KH-11

Description de cette image, également commentée ci-après
Photo retouchée du télescope Hubble, aux caractéristiques proches de celles du KH-11.
Données générales
Organisation Drapeau des États-Unis National Reconnaissance Office
Constructeur Drapeau des États-Unis Lockheed
Domaine Reconnaissance militaire
Type de mission Reconnaissance optique
Nombre d'exemplaires 16 (2017)
Statut Opérations en cours
Autres noms Kennen, Crystal, Key Hole 11
Lancement 1976-
Lanceur Titan-3D/4 et Delta IV-H
Durée de vie de 14 à 122 jours
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 13,5 à 17 tonnes
Source d'énergie Panneaux solaires
Orbite basse
Périgée 300 km
Apogée 500 à 1 000 km
Inclinaison 97°

Keyhole 11, ou KH-11 est une famille de satellites de reconnaissance optique américains, de nom de code 1010[1], Crystal, et Kennen (souvent orthographié à tort Kennan), placés en orbite à compter de 1976 et dont la production se poursuit en 2017. Ces satellites, dotés de chambres photographiques numériques, ont été les premiers satellites espions américains à offrir une visualisation en temps réel. Jusqu'à la série KH-9, les photographies étaient retournées sur Terre à bord d'une capsule.

Historique du projet[modifier | modifier le code]

Keyhole 7 ou KH-7 (nom de code Gambit 1) est une série de satellites de reconnaissance optique américains placés en orbite entre 1963 et 1967. Placés sur une orbite basse, ces satellites à la durée de vie brève (9 jours) réalisaient des images avec une résolution spatiale de 60 cm et envoyaient en fin de mission les données ainsi collectées dans une capsule de retour unique équipée d'un bouclier thermique et d'un parachute. Le KH-7 était généralement chargé d'effectuer des photos détaillées des sites repérés au préalable par des satellites de reconnaissance de la série des KH-4. La série des KH-7 a été remplacée par la série des KH-8/Gambit 3.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques précises du satellite KH-11 restent secrètes en 2017 et n'ont fait l'objet d'aucune publication officielle à cette date. Certaines d'entre elles ont fini par émerger de manière indirecte. Les satellites KH-11 ressemblent probablement au télescope spatial Hubble dans leur forme générale. Avec un miroir primaire de 2,3 m, leur résolution théorique atteindrait 15 cm au sol (en l'absence de dégradations dues à l'atmosphère).

  • Masse : entre 13 000 et 17 000 kg ;
  • Longueur : 19,5 m ;
  • Diamètre : 3 m ou moins[2].

Plusieurs versions du KH-11 ont été développées. En se basant sur les lanceurs utilisés et le comportement en orbite des différents satellites, les spécialistes du domaine ont déduit l'existence des versions suivantes :

  • Bloc 1 (satellites n° 1 à 5) : version originale placée sur une orbite 270 x 500 kilomètres
  • Bloc 2 (n° 6 à 9) : capacité infrarouge améliorée, orbite de 270 x 1000 km
  • Bloc 3 (n° 10 à 12 et 14) : dispose de plus d'ergols pour allonger sa durée de vie et comprend des équipements permettant son déploiement et sa maintenance par la navette spatiale américaine
  • Bloc 4 (n° 13 et 15 à 16) : équipements liés à la navette spatiale américaine supprimés
  • Bloc 5 (à partir du n° 17) : version améliorée (hypothèse).

Déroulement des missions[modifier | modifier le code]

Les photographies sont renvoyées au sol par l'intermédiaire du réseau militaire Satellite Data System.

La durée de vie d'un satellite est d'environ 2 ou 3 ans, même si l'un d'entre eux (KH-11-6) a pu être utilisé pendant 11 ans[3].

Fuites d'informations classifiées sur le KH-11[modifier | modifier le code]

Une des photos publiées dans Jane's

En 1977, un employé de la CIA, William Kampiles, vendit un manuel secret du KH-11 au KGB en Grèce pour 3 000 dollars américains. Une taupe dans l'antenne du KGB en Grèce, Sergueï Bokhan, prévint la CIA et Kampiles fut jugé et condamné[4].

Au cours des années 1980, plusieurs photos prises par des satellite KH-11 sont rendues publiques. Lors de l'opération Eagle Claw en Iran, des photos satellites furent abandonnées par les Américains. En 1981, Aviation Week & Space Technology publie une photo (à la qualité dégradée) d'un bombardier soviétique prise sur l'aéroport de Ramenskoïe. En 1984, un analyste du Naval Intelligence Support Center, Samuel Loring Morison, fournit au Jane's Defence Weekly plusieurs images du chantier naval soviétique 444 à Nikolaïev en Ukraine, où un porte-aéronefs de la classe Kiev était en construction. Les photos du KH-11 avaient subi un traitement numérique destiné à augmenter leur qualité[5].

En 2019, une photo publiée par le compte twitter de Donald Trump a été identifiée comme provenant d'un KH-11[6].

Liste des satellites KH-11[modifier | modifier le code]

Liste des satellites[7]
Nom Version Lanceur Date lancement Identifiant Cospar Autre désignation Date rentrée atmosphérique Remarque
KH-11-1 Bloc 1 Titan-3D 1976-125A OPS-5705
KH-11-2 Bloc 1 Titan-3D 1978-060A OPS-4515
KH-11-3 Bloc 1 Titan-3D 1980-010A OPS-2581
KH-11-4 Bloc 1 Titan-3D 1981-085A OPS-3984
KH-11-5 Bloc 1 Titan-3D 1982-111A OPS-9627
KH-11-6 Bloc 2 Titan-34D 1984-122A USA-6 toujours en orbite en 2007
KH-11-7 Bloc 2 Titan-34D 1985-F02 USA échec du lancement
KH-11-8 Bloc 2 Titan-34D 1987-090A USA-27 toujours en orbite en 2007
KH-11-9 Bloc 2 Titan-34D 1988-099A USA-33 toujours en orbite en 2007
KH-11-10 Bloc 3 Titan IV-A 1992-083A USA-86
KH-11-11 Bloc 4 Titan IV-A 1995-066A USA-116
KH-11-12 Bloc 3 Titan IV-A 1996-072A USA-129, NROL 2
KH-11-13 Bloc 4 Titan IV-A 2001-044A USA-161, NROL 14
KH-11-14 Bloc 3 Titan IV-A 2005-042A USA-186, NROL 20
KH-11-15 Bloc 4 Delta IV-H 2011-002A USA-224, NROL 49
KH-11-16 Bloc 4 Delta IV-H 2013-043A USA-245, NROL 65
KH-11-17 Bloc 5? Delta IV-H 2019-004A USA-290, NROL 71 Orbite inclinée à 74°
Orbites des satellites KH-11 en 2013

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bill Yenne, The Encyclopedia of US Spacecraft, Exeter Books (A Bison Book), New York, 1985, (ISBN 0-671-07580-2), p. 82 Key Hole.
  2. (en) Mark Wade, KH-11, Encyclopedia Astronautica.
  3. (en) Charles P. Vick, KH-11 Kennan, globalsecurity.org.
  4. Milton Bearden et James Risen (trad. de l'anglais par Alain Deschamps et Dominique Peters), CIA-KGB : Le Dernier Combat [« The main ennemy »], Paris, Albin Michel, , 637 p. (ISBN 2-226-13803-X et 978-2-226-13803-3), p. 46
  5. Jeffrey T. Richelson, U.S. Satellite Imagery, 1960-1999, National Security Archive Electronic Briefing Book No. 13, [lire en ligne (page consultée le )]
  6. (en) Stephanie Pappas 05 September 2019, « Sleuths Find the Top-Secret (and Classified) Satellite Behind Trump's Tweeted Photo », sur Space.com (consulté le 17 novembre 2020)
  7. (en) Gunter Krebs, « KH-11 / Kennen / Crystal (Block 1) », sur Gunter's Space Page (consulté le 23 mai 2019)


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]