Langues en Turquie

Langues en Turquie
Langues officielles turc
Langues minoritaires arabe
arménien
grec moderne
kurde
Langues des signes langue des signes turque
Disposition des touches de clavier turc : QWERTY[1]
Panneau trilingue (turc, anglais et polonais) à l'entrée du village de Polonezköy, près d'Istanbul

La langue officielle de la Turquie est le turc. Son statut est défini par l'article 3 de la constitution turque de 1982 :

« L’État turc, son territoire et sa nation sont unis et indivisibles. Sa langue est le turc. »

— Constitution turque de 1982, Article 3[2]

De nombreuses autres langues existent pourtant sur l'actuel territoire de la république de Turquie, comme le kurde.

D'après le Traité de Lausanne les langues minoritaires officiellement reconnues sont l'arménien, le grec, l'hébreu[3] et le bulgare[4],[5],[6],[7].

Évolutions historique des aires et du statut des langues[modifier | modifier le code]

Carte postale de la rue Youksek-Kalidrim à Galata, Constantinople (Istanbul) en 1901 avec des panneaux en turc ottoman (script arabe), grec, arménien et français

Situation au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Statut du turc ottoman[modifier | modifier le code]

Statut des autres langues[modifier | modifier le code]

Établissement du régime républicain kemaliste[modifier | modifier le code]

L'hégémonie du turc[modifier | modifier le code]

Évolutions des autres langues[modifier | modifier le code]

Caractéristiques des langues parlées aujourd'hui en Turquie[modifier | modifier le code]

On liste 37 langues différentes en Turquie, dont une qui est éteinte (le oubykh), avec des dialectes dans presque chaque province.

Turc[modifier | modifier le code]

Le turc est la langue officielle de la Turquie, son caractère particulier est garanti par l'article 3 de la Constitution turque, de 1982. Il est parlé sur tout le territoire, et par près de 72 millions de personnes , c'est-à-dire la quasi-totalité de la population. Son autre nom est l'anatolien. Cette langue fait partie de la famille des langues altaïques. Elle s'écrit en alphabet latin???

Kurde[modifier | modifier le code]

Le kurde est la deuxième langue la plus parlée de Turquie avec plus de 8 millions de locuteurs (2014), et sur tout le territoire, même si l'Est est plus concerné, puisque c'est dans cette région que les Kurdes vivent essentiellement. Son autre nom est le kurdî ou encore le kurmandji. Cette langue relève du groupe des langues indo-européennes. Elle s'écrit en alphabet latin.

Azéri[modifier | modifier le code]

L'azéri, une langue turque parlée en Azerbaïdjan et qui fait partie de l'hypothétique famille des langues altaïques, est surtout présent dans les provinces de Kars et d'Iğdır, dans la région de l'Anatolie orientale donc proche de l’Azerbaïdjan. On compte en 2014 plus de 500 000 locuteurs en Turquie. Son autre nom est l'azerbaïdjanais. Elle s'écrit en alphabet latin.

Arabe[modifier | modifier le code]

L'arabe fait partie de la famille des langues afro-asiatiques, avec plus de 720 000 locuteurs en 2014 en Turquie, principalement près de la frontière avec les pays du Moyen-Orient, et dans des provinces comme Mardin, Siirt, Batman ou encore Şanlıurfa. Elle s'écrit en alphabet arabe.

Avec la guerre civile syrienne en cours depuis 2011 et l'arrivée massive de personnes fuyant celle-ci, la population arabophone en Turquie croit fortement. Une estimation de 2016 place à 2,6 millions le nombre de réfugiés arabes en Turquie et le nombre total d'arabophone est estimé entre 3,6 et 5 millions[8].

Grec[modifier | modifier le code]

Le grec est une langue de la famille des langues indo-européennes, et s'écrit en alphabet grec. Elle compte encore plus de 3 500 locuteurs en 2014 en Turquie, surtout dans les provinces d'Istanbul mais aussi dans l'ile d'Imbros (Gökçeada) à Çanakkale et d'Izmir, près de la Grèce.

Arménien[modifier | modifier le code]

L'arménien est une langue indo-européenne, et s'écrit en alphabet arménien. Elle concerne plus de 40 000 interlocuteurs (2014) en Turquie, principalement dans la province d'Istanbul mais aussi dans une moindre mesure dans des provinces plus proches de l'Arménie comme Kars.

La version de l'arménien parlé en Turquie est l'arménien occidental. Mais l'arménien occidental est parlé par seulement un petit pourcentage des Arméniens en Turquie, avec 18 % parmi la population générale et 8 % chez les jeunes[9]. Il est défini par l'UNESCO comme étant l'une des langues en danger parlées en Turquie[10].

Zazaki[modifier | modifier le code]

Le zazaki est une langue indo-européenne parlée par les Zazas, principalement dans les provinces de Tunceli, d'Elâzığ et de Diyarbakır. Elle concerne plus de 1,5 million de locuteurs en 1998 en Turquie. Son autre nom est le dimli. Cette langue s'écrit en alphabet latin.

Classification génétique des langues de Turquie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Layouts : Turkish (tr) », sur unicode.org via Internet Archive (consulté le ).
  2. [PDF](tr) Türkiye Cumhuriyeti anayasası, MADDE 3 - Türkiye Devleti, ülkesi ve milletiyle bölünmez bir bütündür. Dili Türkçedir.
  3. Derya Bayır, Minorities and nationalism in Turkish law, London, Routledge, coll. « Cultural diversity and law », (ISBN 978-1-315-59551-1, lire en ligne) :

    « Oran farther points out that the rights set out for the four categories are stated to be the ‘fundamental law’ of the land, so that no legislation or official action shall conflict or interfere with these stipulations or prevail over them (article 37). [...] According to the Turkish state, only Greek, Armenian and Jewish non-Muslims were granted minority protection by the Lausanne Treaty. [...] Except for non-Muslim populations - that is, Greeks, Jews and Armenians - none of the other minority groups’ language rights have been de jure protected by the legal system in Turkey. »

  4. Derya Bayır, Minorities and nationalism in Turkish law, Farnham, Ashgate Publishing, coll. « Cultural Diversity and Law », , 88, 203–204 (ISBN 978-1-4094-7254-4, lire en ligne)
  5. Sule Toktas et Bulent Aras, « The EU and Minority Rights in Turkey », Political Science Quarterly, vol. 124, no 4,‎ , p. 697–720 (ISSN 0032-3195, lire en ligne)
  6. (en) Yonca Köksal, « Minority Policies in Bulgaria and Turkey: The Struggle to Define a Nation », Southeast European and Black Sea Studies, vol. 6, no 4,‎ , p. 501–521 (ISSN 1468-3857, DOI 10.1080/14683850601016390, lire en ligne)
  7. (en) Kader Özlem, « An Evaluation on Istanbul's Bulgarians as the “Invisible Minority” of Turkey », TURAN-SAM, vol. 11, no 43,‎ , p. 387–393 (ISSN 1308-8041, lire en ligne)
  8. (en) Luke Coffey, « Turkey’s demographic challenge », Al Jazeera
  9. (en) Ruben Melkonyan, « Review of Istanbul’s Armenian community history », sur Panorama.am, (consulté le ).
  10. (en) Tolga Korkut, « UNESCO: 15 Languages Endangered in Turkey », sur Bianet.org, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) « Turkey », sur ethnologue.com (consulté le )