GECAM

Données générales
Organisation Drapeau de la République populaire de Chine CNSA
Domaine Contrepartie électromagnétique des ondes gravitationnelles
Type de mission Observatoire spatial rayons X et gamma
Constellation 2 satellites
Statut Développement
Autres noms Gravitational Wave High-energy Electromagnetic Counterpart All-sky Monitor
Lancement 10 décembre 2020
Lanceur Longue Marche 11
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 150 kg
Orbite
Orbite Orbite terrestre basse
Altitude 600 km
Inclinaison 29°
Télescope
Longueur d'onde 8 keV à 2 MeV
Principaux instruments
GRD Détecteurs gamma
CPD Détecteurs de particules

GECAM, acronyme de Gravitational Wave High-energy Electromagnetic Counterpart All-sky Monitor (chinois : 引力波暴高能电磁对应体全天监测器), est un observatoire spatial gamma et X chinois constitué de deux satellites placés en orbite basse terrestre en opposition. L'objectif principal de cette mission est de détecter et localiser les contreparties électromagnétiques des ondes gravitationnelles observées par des instruments terrestres comme LIGO. Les deux satellites ont été lancés avec succès le et placés sur une orbite basse équatoriale.

Contexte[modifier | modifier le code]

GECAM est, avec Einstein Probe, SMILE et ASO-S, une des quatre missions de la deuxième phase du programme spatial scientifique de l'Académie des sciences chinoise. Ce nouveau programme annoncé en est doté d'une enveloppe globale de 4 milliards yuans (515 millions €). Le projet GECAM proprement dit est une conséquence de la première observation réussie d'ondes gravitationnelles. Cette observation a été réalisée en par l'observatoire terrestre américain LIGO. Les phénomènes générateurs d'ondes gravitationnelles sont très énergétiques et peuvent émettre un jet de rayons gamma très bref (sursaut gamma court d'une durée inférieure à deux secondes) qui, pour pouvoir être observé, nécessitent qu'un instrument soit déjà pointé vers sa source. L'astrophysicien Xiong Shaolin et ses collègues de l'Institut de physique des hautes énergies ((IHEP) de Pékin, division de l'Académie chinoise des sciences, ont proposé dans la foulée le développement d'une mission comportant deux satellites placés en opposition sur une orbite terrestre basse. Dans cette configuration, ces satellites observent en permanence le rayonnement gamma sur l'ensemble du ciel ce qui leur permet de détecter la contrepartie électromagnétique de tous les événements à l'origine des ondes gravitationnelles observées. Jusqu'à présent les seules contreparties électromagnétiques associées aux ondes gravitationnelles émanaient de la fusion d'étoiles à neutrons. Mais la communauté scientifique s'interroge sur l'existence d'ondes électromagnétiques produites par la fusion de trous noirs, l'autre événement dont on sait avec certitude qu'il génère des ondes gravitationnelles. Les concepteurs de la mission font le pari que c'est le cas et que l'observation du rayonnement apportera de nombreuses informations[1],[2].

Caractéristiques techniques du satellite[modifier | modifier le code]

Les deux satellites GECAM sont identiques. En forme de parallélépipède allongé avec une extrémité hémisphérique portant les détecteurs, ils ont une masse d'environ 150 kilogrammes et sont stabilisés sur 3 axes[3],[2].

Instrumentation scientifique[modifier | modifier le code]

GECAM observe le rayonnement dont l'énergie est comprise entre 8 keV et 2 MeV (rayonnement X et rayonnement gamma). La sensibilité des détecteurs est de 2 × 10−8 ergs cm−2 s−1. La résolution spatiale est d'environ 1 degré. La résolution spectrale est de 6,5 % (FWHM) à 662 keV et de 3,2 % à 1 332 keV Les deux satellites permettent d'assurer une couverture complète du ciel en permanence[4].

Les satellites utilisent deux types de détecteurs qui recouvrent l'hémisphère située à leur extrémité[4] :

  • 25 détecteurs gamma GRD (Gamma-ray detectors) utilisant un détecteur à scintillation reposant sur un cristal LaBr3 qui présente l'avantage de faire l'objet d'une production de masse. Le cristal est associé à 64 photomultiplicateurs en silicium.
  • 8 détecteurs de particules chargées CPD (Charged particle detectors ).

Résultats[modifier | modifier le code]

Les deux satellites ont été lancés avec succès le par un lanceur Longue Marche 11, depuis la base de Xichang. Il s'agit du 11ème vol de ce lanceur léger. Les satellites GECAM ont été placés sur une orbite basse équatoriale (altitude 600 k, inclinaison orbitale 29°). Le choix d'une faible inclinaison orbitale a pour objectif d'éviter le rayonnement de l'anomalie magnétique de l'Atlantique sud qui pourrait perturber les détecteurs des satellites[2].

GECAM devrait permettre de détecter une grande variété de phénomènes énergétiques émetteurs de rayons gamma en déclenchant une alerte qui sera mise à disposition quelques minutes plus tard auprès des observatoires spatiaux ou terrestres. Grâce à sa couverture complète du ciel et à un taux de disponibilité plus élevé, GECAM devrait, selon ses concepteurs, détecter 120 sursauts gamma courts par an dont 50 avec une localisation approchée de quelques degrés², soit deux fois plus d'événements que l'observatoire spatial Fermi, référence dans le domaine, et avec une sensibilité améliorée par rapport à celui-ci[5].

Caractéristiques des observatoires spatiaux du rayonnement gamma[modifier | modifier le code]

Comparaison des observatoires spatiaux X/gamma[4]
Satellite Instrument Champ de vue
(100 % ciel entier)
Résolution
spatiale
Spectre
électromagnétique
(keV)
Statut
Drapeau : États-Unis Fermi GBM 60 % 10 à 40000 Opérationnel
Drapeau : États-Unis Swift BAT 15 % 0,1° 15-350 Opérationnel
Drapeau : États-Unis WIND KONUS 80 % non 20-15000 Opérationnel
Drapeau : États-Unis Polar 30 % 50-500 Opérationnel
Drapeau : Chine (République populaire de) HXMT 60 % 10° 200-3000 Opérationnel
Drapeau : Chine (République populaire de) Drapeau : France SVOM ECLAIRs 15 % 0,1° 4-150 vers 2022
Drapeau : Chine (République populaire de) GECAM 100 % 10-2000 Opérationnel
Drapeau : Chine (République populaire de) Einstein 10 % 0,1° 0,5-4 vers 2023

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]