Météosat troisième génération

Météosat troisième génération
Satellite météorologique
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste.
Données générales
Organisation Drapeau de l’Union européenne Eumetsat / ESA
Constructeur Drapeau de la France Thales Alenia Space / Drapeau de l'AllemagneOHB
Programme Météosat
Domaine Météorologie
Nombre d'exemplaires MTG-I : 4
MTG-S : 2
Constellation oui
Statut en développement
Lancement 2021-2029
Lanceur Ariane 5 / Ariane 6
Durée de vie 8,5 ans(théorique)
Caractéristiques techniques
Masse au lancement MTG-I : 3600 kg
MTG-S : 3800 kg
Masse instruments MTG-I : 600 kg
MTG-S : 800 kg
Dimensions MTG-I : 2,3 x 2,8 x 5,2 m.
MTG-S : 2,9 x 2,3 x 5,1 m.
Plateforme SmallGEO (Luxor)
Ergols Hydrazine/propergol solide
Masse ergols MTG-I : 2000 kg
MTG-S : 2000 kg
Contrôle d'attitude Stabilisé 3 axes
Source d'énergie Panneaux solaires
Puissance électrique 2000 watts
Orbite
Orbite Orbite géostationnaire
Principaux instruments
FCI (MTG-I) Imageur visible/infrarouge
LI(MTG-I) Imageur éclairs
IRS (MTG-S) Sondeur infrarouge hyperspectral
UVN (MTG-S)

Le sondeur ultraviolet,

visible et proche infrarouge

Les Météosat troisième génération, également désignés par l'acronyme MTG constituent la troisième génération de satellites météorologiques européens circulant en orbite géostationnaire. Ils doivent progressivement remplacer les satellites MSG à compter de 2021. Il est prévu de construire six satellites MTG de deux types (MTG-I et MTG-S) se différenciant par les instruments emportés. Dans la configuration opérationnelle de cette constellation de satellites qui devrait être en place vers 2025, l'opérateur Eumetsat a prévu de disposer en permanence de trois satellites MTG tous positionnés sur la longitude 0 degr : deux MTG-I et un MTG-S.

En 2009, après des études préliminaires, l'ESA, agissant pour le compte d'Eumetsat, lance l'appel d'offres pour une troisième génération des satellites Météosat baptisée Météosat troisième génération (MTG). Le concept évolue fortement par rapport aux deux générations précédentes, puisque deux types de satellites seront mis en œuvre (un imageur et un sondeur), tous deux stabilisés trois-axes (alors que les deux générations précédentes étaient spinnés) avec une très grande précision de pointage[1]. L'augmentation du temps d'observation de 5 à 100 % par rapport à la solution de stabilisation par rotation est indispensable pour satisfaire les besoins futurs, qui exigent des gains en résolution spatiale, en cycle de répétition et en rapport signal sur bruit[2].

Les satellites MTG ont une masse supérieure à 3,6 tonnes dont 600 à 800 kilogrammes d'instrumentation. L'instrument principal des MTG-I est un imageur fonctionnant dans 16 longueurs d'ondes allant de la lumière visible à l'infrarouge thermique et fournissant une image toutes les 10 minutes avec une résolution spatiale comprise entre 1 et 2 kilomètres. Une résolution temporelle de 2,5 minutes et une résolution spatiale de 0,5 km peut être obtenue dans certaines longueurs d'ondes. L'instrument principal des MTG-S est un sondeur infrarouge fournissant les principales caractéristiques du profil vertical de l'atmosphère (température, humidité, vent, ozone) avec une résolution spatiale de 4 kilomètres et une fréquence horaire. Les MTG-I emportent également un instrument cartographiant les éclairs tandis que les MTG-S emporte le sondeur Sentinel-4.

Historique[modifier | modifier le code]

À compter du début de leur déploiement en 2004, les satellites météorologiques gestionnaires Météosat de seconde génération (MSG) constituent la principale source de données météorologiques fournies depuis l'orbite géostationnaire pour l'Europe et l'Afrique. Les données des MSG constituent l'une des contributions clés d'EUMETSAT, l'opérateur européen de ces satellites, au système mondial d'observation de l'Organisation météorologique mondiale. Il est alors prévu que les quatre satellites MSG restent opérationnels au minimum jusqu'à fin 2018. Compte tenu de cette échéance, EUMETSAT prévoit de commencer à déployer la génération suivante, baptisée MTG (Météosat de troisième génération) à compter de 2015. Les travaux préparatoires des nouveaux satellites débutent fin 2000[3],[4].

Définition des besoins (Phase-A)[modifier | modifier le code]

la phase de définition des besoins (phase A) est menée entre 2004 et 2006 par plus de cinquante experts de plusieurs disciplines relevant d'organisations opérationnelles et d’instituts de recherches européens, américains ou d'autres pays. Le cahier des charges du futur système prend en compte les améliorations à long terme (2015-2025) attendues par les clients d'EUMETSAT : organisations météorologiques des pays européens (comme Météo France) et le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme chargé des prévisions jusqu'à 10 jours. Le rapport remis fin 2006 définit quatre types de besoins classés ici par priorité décroissante[5],[6] :

  • Une mission d'imagerie à haute résolution spectrale du disque complet (FDHSI : Full Disk High Spectral Imagery) couvrant l'hémisphère visible depuis l'orbite géostationnaire avec une fréquence des observations de 10 minutes et une résolution spatiale allant de 1 à 2 kilomètre.
  • une mission d'imagerie à haute résolution spatiale (HRFI: 'High Resolution Fast Imagery), prenant des images partielles de l'hémisphère avec une fréquence des observations de 2,5 minutes et une résolution spatiale allant de 0,5 à 1 km.
  • une mission de sondage de l'atmosphère dans l'infrarouge (IRS : Infrared Sounding) couvrant le disque complet avec une fréquence des observations de 30 minutes (si cet objectif n'est pas atteint au moins 60 minutes) et une résolution spatiale de 4 km. L'instrument doit fournir des informations de sondage hyperspectral avec une résolution spectrale de 0,625 cm-1 dans deux bandes: une bande infrarouge ondes longues et une bande infrarouge ondes moyennes.
  • Une mission d'observation de l'activité électrique (LI Lightning Imagery) détectant en permanence sur 80% du disque complet les décharges se produisant au sein des nuages ou entre les nuages et le sol.

Fin 2008, la conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne fige les contributions financières des différents états membres au programme : Allemagne et France (31,01 % chacun), Italie et Espagne : (11,86 % chacun), Suède et Suisse : (3,19 % chacun), Belgique (2,58 %), Autriche (2,28 %) et autres pays (3,02 %).

Phase-B[modifier | modifier le code]

La phase B1, se déroulant de février à , organise le programme en quatre éléments :

Sélection des constructeurs[modifier | modifier le code]

La compétition industrielle est particulièrement rude[Note 1]. Deux groupes d'industriels européens sont en compétition, menés par Thales Alenia Space, avec une maîtrise d'œuvre française et par EADS Astrium Satellites, avec une maîtrise d'œuvre allemande, le choix devant être fait avant la fin de l'année 2009. Au début de 2010, le choix tarde à se faire, des intérêts politiques entrant en jeu dans une compétition franco-allemande[7]. Le , l'ESA annonce avoir choisi l'équipe menée par Thales Alenia Space pour entamer la négociation finale pour un contrat à signer courant juin[8],[9]. Un audit ultérieur, accepté par l'Allemagne, a renforcé la crédibilité de l'ESA en montrant l'impartialité totale de la procédure de l'appel d'offres[10]. Le , le conseil d'Eumetsat adopte la proposition de Thales Alenia Space ; une autorisation de démarrage (ATP)[4] est signée le [11]. Le chef de projet Thales Alenia Space au Centre spatial de Cannes - Mandelieu est Alain Lamothe[12], après avoir été chef de projet Météosat seconde génération[4]. Le contrat final pour la réalisation des satellites, représentant une valeur industrielle de plus de 1,26 milliard d’euros, est signé le entre Volker Liebig, directeur de l’ESA responsable des programmes d’Observation de la Terre et Reynald Seznec, Pdg de Thales Alenia Space[13],[14],[4],[15]. Comme pour les deux premières générations, la maîtrise d'œuvre ainsi qu'une part importante de réalisation, sont effectuées dans l'établissement de Cannes. Thales est responsable de l'ensemble du projet et est chargé plus particulièrement de la construction de la version MTG-I et de son instrument principal FCI. OHB et sa filiale Kayser Threde sont chargés de la construction de la version MTG-S et de son instrument principal IRS. OHB fournit également la plateforme des deux types de satellite[6].

Conception détaillée et fabrication (Phase C/D)[modifier | modifier le code]

La conception détaillée débute en . En juillet 2018 un modèle de test de l'instrument principal FCI est placé dans une chambre à vide pour vérifier son comportement dans l'espace. En juillet 2019, un modèle de test du satellite MTG-I complet achève avec succès l'ensemble des tests (vibration, phase de séparation, ...) qui permettent de le qualifier. Le lancement du premier satellite prévu initialement pour la fin de 2017 est repoussé à 2021[6].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Les satellites MTG sont de deux types : MTG-I et MTG-S. Les deux types utilisent la même plateforme SmallGEO/LUXOR mais mettent en œuvre des instruments différents[6] :

  • La version MTG-I a une masse au lancement de 3 600 kg dont 2 tonnes d'ergols et 600 kg d'instruments. Ses performances (résolution spatiale, fréquence des prises d'images, nombre de canaux, pointage,...) sont nettement supérieures à celles de la génération précédente (MGS) et similaires à celles du satellite américain GOES R. Le satellite utilise pour la première fois sur un satellite météorologique européen en orbite géostationnaire une plateforme stabilisée 3 axes. Les détecteurs infrarouges de son instrument principal sont refroidis à 55 kelvin à l'aide d'un cryoréfrigérateur.
  • La version MTG-S a une masse au lancement de 3 800 kg dont 2 tonnes d'ergols et 800 kg d'instruments. Il s'agit du premier satellite sondeur en orbite géostationnaire, les Américains ayant renoncé au développement de l'instrument HES qui devait embarquer sur le satellite GOES R.

Plateforme[modifier | modifier le code]

La plateforme SmallGEO/LUXOR développée par OHB est commune aux deux versions des MTG. Elle est stabilisée 3 axes. Ses dimensions avant déploiement des panneaux solaires et antennes sont de 2,3 x 2,8 x 5,2 mètres. L'énergie est fournie par deux panneaux solaires déployés en orbite capables de produire plus de 2000 watts. La durée de vie de la plateforme est au minimum de 8,5 années Le satellite emporte une quantité d'ergols suffisante pour 11,5 années de fonctionnement. Le contrôle d'attitude s'appuie sur des viseurs d'étoiles et est assuré par cinq roues de réaction qui doivent compenser notamment les impulsions liées aux mécanismes des instruments embarqués. Le système de propulsion comprend le moteur d'apogée à ergols liquides de 400 newtons de poussée qui est chargé de placer le satellite sur son orbite géostationnaire depuis l'orbite de transfert géostationnaire ainsi que 16 petits moteurs de 10 newtons de poussée utilisés pour maintenir l'orbite et désaturer les roues de réaction. Les deux types de moteur utilisent des ergols liquides : hydrazine et peroxyde d'azote[6].

Charge utile[modifier | modifier le code]

Satellite MTG-I[modifier | modifier le code]

Le satellite MTG-I embarque deux instruments principaux : l'imageur visible/infrarouge FCI et le détecteur d'éclairs LI.

Imageur FCI[modifier | modifier le code]
Modèle de test de l'instrument FCI en cours de test en juin 2018

L'imageur FCI (Flexible Combined Imager) qui dérive de l'instrument SEVIRI installé à bord des satellites de la génération précédente (MSG) fournit des images dans 16 longueurs d'ondes distinctes allant de la lumière visible à l'infrarouge thermique. Il fournit une image complète de l'hémisphère terrestre visible depuis l'orbite toutes les 10 minutes (mode FDSS : Full Disc Scanning Service) et une image du quart de disque (par exemple l'Europe) toutes les 2,5 minutes (mode RSS : Rapid Scanning Service). La résolution spatiale est de 1 kilomètre en lumière visible et proche infrarouge et de 2 kilomètres en infrarouge thermique. En mode FDHSI (Full Disc High Spectral Resolution Imagery) la résolution spatiale est de 0,5 kilomètres dans deux longueurs d'ondes (0,6 et 2,2 microns) et de 1 kilomètre dans deux longueurs d'ondes du spectre thermique (3,8 et 10,5 microns)[16].

Caractéristiques des canaux observées[16]
Type rayonnement Longueur d'onde (centre) largeur de la bande spectrale Résolution spatiale Apports pour les variables atmosphériques
lumière visible 0,444 µm 0,060 µm 1 km Aérosols, cendres volcaniques
0,510 µm 0,040 µm 1 km Aérosols, cendres volcaniques
0,640 µm 0,050 µm 1 km et 0,5 km (HFRI) Nuages (détection, propriétés), vents (AMV),couverture neigeuse, végétation,

cendres volcaniques, fumées

0,865 µm 0,050 µm 1 km Nuages (détection, propriétés, type, phase, épaisseur optique, microphysique),vents (AMV), couverture neigeuse, végétation (stress), cendres volcaniques (détection, concentration), fumées
0.914 µm 0.020 µm 1 km Vapeur d’eau (contenu intégré
Proche infrarouge 1.380 µm 0.030 µm 1 km Nuages (détection des cirrus), vapeur d’eau
1,610 µm 0,050 µm 1 km Nuages (détection, type, phase, microphysique), couverture neigeuse,

végétation (stress), fumées (détection)

2,250 µm 0,050 µm 0,5 km (HFRI) et 1 km Nuages (microphysique)
Infrarouge thermique 3,800 µm 0,400 µm 1 (HFRI) et 2 km Nuages (détection, microphysique), température de surface (terre et mer), feux
6,300 µm 1,000 µm 2 km Vents (AMV), vapeur d’eau, instabilité verticale
7,350 µm 0,500 µm 2 km Vents (AMV), vapeur d’eau, instabilité verticale
8,700 µm 0,400 µm 2 km Nuages (détection, type, altitude du sommet, microphysique), cendres

volcaniques (détection), SO2, sables et poussières (détection)

9,660 µm 0,300 µm 2 km Ozone (colonne totale)
10,500 µm 0,700 µm 2 km et 1 km (HFRI) Nuages (détection, type, altitude du sommet), vents (AMV), vapeur d’eau (contenu intégré), instabilité verticale, température de surface (terre et mer), cendres volcaniques (détection), sables et poussières (détection)
12,300 µm 0,500 µm 2 km Nuages (détection), vents (AMV), vapeur d’eau (contenu integré), instabilité verticale, température de surface (terre et mer), cendres volcaniques (détection), sables et poussières (détection)
13,300 µm 0,600 µm 2 km Dioxyde de carbone, Nuages (altitude du sommet), instabilité verticale, cendres volcaniques (détection)

L'instrument FCI utilise un télescope anastigmatique à trois miroirs de 33 centimètres d'ouverture doté d'un miroir pivotant sur deux axes pour balayer la surface à photographier. Le rayonnement lumineux est divisé en cinq groupes de bandes spectrales par un diviseur de faisceau dichroïque. Les faisceaux lumineux passent par des filtres spectraux avant d'atteindre les détecteurs qui sont de deux types. Le détecteur qui traite les canaux en lumière visible et les détecteurs qui analysent les canaux en proche infrarouge/infrarouge thermique. Ces derniers sont placés dans un cryoréfrigérateur qui les maintient à 60 kelvin[17]. Les dimensions externes de l'instrument sont de 1,57 m x 1,72 m x 2,2 mètres. Sa masse est de 394 kilogrammes et il consomme au maximum 495 watts. Le volume de données généré est inférieur à 68 mégabits par seconde[6].

Détecteur d'éclairs LI[modifier | modifier le code]

L'instrument LI (Lightning Imager) détecte en permanence les impulsions optiques (éclairs) déclenchées par des décharges d'énergie électrique. Il couvre une zone du disque terrestre limitée par un cercle de 16° de diamètre sous-tendu à partir de la position géostationnaire et décalé vers le nord de manière à couvrir les pays européens (84% du disque terrestre visible). Il effectue ses observations dans la longueur d'onde 777,4 nm avec une résolution spatiale de 4 km. L'information fournie aux utilisateurs comprend l'heure, la position et l'intensité des impulsions optiques détectées. L'instrument d'une masse de 93 kilogrammes comprend quatre caméras optiques dont les champs de vue se superposent légèrement. Celles-ci sont dotées chacune d'une optique de 110 mm d'ouverture et de 190 mm de longueur focale. Chaque caméra comporte un détecteur de type CMOS comportant 1000 x 1700 pixels et prenant 1000 images par seconde[18]. L'instrument qui est développé par la société italienne Selex Galileo a une masse de 93 kilogrammes[6].

Autres équipements[modifier | modifier le code]
Antenne patch UHF / bande-L utilisées par les équipements DCS et GEOSAR.

Le satellite emporte également deux équipements non directement liés à sa mission principale[6] :

  • Le DCS (Data Collection System) est un équipement dont le rôle est de relayer vers les stations au sol les données sur les variables environnementales qui ont été collectées par des capteurs placés dans des bouées, navires, ballons stratosphériques ou avions (DCP ou Data Collection Platform) qui sont de par leur situation trop éloignés de relais terrestres. Les données des DCP peuvent être émises et relayées par les satellites Météosat à fréquence périodique et/ou dès leur collecte (par exemple si un tsunami est détecté)[19],[6].
  • GEOSAR (Geostationary Search & Rescue) est un équipement qui constitue un des maillons du système de sauvetage COSPAS-SARSAT. GEOSAR permet de capter et relayer vers des centres de secours des messages de détresse (fournissant la position) émis par des balises COSPAS-SARSAT embarquées sur des navires ou des avions ou installés à bord d'engins terrestres[20],[6].

Satellite MTG-S[modifier | modifier le code]

Pour la première fois, les satellites Meteosat ne se contenteront plus de fournir des images des systèmes météorologiques, mais ils réaliseront aussi une analyse « couche par couche » de l’atmosphère permettant d’obtenir davantage d’informations sur la complexité de sa composition chimique[21].

Le satellite MTG-S embarque deux instruments principaux : le sondeur infrarouge IRS et le spectromètre UVN (Sentinel-4).

Sondeur IRS[modifier | modifier le code]

Le sondeur IRS (Hyperspectral Infrared Sounder) infrarouge hyperspectral, est un spectromètre de Fourier imageur dont la résolution spectrale est de 0,625 cm-1, travaillant dans deux bandes de l'infrarouge 8,3-14,3 μm avec 800 canaux spectraux et 4,6-6,25 μm avec 920 canaux spectraux. Il fournit avec une résolution spatiale de 4 kilomètres le profil vertical de l'humidité avec une résolution verticale de 2 kilomètres et une précision de 10% et le profil vertical de température avec une résolution verticale de 1 kilomètre et une précision comprise entre 0,5 et 1,5°C. Pour y parvenir il effectue des mesures dans les bandes d’absorption de la vapeur d’eau et du CO2 avec une très grande résolution et précision spectrale. Il est capable de fournir les données de l'hémisphère visible depuis l'orbite avec une répétition de cycle nominale de 60 minutes et les mêmes données pour une partie de l'hémisphère nord couvrant l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Atlantique nord toutes les 30 minutes. L'instrument fournit également des données sur le monoxyde de carbone et l’ozone, La commande portera sur deux modèles. L'instrument est développé par la société allemande Kayser Threde installée à Münich (filiale d'OHB). Parmi les sous-traitants figure Sofradir qui fournit, dans le cadre d'un contrat de plusieurs dizaines de millions d'euros, les détecteurs infrarouges MTC (tellurure de mercure-cadmium)[22],[23].

Spectromètre UVN[modifier | modifier le code]

Le satellite MTG-S embarque pour le programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security) l'instrument Sentinel-4/UVN est un sondeur fonctionnant en ultraviolet, lumière visible et proche infrarouge qui analyse la chimie atmosphérique et permet d'identifier des concentrations de gaz tels que l’ozone et le dioxyde d’azote. C'est un spectromètre imageur à pushbroom à haute résolution fonctionnant dans trois bandes spectrales : ultraviolet (305-400 nm), visible (400-500 nm) et proche infrarouge (750-775 nm). Sa résolution spatiale est de 8 kilomètres au niveau de l'Europe. L'instrument balaye la région observée d'est en ouest toutes les 60 minutes et fournit une image complète de l'Europe et de l'Afrique du Nord. La résolution spectrale est de 0,5 nm dans l'ultraviolet et le visible et de 0,12 nm dans l'infrarouge. L'instrument a une masse de 200 kilogrammes et consomme environ 180 watts. Les données produites représentent un volume de 30 mégabits/seconde. La durée de vie est de 7,5 ans. L'instrument est développé par la filiale allemande d'Airbus Defence & Space[24].

Segment sol[modifier | modifier le code]

Le contrôle des satellites en orbite, le traitement des données collectées et la diffusion des produits résultants sont pris en charge par l'établissement de Darmstadt d'EUMETSAT en Allemagne. Les données transmises par les satellites sont collectées par des stations terriennes situées à Leuk (Suisse) et Lario (Italie). Le suivi des satellites et la collecte des télémesures sont effectuées par les stations de Fucino (Italie) et Cheia (Roumanie)[25]. Thales Alenia Space Deutschland GmbH est chargé du développement et la validation du simulateur d'exploitation (Satsim) ainsi que le PDG (Payload Data Generator) pour tous les satellites, à la suite d'un contrat de 4 M€ signé le [26].

Principales caractéristiques des générations de Météosat géostationnaires[modifier | modifier le code]

Comparaison des caractéristiques des 3 générations de satellites METEOSAT [27],[28],[6]
Caractéristique METEOSAT MSG MTG-I MTG-S
Statut Retirés Opérationnels En développement
Date lancement 1977-1997 2002-2015 2021- 2022-
Nombre satellites 7 4 4 2
Masse au lancement (à sec) 696 kg (320 kg) 2 040 kg 3 600 kg 3 800 kg
Énergie 200 W 600 W (fin de vie) kW
Contrôle d'attitude Spinné Stabilisé 3 axes
Principaux instruments Radiomètre MVIRI 3 canaux Radiomètre SEVIRI 12 canaux Radiomètre FCI 16 canaux Sondeurs infrarouge IRS et ultraviolet UVN
Performances Résolution 2,5 km à 5 km
Image complète de l'hémisphère toutes les 30 minutes
Résolution de 1 à 3 km de tout l'hémisphère avec un cycle de 15 min et capacité d'observations locales aussi rapide que 2 min 30 s Résolution spatiale 0.5, 1 et 2 km.

Image complète de toute l'hémisphère en 10 min et image locale rapide en 2 min 30 s

Résolution de 8 km
Durée de vie contractuelle 5 ans 7 ans (MSG-1 lancé en est encore en fonction) 8,5 ans consommables pour 10,5 ans

Déploiement opérationnel[modifier | modifier le code]

La configuration opérationnelle de cette constellation de satellites, qui devrait être en place vers 2025, comprend deux satellites MTG-I et un satellite MTG-S. Il est prévu que cette génération de satellites reste opérationnelle durant 20 ans pour les MTG-I et 15 ans pour les MTG-S, aussi, compte tenu de leur durée de vie minimale (7,5 ans), il est prévu de construire 6 satellites. Les satellites MTG doivent être placés sur une orbite de transfert géostationnaire par des lanceurs Ariane (Ariane 5 puis Ariane 6). Ils doivent se positionner sur leur orbite géostationnaire en utilisant leur moteur d'apogée. Les deux satellites MTG-I seront positionnés respectivement à la longitude 0° (balayage plein disque) et 9,5° (balayage rapide de l'Europe)[29].

Liste des missions planifiées
Mise à jour le 28/1/2021[30],[31]
Désignation Date
lancement
Lanceur Type Position Identifiant
COSPAR
Statut Autre caractéristique
Météosat-12 vers 2021 Ariane 5 ECA MTG-I
Météosat-13 vers 2023 Ariane 64 MTG-S
Météosat-14 vers 2025 Ariane 64 MTG-I 9,5°
Météosat-15 vers 2026 MTG-I
Météosat-16 vers 2023 MTG-S
Météosat-17 vers 2031 MTG-I

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. “La pression fut à la hauteur des enjeux, mais nous avons mené les négociations à leur terme, en obtenant le meilleur rapport qualité-prix”, déclare Jean-Jacques Dordain, directeur-général de l'ESA à cette époque.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Lardier, « Choix de l'industriel pour MTG », dans Air et Cosmos, no 2206, 19 février 2010
  2. Par Rémy Decourt, « Un nouveau Météosat pour prévoir le temps qu’il fera demain », dans Futura-Sciences, 7 mars 2010, Un nouveau Météosat pour prévoir le temps qu’il fera demain
  3. Programmes d'Eumetsat, p. 31
  4. a b c et d Christian Lardier, « L'avenir de Météosat assuré jusqu'en 2038 », dans Air & Cosmos, no 2302, 2 mars 2012
  5. Programmes d'Eumetsat, p. 31-32
  6. a b c d e f g h i j et k (en) « Meteosat Third Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le )
  7. Marc Mennessier, « Paris et Berlin se disputent le futur satellite météo », dans Le Figaro, 26 janvier 2010, Paris et Berlin se disputent le futur satellite météo
  8. « L'OFFRE THALES ALENIA SPACE, RÉALISÉE EN PARTENARIAT AVEC OHB, SÉLECTIONNÉE PAR L'ESA POUR LA TROISIÈME GÉNÉRATION DES SATELLITES DE MÉTÉOROLOGIE MÉTÉOSAT », communiqué de presse TAS, 19 mars 2010, en ligne www.thalesgroup.com
  9. « Meteosat Third Generation - ESA and Thales Alenia Space enter negotiations for MTG », Communiqué de presse de l'ESA, 19 mars 2010, en ligne www.esa.int
  10. Michel Cabirol, « Les ambitions de Valérie Pécresse pour l'industrie spatiale française », dans La Tribune.fr, 4 octobre 2010, Les ambitions de Valérie Pécresse pour l'industrie spatiale française
  11. Jean-Pierre Largillet, « Thales Alenia Space : le méga contrat de Météosat 3e génération signé avec l’ESA », dans WebTimeMedias 19 novembre 2010, Thales Alenia Space : le méga contrat de Météosat 3e génération signé avec l’ESA
  12. Jean-Jacques Juillet, Alain Lamothe (Thales Alenia Space), « Météosat troisième génération (MTG) – Une nouvelle étape de progrès », conférence du groupe régional Côte d'Azur de la 3AF, donnée au Centre spatial de Cannes - Mandelieu, 21 février 2012, Météosat Troisième Génération (MTG) – Une nouvelle étape de progrès
  13. « Une nouvelle génération de satellites météorologiques », communiqué de presse ESA, 25 février 2012, Une nouvelle génération de satellites météorologiques
  14. Jean-Pierre Largillet, « MTG : Thales Alenia Space signe son "contrat du siècle" », dans WebTimeMedias, 27 février 2012, MTG : Thales Alenia Space signe son "contrat du siècle"
  15. Véronique Guillermard, « L'Europe s'impose comme no 1 mondial des satellites météo : Une troisième génération sur les rails », dans Le Figaro, 8 juillet 2012, en ligne sur lefigaro.fr, L'Europe s'impose comme no 1 mondial des satellites météo
  16. a et b (en) « Flexible Combined Imager », sur EUMETSAT, EUMETSAT, (consulté le )
  17. The Flexible Combined Imager on board MTG: from design to calibration, p. 4-9
  18. (en) « Lightning Imager », sur EUMETSAT, EUMETSAT, (consulté le )
  19. (en) « Meteosat Data Collection Services », sur EUMETSAT, EUMETSAT, (consulté le )
  20. (en) « COSPAS-SARSAT System », sur egmdss.com, European Commission (consulté le )
  21. Philippe Jeanneret avec le concours d’Igor Giunta de Météosuisse , « Météosat: la Suisse confirme sa participation », dans tsr.ch, , Météosat: la Suisse confirme sa participation
  22. (en) « Infrared Sounder », sur EUMETSAT, EUMETSAT, (consulté le )
  23. Les contrats de la quinzaine, Air & Cosmos, no 2294, 6 janvier 2012.
  24. (en) « Copernicus: Sentinel-4 », sur EO Portal, Agence spatiale européenne (consulté le )
  25. (en) « Meteosat third generation : FACTS ANDFIGURES », EUMETSAT, septembre2018
  26. Air & Cosmos, no 2311, 4 mai 2012
  27. (en) « Meteosat - First Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le )
  28. (en) « Minimize Meteosat Second Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le )
  29. Observations depuis l’orbite géostationnaire avec Meteosat troisième génération (MTG), p. 53
  30. (en) Gunter Krebs, « MTG-I 1, 2, 3, 4 (Meteosat 12, 14, 15, 17) », sur Gunter's Space Page (consulté le )
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Rolf Stuhlmann, Kenneth Holmlund, Johannes Schmetz, Hervé Roquet et al., « Observations depuis l’orbite géostationnaire avec Meteosat troisième génération (MTG) », La Météorologie, no 97,‎ , p. 52-61 (DOI 10.1117/12.2196644, lire en ligne) — Principales caractéristiques des instruments et prestations des satellites MTG.
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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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