Grève du secteur public québécois de 2023

Grève du secteur public québécois de 2023

Informations
Date 6 novembre 2023 à aujourd'hui
Localisation Québec
Caractéristiques
Organisateurs Front commun (CSN, FTQ, CSQ, APTS), FAE et FIQ
Revendications Augmentations salariales dans le secteur public, amélioration des conditions de travail
Nombre de participants Environs 600 000 syndiqués
Types de manifestations Grèves, manifestations

Les grèves du secteur public québécois de 2023 sont une série de grèves des travailleurs du secteur public au Québec impliquant des centaines de milliers de travailleurs.

Impliquant principalement les secteurs de la santé, des services sociaux et de l'éducation, une grève de trois jours débute le dans l'ensemble du réseau du Front commun du Québec, incluant la FAE. La FAE poursuit avec une grève générale illimitée à partir du . Le Front commun cesse la grève le pour poursuivre les négociations avec Sonial Lebel. Le Front commun décrète ensuite une grève d'une semaine du au , annonçant qu'il joindra la FAE dans une grève générale illimitée si les négociations échouent[1],[2],[3],[4].

Grèves et manifestations

[modifier | modifier le code]

Le , des milliers de syndiqués - plus de 100 000 selon le Front commun - participent à une manifestation pour réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail[5].

À la mi-, les 420 000 membres du Front commun votent à 95 % en faveur d'un mandat de grève pouvant aller jusqu'à la grève générale illimitée[6].

Le Front commun organise une première journée de grève le lundi . Plusieurs écoles primaires et secondaires des régions de la Capitale-Nationale et de Montréal, ainsi que des cégeps, sont fermées jusqu'à midi. Dans le réseau de la santé, plusieurs syndicats organisent au cours de la journée, dans le respect de la loi sur les services essentiels, des grèves d'une durée variant d'une heure et demie à quatre heures selon le type de professions[7],[8].

À la veille de trois jours de débrayage et à la demande des syndicats du Front commun, le gouvernement du Québec nomme un conciliateur pour rapprocher les deux parties après des mois d'impasse[9].

Du au , le Front commun organise trois jours consécutifs de grève. Le mouvement atteint son paroxysme le jeudi , alors que la FIQ entame une séquence de deux jours de grève et que la FAE débute une grève générale illimitée[10]. 570 000 des 610 000 employés de la fonction publique et parapublique sont alors simultanément en grève[11]. En même temps, la FIQ fait grève les et [12]. Selon le Front commun, il s'agit de la plus importante journée de grève de « l’histoire du Québec, du Canada et même de l’Amérique du Nord (depuis la grève d’AT&T en 1983 (en))[13] ».

Le , le Front commun annonce une nouvelle séquence de sept jours de grève, du au . Si cette semaine complète de grève a effectivement lieu, ce sera, au Québec, « la plus longue grève du secteur public depuis 50 ans[14],[15] ». Le lendemain, le , la présidente du Conseil du Trésor Sonia Lebel annonce qu'elle rencontrera directement les dirigeants syndicaux le jour même à 16h[16].

La FIQ fait de nouveau grève du au [12]. Le , des milliers de manifestants participent à l'appel de la FAE à une marche qui se termine devant le bureau du premier ministre a Montréal[17]. Le 15 décembre la FAE organise des «Sit-in» à Québec et à Montréal[18]. Le , la FAE manifeste devant le bureau de la vice-première ministre Geneviève Guilbault[19]. Le au matin, la FAE bloque durant plus de deux heures les entrées des ports de Montréal et de Québec[20]. La même journée, elle bloque également bloque l’accès au Casino du Lac-Leamy. Le , un millier de personnes se rassemblent devant les bureaux du premier ministre François Legault au centre-ville de Montréal pour soutenir le personnel du milieu de l’éducation[21].

Syndicats impliqués

[modifier | modifier le code]

Le Front commun intersyndical de 2023, communément appelé le Front commun, regroupe quatre centrales syndicales québécoises (CSN, FTQ, CSQ et l'APTS) dans le contexte des négociations pour le renouvellement des conventions collectives des employés des secteurs public et parapublic du Québec en 2023[22].

La FAE, une centrale syndicale qui représente 66 500 enseignants de Montréal, Québec, Laval, de l’Outaouais, des Laurentides, de l’Estrie et de la Montérégie, et la FIQ, qui représente 80 000 travailleurs œuvrant en santé et services sociaux, ne font pas partie de ce Front commun intersyndical.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (en) Sabrina Jonas, « Quebec public sector unions announce new 7-day strike for 420,000 workers », CBC,‎ (lire en ligne)
  2. Daphnée Dion-Viens, « Le Front commun en grève aux côtés de la FAE: le casse-tête recommence pour des milliers de parents », sur Le Journal de Québec, (consulté le )
  3. Sébastien Tanguay, « Le Front commun brandit de nouveau la menace d’une grève générale illimitée », sur Le Devoir, (consulté le )
  4. La Presse Canadienne, « La FAE, en grève illimitée, annonce qu’elle déposera une contre-offre au gouvernement », sur Le Soleil, (consulté le )
  5. Erika Aubin, « Manifestation du Front commun: des milliers de travailleurs dans la rue pour de meilleures conditions », (consulté le )
  6. Jennifer Gravel, « Les syndiqués du front commun québécois ont voté à 95 % en faveur de la grève », sur Noovo Info, (consulté le )
  7. Agence QMI, « Grève du 6 novembre: quels services seront vraiment touchés? », (consulté le )
  8. Zacharie Goudreault, « Ce qu’il faut retenir de la grève du 6 novembre », sur Le Devoir, (consulté le )
  9. Stéphane Bordeleau, « Grèves dans le secteur public : Québec nomme un conciliateur | Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada, (consulté le )
  10. Agence QMI, « Journée historique: 560 000 travailleurs en grève », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  11. Vincent Brousseau-Pouliot, « Négos : à 18,7 %, on a une entente ? », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. a et b « La FIQ emboîte le pas au Front commun et annonce un nouveau débrayage », sur Radio-Canada, (consulté le )
  13. Caroline Senneville, Éric Gingras, Magali Picard, Robert Comeau, Julie Bouchard, Mélanie Hubert et Guillaume Bouvrette, « Aujourd’hui, on écrit l’Histoire », sur Front commun, (consulté le )
  14. Radio-Canada, « Le Front commun augmente la pression et tiendra sept journées de grève en décembre | Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada, (consulté le )
  15. Agence QMI, « Front commun: vers une nouvelle grève le 8 décembre? », sur TVA Nouvelles, (consulté le )
  16. Jérôme Labbé, « Négociations avec le Front commun : une rencontre au sommet prévue cet après-midi | Radio-Canada.ca », sur Radio-Canada, (consulté le )
  17. Jérôme Labbé, « Des milliers de syndiqués manifestent à Montréal pour le 14e jour de grève de la FAE », sur Radio-Canada, (consulté le )
  18. « «Sit-in» de la FAE à Québec et à Montréal », sur Radio-Canada, (consulté le )
  19. Dominique Lelièvre, « Des profs manifestent devant le bureau de Geneviève Guilbault », sur journal de montreal, (consulté le )
  20. « La FAE multiplie les coups d’éclat un peu partout au Québec », sur Radio-Canada, (consulté le )
  21. Mayssa Ferah, « Des centaines de personnes devant les bureaux de François Legault », sur la presse, (consulté le )
  22. Radio-Canada, « La deuxième phase de la grève du Front commun est enclenchée », sur Radio-Canada, (consulté le )

Articles connexes

[modifier | modifier le code]