OmegA

OmegA
Lanceur
Image illustrative de l’article OmegA
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur Orbital ATK
Statut Projet abandonné en 2020 en cours de développement
Hauteur 50 m
Diamètre 3,7 m
Masse au décollage ±440 t
Étage(s) 3
Base(s) de lancement Cape Canaveral
Version décrite OmegA Intermediaire
Autres versions OmegA Heavy
Transfert géostationnaire (GTO) 10,1 t
Motorisation
Ergols Propergol solide
LH2/LOX
Propulseurs d'appoint 0 à 6 GEM-63XL
1er étage Castor 600
2e étage Castor 300
3e étage 2 RL10C-5-1

OmegA ou précédemment Next Generation Launch System (en anglais système de lancement de nouvelle génération) était un projet de lanceur conçu par la société aérospatiale américaine Orbital ATK (filiale de Northrop Grumman depuis 2018) pour répondre aux besoins de l'Armée de l'Air américaine. Les deux premiers étages du lanceur utilisent des moteurs à propergol solide dérivés du SRB utilisé par la navette spatiale américaine et également mis en œuvre par le lanceur lourd SLS, l'utilisation d'un premier étage à poudre reprend le concept des projets avortés de lanceur Ares 1 et Liberty. Le lanceur est conçu pour placer dans sa version de base une charge utile en orbite géostationnaire comprise en 4,9 et 10,1 tonnes en fonction du nombre de propulseurs d'appoint utilisé. Le premier vol était prévu en 2021. Le projet est abandonné en septembre 2020 lorsque l'Armée de l'Air américaine décide de ne pas choisir cette fusée pour lancer les futures missions du contrat NSSL.

Contexte[modifier | modifier le code]

En , la société américaine Orbital Sciences Corporation, constructeur de lanceurs et de satellites, fusionne avec Alliant Techsystems le principal spécialiste américain des moteurs-fusées à propergol solide et de missiles balistiques. Ce dernier est le concepteur du Propulseur d'appoint à poudre de la navette spatiale américaine réutilisé par le futur lanceur lourd SLS. La société née de cette fusion, Orbital ATK, lance immédiatement l'étude d'un lanceur de nouvelle génération basé sur l'expertise de Alliant Techsystems dans le domaine du propergol solide. Les travaux sont en partie financés par des contrats de l'Armée de l'Air américaine qui, à la suite du regain de tension entre les États-Unis et la Russie, souhaite disposer de nouveaux lanceur moyen/lourd pour ne plus être dépendante des moteurs russes RD-180 qui propulsent l'Atlas V[1].

Développement du lanceur[modifier | modifier le code]

Entre 2015 et 2017, près de 200 millions US$ en provenance de contrats de l'Armée de l'Air américaine ou autofinancés sont investis dans le développement du nouveau lanceur, en particulier dans la conception d'un segment d'étage à propergol solide baptisé « Common Booster Segment » (CBS). Courant 2017 une usine rénovée située dans l'Utah commence à produire les composants du CBS. L'Armée de l'Air américaine souhaite sélectionner pour la mise en orbite de ses satellites 2 fournisseurs fin 2019 qui devront remplacer les Atlas V et Delta IV. Orbital ATK proposera son NGL auquel sera opposé la fusée Vulcan de ULA, la Falcon 9 de SpaceX et la New Glenn de Blue Origin[2]. Le premier étage du lanceur est testé le 30 mai 2019 et se déroule de manière nominale. Mais deux secondes avant son extinction, des morceaux de sa tuyère sont éjectés. Le test est néanmoins considéré comme concluant[3]. Le deuxième étage est testé avec succès le 27 février 2020[4]

Abandon[modifier | modifier le code]

L'Armée de l'Air américaine décide en août de confier le lancement de ses missions militaires pour la période 2022-2027 aux lanceurs Vulcan de la société ULA (à hauteur de 60%) et Falcon 9/Falcon Heavy de la société SpaceX (à hauteur de 40%). OmegA ainsi que le lanceur New Glenn de Blue Origin ne sont donc pas retenus[5]. Le lanceur OmegA ayant été entièrement conçu dans l'optique de ce contrat la société Northrop Grumman annule son développement en septembre 2020[6]. pour desservir Le lanceur devait être lancé depuis le pas de tir 39B du complexe de lancement 39 (Centre spatial Kennedy) après avoir été assemblé dans la baie numéro deux du VAB. La construction de la tour ombilicale de la plateforme mobile de lancement numéro 3, qui devait être utilisée pour les tirs, est arrêtée suite à cette décision[7].

Caractéristiques et performances des lanceurs lourds développés durant la décennie 2010[8],[9],[10],[11] ,[12] ,[13] ,[14],[15],[1].
Charge utile
Lanceur Premier vol Masse Hauteur Poussée Orbite basse Orbite GTO Autre caractéristique
Drapeau des États-Unis OmegA (Heavy) 2021 60 m 10,1 t
Drapeau du Japon H3 (24L) 2020 609 t 63 m 9 683 kN 6,5 t
Drapeau des États-Unis New Glenn 2021 82,3 m 16 800 kN 45 t 13 t Premier étage réutilisable
Drapeau des États-Unis Vulcan (441) 2021 566 t 57,2 m 10 500 kN 27,5 t 13,3 t
Drapeau des États-Unis Falcon Heavy (sans récupération) 2018 1 421 t 70 m 22 819 kN 64 t 27 t Premier étage réutilisable
Drapeau des États-Unis Space Launch System (Bloc I) 2020 2 660 t 98 m 39 840 kN 70 t
Drapeau de l’Union européenne Ariane 6 (64) 2020 860 t 63 m 10 775 kN 21,6 t 11,5 t
Drapeau des États-Unis Falcon 9 (bloc 5 sans récupération) 2018 549 t 70 m 7 607 kN 22,8 t 8,3 t Premier étage réutilisable
Drapeau de la République populaire de Chine Longue Marche 5 2016 867 t 57 m 10 460 kN 23 t 13 t

Caractéristiques techniques du lanceur[modifier | modifier le code]

Les deux premiers étages d'OmegA sont propulsés par des moteurs à propergol solide d'un diamètre de 3,71 mètres proche de celui du propulseur d'appoint à poudre de la navette spatiale américaine. Dans la version de base, OmegA, le lanceur a une masse d'environ 440 tonnes pour une hauteur d'environ 50 mètres. Le premier étage est composé de deux segments CBS tandis que le second étage en comporte un seul. Le segment CBS utilise une enveloppe en composite contrairement à son prédécesseur qui utilisait une enveloppe métallique. Le troisième étage est cryogénique. Le moteur-fusée qui doit le propulser est le RL10C-5-1[16] d'Aerojet Rocketdyne. La coiffe fournit la même capacité que les lanceurs équivalents avec un diamètre de 5 mètres pour une hauteur de 15 mètres et 20 mètres de haut pour une version plus grande de la coiffe. OmegA est capable de placer de 4,9 à 10,1 tonnes en orbite de transfert géostationnaire, ce qui le range dans la même catégorie que les lanceurs européens Ariane 5 et Ariane 6 et les lanceurs américains Atlas V et Falcon 9. La puissance est modulée par l'ajout de 0 à 6 propulseurs d'appoint GEM-63XL de 56 tonnes capables de fournir une poussée au décollage de 187 tonnes. Une version plus puissante, OmegA Heavy (ex NGL 500XL), caractérisée par un premier étage à 4 segments est prévue[1].

Principales caractéristiques du lanceur NGL dans sa version de base [1]
Caractéristique Lanceur complet Propulseurs d'appoint 1er étage 2eétage 3eétage
Désignation GEM-63XL (0 à 6) Castor 600 Castor 300 RL10C-5-1
Dimension
(longueur × diamètre)
50 m 19,2 × 1,55 m 25 x 3,71 m 12 x 3,71 m 9 × 5,25 m
Masse 450 t 50 t (1 ex) 272 t 136 t ?
Carburant 46 t (1 ex) 250 t 125 t ?
Poussée maximale 187 t.
Impulsion spécifique 245 s (sol)
Durée de fonctionnement 90 s
Ergols Propergol solide Hydrogène Liquide / LOX

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Ed Kyle, « Orbital ATK Next Generation Launch », sur Space Launch Report,
  2. (en) Stephen Clark, « Orbital ATK confident new rocket will win Air Force support », sur Spaceflight now,
  3. (en) Justin Davenport, « NGIS OmegA fires for two minutes in first static test – nozzle incident under review », sur nasaspaceflight.com,
  4. (en) Justin Davenport, « Northrop Grumman OmegA 2nd stage tested at NGC in Promontory », sur nasaspaceflight.com,
  5. (en) Joseph Navin et Mihir Neal, « Payload stacked for NROL-44; ULA, SpaceX win NSSL awards », sur nasaspaceflight.com,
  6. (en) Sandra Erwin, « Northrop Grumman to terminate OmegA rocket program », sur spacenews.com,
  7. (en) Chris Bergin, « OmegA Launch Tower to be demolished as KSC 39B fails to become a multi-user pad », sur nasaspaceflight.com,
  8. (en) Patric Blau, « Long March 5 Launch Vehicle », sur Spaceflight101.com (consulté le 3 novembre 2016).
  9. (en) Norbert Brügge, « SLS », sur Spacerockets (consulté le 11 mai 2019)
  10. (en) Norbert Brügge, « NGLS Vulcan », sur Spacerockets (consulté le 11 mai 2019)
  11. (en) Norbert Brügge, « Falcon-9 Heavy », sur Spacerockets (consulté le 11 mai 2019)
  12. (en) Norbert Brügge, « H-3 NGLV », sur Spacerockets (consulté le 11 mai 2019)
  13. (en) Norbert Brügge, « Ariane NGL », sur Spacerockets (consulté le 11 mai 2019)
  14. (en) Norbert Brügge, « B.O. New Glenn », sur Spacerockets (consulté le 11 mai 2019)
  15. Stefan Barensky, « Bezos et Musk : Course au gigantisme », Aerospatium,
  16. Pierre-François Mouriaux, « Orbital ATK dévoile OmegA - Air&Cosmos », Air & Cosmos,‎ (lire en ligne, consulté le 18 avril 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]