fois l'orbite lors du troisième essai[16],[17]. Lors de ce premier vol, Astra souhaite principalement réaliser une poussée nominale du premier étage[18]. Le lanceur, ne concourant plus pour le concours de la DARPA, n'aura aucune charge utile de l'agence à bord, et aucune autre charge utile, Astra ne souhaitant pas risquer le satellite d'une compagnie sur un vol aussi risqué. Le deuxième étage devrait toutefois se placer sur une orbite de 340 km autour de la Terre, avec une inclinaison de 86,3°[19], étage auquel il sera envoyé un signal électrique simulant la séparation d'un hypothétique satellite.

Originellement prévu pour le , le lancement est reporté à plusieurs reprises à la suite de la météo défavorable et de la présence de bateaux dans la zone de lancement.

Le , le compte-à-rebours est interrompu à quelques secondes du décollage en raison d'une perte de pression dans le système de déluge d'eau, devant atténuer les ondes de choc produites par le lanceur[20]. Le , le lancement est à nouveau reporté à début septembre. Après d'autres reports, c'est finalement le que Rocket 3 décollera de Kodiak. Après quelques secondes de vol, le lanceur dévie de sa trajectoire, et l'arrêt des moteurs est ordonnée par le centre de contrôle. Le lanceur bascule sur lui-même, et explosera à plusieurs centaines de mètres du pas-de-tir. Une nouvelle tentative devrait être effectuée dans peu de temps, le lanceur Rocket 3.2 étant déjà prêt au moment du premier vol[21].

Deuxième tentative (11/12/2020)[modifier | modifier le code]

Il était initialement prévu que le lanceur Rocket 3.2, le troisième véhicule orbital produit par la firme, fasse une nouvelle tentative de lancement le , toujours depuis la base de Kodiak, en Alaska[22]. Le vol fut par la suite reporté au , puis au 12, et enfin au , dû à de mauvaises conditions météorologiques sur place. Durant cet intervalle, un employé de la société fut contaminé par le virus du Covid-19, alors que le pays était en prises avec la pandémie mondiale. L'équipe qui assure les opérations de lancement à Kodiak, composée de 5 personnes, a donc été remplacée par l'équipe de réserve.

C'est finalement le à 19h56 TU que le deuxième exemplaire décolla du LP-3B de la base de Kodiak pour son deuxième vol orbital. Contrairement au premier, l'orbite visée était l'orbite héliosynchrone, et non l'orbite basse classique. Le vol du premier étage fut nominal, et ce dernier se sépara correctement du deuxième. Le deuxième étage alluma avec succès son moteur Aether, mais ce dernier fonctionna moins bien que prévu, dû à un mauvais ratio de mélange des ergols, ce qui empêcha le lanceur de se placer sur une orbite stable. Rocket 3.2 atteignit un apogée maximal de 390 km, et une vitesse maximale de 7,2 km/s, ce qui est trop peu élevé pour effectuer une mise en orbite. L'étage supérieur retomba par conséquent dans l'atmosphère terrestre[23].

Troisième tentative (28/08/2021)[modifier | modifier le code]

Après ce nouvel échec, Astra annonça la tenue d'un prochain vol avec son quatrième véhicule, Rocket 3.3, qui à la différence notable des précédents exemplaires, est lancé avec une charge utile factice à bord de l'USAF destiné à recueillir des données sur le vol[24].

Le lancement a lieu le 28 août 2021 a 15 h 35, heure du Pacifique, toujours depuis la base de Kodiak. Un des cinq moteurs du premier étage tombe en panne une seconde après celui-ci conduisant à un déplacement latéral. La fusée monte ensuite à une cinquantaine de km d'altitude puis l'ordre de couper les moteurs est donné environ 2 minutes 30. Elle s'écrase ensuite dans l'océan Pacifique.[25].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Lanceur[modifier | modifier le code]

Schéma du système de séparation de petits satellites, dénommé P-POD, qui fut installé sur Rocket 3.0

L'objectif d'Astra Space est d'effectuer des lancements à cadence élevée pour un coût de 2,5 millions dollars américains, soit trois fois moins que son principal concurrent, le lanceur Electron. La société souhaite abaisser à terme à 1 million de dollars grâce à une cadence de production élevée. Pour y parvenir Astra Space pousse au maximum l'intégration verticale du processus de construction (la majorité des composants sont fabriqués par Astra Space) et fait des choix technologiques plus simples que son principal concurrent, Electron. La structure de la fusée, coiffe comprise, est en aluminium et non en matériau composite carbone. Dans le cas de la coiffe, la pénalité en poids (20%) est largement compensée d'après le constructeur du lanceur, par l'abaissement du coût de fabrication. La fabrication additive est utilisée uniquement pour la fabrication de la chambre de combustion et des pales de la pompe car ce procédé est jugé coûteux et lent par les dirigeants de l'entreprise.

Vue des 5 moteurs Delphin du premier étage

Le premier étage est propulsé par 5 moteurs Delphin, nommés d'après une divinité grecque ayant l'aspect d'un dauphin, qui sont disposés en pentagone sur la base de l'étage. C'est la première fois qu'une telle disposition de moteurs est utilisée sur un lanceur orbital, les autres lanceurs utilisant 5 moteurs sur un premier étage les ayant disposés en croix (comme sur Saturn V par exemple). Ces moteurs présentent la particularité notable d'être alimentés par des pompes électriques, qui remplacent ainsi les turbopompes traditionnelles, beaucoup plus lourdes. Ce n'est néanmoins pas le premier lanceur à utiliser ce type de technologie, la fusée Electron détenant cette place. Les moteurs Delphin brûlent un mélange de kérosène (de type RP-1), et d'oxygène liquide, et produisent une poussée totale de 140 kN au décollage (poussée unitaire de 28 kN). Le premier étage est réalisé en aluminium, ce qui explique la vive couleur métallique du lanceur sur le pas de tir. Les cinq moteurs Delphin sont eux protégés par une simple couverture thermique jaunâtre qui entoure la tuyère, permettant ainsi à Astra Space d'éviter la construction de protections classiques en aluminium. Ce procédé est également utilisé sur des lanceurs comme les Longue Marche chinoises.

Le deuxième étage est lui propulsé par un unique moteur-fusée Aether (« Éther » en français), produisant une poussée dans le vide de 3,1 kN. Le moteur semble fonctionner grâce à la pression des réservoirs, et non grâce à des turbopompes[26]. Tout comme le premier étage, il est alimenté par du kérosène de type RP-1 (situé dans le réservoir supérieur) et de l'oxygène liquide (situé dans le réservoir inférieur). L'étage est entièrement enfermé dans le cône aérodynamique reliant le premier étage à la coiffe. Cette coiffe, tout comme le deuxième étage, est aussi réalisée en aluminium. Elle dispose de plusieurs petits trous percés au sommet, permettant de laisser s'échapper l'air que contient la coiffe au fur et à mesure que le lanceur gagne en altitude.

Le lanceur complet est haut de 11,6 mètres, pour un diamètre de 1,22 mètre. Il peut placer en orbite basse entre 75 et 200 kilogrammes[27],[8].

Installations[modifier | modifier le code]

Système de déluge d'eau dans son camion de transport, ayant empêché le décollage du lanceur le .

Astra Space a souhaité simplifier au maximum le lancement de Rocket. Le lanceur est tout d'abord produit dans leur locaux d'Alameda, dans la banlieue de San Francisco, avant d'être également assemblé et préparé pour le vol sur place. Les essais de mise à feu des moteurs du lanceur sont aussi effectués sur le site. Le lanceur est ensuite transféré par avion dans un simple conteneur vers son site de lancement. Pour l'instant, seule la base de Koadiak peut accueillir Rocket (permettant d'atteindre des orbites polaires et héliosynchrones), mais d'autres vols sont prévus depuis les bases de Wallops et des Îles Marshall[28]. L'ensemble de lancement de Rocket pourrait être comparé à l'unité de lancement mobile développée par le CNES pour ses lancements de fusées-sondes en Antarctique, permettant de se déployer en peu de temps à n'importe quel endroit de la planète. Une équipe très réduite (16 personnes pour Rocket) suffit à installer le lanceur sur son pas de tir grâce à une rampe portable, et à fixer le lanceur sur son pas de tir, lui aussi mobile. Ces technologies permettent de répondre aux besoins de l'Armée américaine, qui souhaite pour disposer d'un petit lanceur pouvant être tiré très rapidement depuis n'importe quelle base des États-Unis. Le pas de tir est équipé de 5 carneaux d'évacuation des gaz, d'une tour de service permettant l'alimentation du lanceur en carburant, et de pinces permettant de retenir le lanceur avant le décollage.

Rocket 3 est installée à la verticale 1 heure avant le lancement, et des charges utiles peuvent être ajoutées au lanceur jusqu'à 2 heures avant le tir. Le lanceur est chargé en carburant à partir de 45 minutes avant le décollage, puis le système de déluge d'eau est activé quelques secondes avant que les moteurs ne s'allument.

Il est a noter que les deux lancements de Rocket 1.0 et 2.0 ont eu lieu depuis le LP-2 de la base de Kodiak, car Astra Space n'avait pas encore à disposition à l'époque son unité de lancement mobile.

Profil de vol[modifier | modifier le code]

Rocket 3.1 sur le LP-3B depuis Kodiak

Note: Ce profil de vol correspond au lancement de Rocket 3.1.

Étapes du vol Temps après le décollage
Décollage T+0 s
Extinction premier étage T+138 s
Éjection de la coiffe du lanceur T+140 s
Séparation premier étage T+147 s
Allumage deuxième étage T+152 s
Extinction deuxième étage T+528 s
Séparation charge utile T+531 s

Liste des lancements[modifier | modifier le code]

Tableau mis à jour le .

Succès Vol n° Numéro du

lanceur

Date de lancement

(UTC)

Base de lancement Charge(s) utile(s) Type Orbite Notes
- 1.0 21/07/2018 LP-2, Kodiak - Vol d'essai Suborbital Échec : Perte de la fusée en vol

Unique vol de Rocket 1.0

- 2.0 29/11/2018 LP-2, Kodiak - Vol d'essai Suborbital Échec : La propulsion fut plus courte que prévue

Unique vol de Rocket 2.0

~ - 3.0 02/03/2020 LP-3B, Kodiak ARCE-1A, 1B & 1C

Prometheus

SOARS

Satellites de

la DARPA

OBT (LEO) Vol annulé : Le décollage fut annulé 53s avant le vol

Le lanceur fut détruit lors d'un essai au sol

Première tentative de vol orbital de Rocket 3

La mission était nommée One of Three

1 3.1 12/09/2020 LP-3B, Kodiak Aucune - OBT (LEO) Échec : Le lanceur explosa au sol après la coupure

automatique des moteurs en vol. Premier vol orbital de Rocket.

2 3.2 16/12/2020 LP-3B, Kodiak Aucune - OHS (SSO) Échec : Ratio du mélange des ergols plus faible que prévu.

Le deuxième étage n'a pas atteint la vitesse orbitale.

3 3.3

LV0006

28/08/2021 LP-3B, Kodiak STP-27AD1 Instruments

de mesure

OHS (SSO) Échec : Panne d'un des moteurs du premier étage conduisant à la perte du lanceur. La charge utile devait tester attaché pour recueillir des données.
- 4 3.3

LV0007

27/10/2021 LP-3B, Kodiak STP-27AD2 Instruments

de mesure

OHS (SSO) La charge utile devrait rester attaché pour recueillir des données
- ? ? Fin 2021 Kwajalein CLS Demo 2 Satellites de

la NASA

OHS (SSO) Premier vol de Rocket 3 depuis les Marshall
- ? ? Début 2022 Kwajalein TROPICS 1 & 2 Satellites de

la NASA

OHS (SSO)
- ? ? Mi-2022 Kwajalein TROPICS 3 & 4 Satellites de

la NASA

OHS (SSO)

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) « Astra Rocket 3.3 launch fails », sur SpaceNews, (consulté le )
  2. (en) Norbert Brugge, « Astra NLV », sur Space Launch Vehicles all of the world (consulté le )
  3. « Astra Space », sur www.b14643.de (consulté le )
  4. (en-US) « Alaska launch shrouded in secrecy », sur SpaceNews, (consulté le )
  5. (en-US) « Astra Space suborbital launch fails », sur SpaceNews, (consulté le )
  6. (en) Caleb Henry, « Stealth startup lone remaining contender in DARPA responsive launch challenge », sur Space News,
  7. (en) « Welcome », sur Astra space (consulté le )
  8. a et b (en) Ashlee Vance, « A Small Rocket MakerIs Running A Different Kind of Space Race », sur Bloomberg,
  9. (en-US) « Astra scrubs DARPA launch challenge attempt », sur NASASpaceFlight.com, (consulté le )
  10. (en-US) « Rocket 1 Of 3, Launch Attempt 1 », sur Astra, (consulté le )
  11. (en-US) « Astra Rocket 3.0 | One of Three (SCRUB) », sur Everyday Astronaut, (consulté le )
  12. (en-US) « Astra rocket damaged in pre-launch tests », sur SpaceNews, (consulté le )
  13. (en-US) Kavitha George, « BREAKING: "Anomaly" at Pacific Spaceport Complex launch rehearsal, no injuries as a result », sur KMXT 100.1 FM, (consulté le )
  14. (en-US) Stephen Clark, « U.S. military to award smallsat launch contracts using COVID-19 relief funds – Spaceflight Now » (consulté le )
  15. (en-US) « Astra sets early August for next launch attempt », sur SpaceNews, (consulté le )
  16. « https://twitter.com/astra/status/1272865773958991872 », sur Twitter (consulté le )
  17. (en-US) « Defining Launch Success », sur Astra, (consulté le )
  18. (en-US) « Rocket 3.1 And Astra’s Path To Orbit », sur Astra, (consulté le )
  19. (en-US) « Astra Rocket 3.1 | Orbital Launch Attempt », sur Everyday Astronaut, (consulté le )
  20. « https://twitter.com/astra/status/1291564453368979457 », sur Twitter (consulté le )
  21. « https://twitter.com/astra/status/1304622467042820105 », sur Twitter (consulté le )
  22. « Astra Rocket 3.2 - Kodiak - NLT end of 2020? », sur forum.nasaspaceflight.com (consulté le )
  23. (en-US) « Launch startup Astra’s rocket reaches space », sur TechCrunch (consulté le )
  24. « https://twitter.com/sciguyspace/status/1338982770085916678 », sur Twitter (consulté le )
  25. « La fusée Rocket 3 face à un troisième échec successif », sur Destination Orbite (consulté le )
  26. « https://twitter.com/djsnm/status/1338957105521311744 », sur Twitter (consulté le )
  27. (en) Eric Berger, « At Astra, failure is an option », sur Ars Technica,
  28. (en-US) « Astra scrubs DARPA launch challenge attempt », sur NASASpaceFlight.com, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Lanceur
  • Electron, lanceur occidental concurrent de Rocket
  • Kodiak, base depuis laquelle sont lancées les fusées Rocket

Liens externes[modifier | modifier le code]