Firefly Alpha

Firefly Alpha
lanceur spatial léger
Schéma du lanceur.
Schéma du lanceur.
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur Firefly Aerospace
Premier vol prévu en 2020
Période développement 2014-2020
Statut En développement
Lancements (échecs) 0
Hauteur 29 m
Diamètre 1,8 m
Masse au décollage 54 tonnes
Étage(s) 2
Charge utile
Orbite basse 1 000 kg (200 km)
Orbite héliosynchrone 630 kg (500 km)
Dimension coiffe m x 5 m
Motorisation
Ergols RP-1/oxygène liquide
1er étage 4 x Revear 1 : 736 kN (vide)
2e étage 1 x Lightning 1 : 70 kN (vide)

Firefly Alpha est un lanceur léger américain développé par la start-up texane Firefly Aerospace en cours de développement qui doit effectuer son premier vol en 2020. Ce nouveau lanceur est conçu pour placer une tonne en orbite basse.

Historique[modifier | modifier le code]

La société Firefly Space Systems est créée en 2014 dans la banlieue d'Austin au Texas dans le but de développer un micro-lanceur baptisé Firefly alpha. Celui-ci présente la particularité d'utiliser une tuyère de type Aerospike au niveau de son premier étage. Firefly Alpha est conçu pour placer une charge utile de plus de 400 kg sur une orbite basse pour un coût de 8 millions US$. La NASA choisit en 2015 de financer un vol d'essais avec l'objectif d'évaluer son utilisation pour la mise en orbite de nano-satellites. Un premier test sur banc d'essais d'un prototype FRE-R1 (Firefly Rocket Engine Research 1) des moteurs qui seront utilisés sur le lanceur, a été conduit avec succès en septembre 2015[1]. Le premier vol du lanceur est planifié pour 2017. En octobre 2015 la NASA a annoncé qu'elle avait décidé de financer le développement du lanceur ainsi que celui de deux autres mini-lanceurs pour disposer d'une fusée adaptée à la mise en orbite des CubeSats. Firefly Space Systems doit recevoir 5,5 millions US$ pour réaliser un vol orbital de démonstration d'ici avril 2018[2]. En juin 2016 la société ne réussit à lever que 18 millions US$ sur les 38 millions espérés. A la suite du retrait en aout d'un des investisseurs européens, la société décide fin septembre 2016 d'arrêter son activité en mettant à pied ses 150 employés dans le cadre d'une mesure annoncée comme temporaire. Par ailleurs l'un des deux fondateurs de la société, Thomas Markusic, est accusé par son ancien employeur Virgin Galactic, qui développe un lanceur concurrent LauncherOne d'avoir utilisé des concepts propriétés de cette société en violant les règles de la propriété intellectuelle[3].

Au printemps 2017 la société est réactivée grâce à son rachat par Noosphere Ventures, un de ses actionnaires d'origine. Le constructeur rebaptisé Firefly Aerospace reprend une partie de ses effectifs d'origine et décide de développer une nouvelle version de son micro lanceur Firefly Alpha. Celui-ci abandonne la tuyère de type Aerospike au profit d'une propulsion plus classique avec toutefois une innovation au niveau du cycle d'alimentation. La turbopompe est mise en mouvement par prélèvement des gaz brulés dans la chambre de combustion. La charge utile est portée à 1 000 kg en orbite basse. À compter de 2017 les moteurs Raven et Lightning sont testés sur des bancs d'essais horizontaux. La société utilisera pour ses lancements le pas de tir de la fusée Delta II sur la base de lancement de Vandenberg rendu disponible par le retrait de ce lanceur en septembre 2018. Le lanceur doit effectuer initialement son premier vol au cours du troisième trimestre 2019 mais celui-ci est repoussé à plusieurs reprises avant d'être finalement programmé pour novembre 2020. Par ailleurs une version beaucoup plus puissante baptisée Firefly Bêta (4 tonnes en orbite basse) est à l'étude[4],[5].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Version en cours de développement[modifier | modifier le code]

Firefly Alpha est un lanceur non réutilisable bi-étages long de 29 mètres pour un diamètre de 1,8 mètre dont la structure est réalisée majoritairement en matériau composite à base de fibre de carbone pour alléger sa masse qui est de 54 tonnes. Les deux étages sont propulsés par des moteurs-fusées à ergols liquides brûlant un mélange de RP-1 et d'oxygène liquide. La fusée peut placer une charge utile de 1 tonne en orbite terrestre basse (200 km) et de 630 kg sur une orbite héliosynchrone (500 km)[6] :

  • Le premier étage est propulsé par quatre moteurs-fusées à ergols liquides Revear 1 dont la poussée totale est 736 kilonewtons. Chaque moteur est alimenté par une turbopompe compacte en position horizontale à un seul étage et sa poussée est orientable avec un degré de liberté par des vérins hydrauliques. Le refroidissement de la chambre de combustion est de type convectif régénératif avec une paroi interne en cuivre. Les ergols sont maintenus sous pression dans les réservoirs à l'aide d'hélium réchauffé par un échangeur de température. L'impulsion spécifique est de 295,6 secondes dans le vide. La poussée peut être modulée jusqu'à 20%. La masse à vide de l'étage est de 2 895 kg.
  • Le 2ème étage est propulsé par un moteur-fusée à ergols liquides Lightning 1 d'une poussée de 70 kN. Il est alimenté par une turbopompe. Le refroidissement de la chambre de combustion est de type convectif régénératif avec une paroi interne en cuivre. Les ergols sont maintenus sous pression dans les réservoirs à l'aide d'hélium réchauffé par un échangeur de température. L'impulsion spécifique est de 322 secondes dans le vide. La poussée peut être modulée jusqu'à 20%. La masse à vide de l'étage est de 910 kg.
  • La coiffe haute de cinq mètres a une diamètre de deux mètres et un volume interne de 12,5 m³.

L'étage OTV[modifier | modifier le code]

La société propose par ailleurs un composant baptisé OTV (Orbital Transfer Vehicle) pouvant jouer plusieurs rôles[7] :

  • Déploiement de nano-satellites (constellation de satellites ou satellites indépendants) sur une ou plusieurs orbites éventuellement inaccessibles pour le lanceur.
  • plateforme assurant des fonctions de support ou de changement de trajectoire pour des satellites fixés sur celle-ci sur une période pouvant aller jusqu'à cinq ans.
  • Désorbitage du satellite ou du second étage
  • Maintien d'un satellite sur une orbite terrestre très basse nécessitant un rehaussement régulier pour contrer le freinage résultant de l'atmosphère résiduelle.

L'étage OTV d'une masse de 130 kilogrammes est réalisé en composite carbone. Haut de 45 cm pour un diamètre de un mètre il comprend de deux à quatre moteurs électriques au xénon fournissant une poussée unitaire comprise entre 30 et 310 milliNewtons avec une impulsion spécifique comprose 1150 à 18000 secondes. Il comporte un panneau solaire fournissant 400 watts. Il peut produire jusqu'à cinq kilowatts (à l'aide d'une batterie). Il met à disposition un système de communications qui offre un débit maximum de 100 mégabits/secondes en bande X ou 50 mégabits/secondes en bande Ka sur une liaison descendante et 200 kilobits/seconde en bande S sur une liaison montante. La précision de pointage est de 50 secondes d'arc avec une stabilité de cinq secondes d'arc par seconde. Il peut servir de support à une charge utile primaire et quatre charges utiles secondaires ou à un certain nombre de systèmes de déploiement de nano-satellites.

Installations de lancement[modifier | modifier le code]

Firefly Aerospace dispose de deux installations de lancement[8] :

  • Le complexe de lancement SLC-2 de la base de lancement de Vandenberg en Californie, autrefois pas de tir de la fusée Delta II et rendu disponible par le retrait de ce lanceur en septembre 2018. Cette base sera utilisée pour les lancements en orbite polaire et héliosynchrone.
  • Le complexe de lancement SLC-20 de la base de Cape Canaveral qui permet notamment les lancements vers la destination lunaire.

Historique des lancements[modifier | modifier le code]

Historique des lancements[9]
Date Pas de tir Charge utile Masse Orbite Commentaire
Lancements programmés
vers novembre 2020 Vandenberg CubeSats : BSS 1, CRESST DREAM COMET, ... Orbite polaire 300 km Premier vol
vers premier trimestre 2021 Vandenberg Carbonite 4 ~100 kg Orbite basse Satellite d'observation de la Terre

Développements futurs[modifier | modifier le code]

La société prévoit de développer d'autres lanceurs :

  • Le lanceur Firefly Beta est une fusée réutilisant en grande partie les solutions techniques mises ou point avec la Firefly Alpha mais avec une charge utile en orbite basse portée à 8 tonnes (5,8 tonnes en orbite héliosynchrone) c'est à dire une capacité proche de celle de la Delta 2 qui n'a pas de remplaçant sur le marché américain. Ce lanceur comprendrait deux étages a une diamètre de 3,7 mètres pour une hauteur de 46,7 mètres. Le premier étage est propulsé par 5 moteurs-fusées Reaver 2 fournissant une poussée de 4 621 kiloNewtons (dans le vide) avec une impulsion spécifique de 334 secondes (dans le vide). Le deuxième étage utilise un moteur-fusée Reaver 1 d'une poussée de 194 kiloNewton (dans le vide) et une impulsion spécifique de 325 secondes[10]. La société avaait envisagé pour propulser son premier étage d'utiliser le moteur-fusée AR1 d'Aerojet Rocketdyne qui n'avait pas été retenu pour le lanceur Vulcan[11].
  • Firefly Gamma est un projet de lanceur à deux étages réutilisable à 75% (en cout), capable d'atterrir horizontalement et pouvant placer en orbite basse une charge utilise de 5 tonnes[12].

Première version du lanceur (abandonnée)[modifier | modifier le code]

La première version Firefly Alpha est un lanceur bi-étages de 23 mètres de haut dont la structure est réalisée majoritairement en matériau composite à base de fibre de carbone pour alléger sa masse. Les deux étages sont propulsés par des moteurs-fusées à ergols liquides brulant un mélange de kérosène et d'oxygène liquide. Les moteurs sont alimentés par pressurisation des réservoirs, solution non conventionnelle pour le premier étage d'un lanceur[13].

  • La propulsion du premier étage, dont le diamètre est de 1,8 mètre pour une hauteur de 16,7 mètres[14], est réalisée à l'aide de 12 moteurs-fusées utilisant une tuyère à corps central tronqué, de type Aerospike. Le refroidissement de la partie fixe de cette tuyère, la rampe, nécessite d'évacuer une très grande quantité d'énergie thermique, raison pour laquelle ce type de tuyère mis au point et testé dès le début de l'ère spatiale n'a jamais été utilisé de manière opérationnelle. Dans le cas présent la rampe est refroidie par le kérosène qui y circule avant d'être réinjecté dans le réservoir. La pressurisation du réservoir est ainsi assurée sans avoir recours à de l'hélium ce qui allège la masse globale de l'étage. Les 12 moteurs-fusées FRE-2 fournissent une poussée totale de 45 tonnes avec une impulsion spécifique de 299 secondes[13],[15].
  • Le deuxième étage, d'un diamètre de 1,5 m. et d'une hauteur de 4,6 m[14], est propulsé par un moteur-fusée FRE-1. Cette variante du FRE-2 utilise une tuyère traditionnelle et fournit une poussée de 2,8 tonnes avec une impulsion spécifique de 325 secondes[13].
  • La coiffe a un diamètre interne de 1,47 mètre et une hauteur interne de 1,75 mètre[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mike Wall, « New Firefly Rocket Engine Passes Big Test, Will Launch Small Satellites », sur space.com, , p. 14
  2. (en) Jason Davis, « NASA-sponsored SmallSats Get Dedicated Rides to Space », The Planetary Society,
  3. Stefan Barensky, « Extinction prématurée pour Firefly », Aerospatium,
  4. (en) Stephen Clark, « Firefly’s commercial satellite launcher to use Delta 2 pad at Vandenberg », sur spaceflightnow.com,
  5. (en) Tyler Gray, « Firefly closes in on debut flight with rocket delivery to Vandenberg launch site », sur nasaspaceflight.com,
  6. (en) « Firefly alpha payload user guide », FIREFLY aerospace, , p. 6
  7. (en) « Orbital Transfer Vehicle - Payload User’s Guide », sur FIREFLY aerospace (consulté le 10 novembre 2020)
  8. (en) « Launch Facilities », sur FIREFLY aerospace (consulté le 10 novembre 2020)
  9. (en) Gunter Krebs, « Firefly », sur Gnter's Space Page (consulté le 10 novembre 2020)
  10. (en) « Firefly Beta », sur FIREFLY aerospace (consulté le 10 novembre 2020)
  11. (en) Caleb Henry, « Firefly partners with Aerojet Rocketdyne, mulls AR1 engine for Beta launch vehicle », sur spacenews.com,
  12. (en) « Firefly Gamma », sur FIREFLY aerospace (consulté le 10 novembre 2020)
  13. a b et c (en) « Firefly α », sur Firefly Space Systems, Firefly Space Systems (consulté le 8 novembre 2015)
  14. a et b (en) « FIREFLY ALPHA PAYLOAD USER GUIDE », Rocket Labs USA, , p. 9
  15. (en) Lee Hutchinson, « Firefly Space Systems charges full-speed toward low Earth orbit », sur Ars technica, Ars Technica,
  16. (en) « FIREFLY ALPHA PAYLOAD USER GUIDE », Rocket Labs USA, , p. 14

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]