Fédération ouvrière régionale argentine

Federación Obrera Regional Argentina
Image illustrative de l’article Fédération ouvrière régionale argentine
Logotype officiel.
Présentation
Chef structure autogestionnaire
Fondation 1901
But Révolution sociale libertaire et renversement du système étatiste
Financement Cotisation de ses adhérents. Indépendante de toute subvention patronale ou étatique
Idéologie Anarcho-communisme Anationalisme
Affiliation internationale Confédération Internationale du Travail
Site web http://fora-ait.com.ar/blog/

La Fédération ouvrière régionale argentine (en espagnol Federación Obrera Regional Argentina) ou F.O.R.A. est une organisation anarcho-communiste (considérée souvent à tort comme anarcho-syndicaliste alors que la FORA a développé un concept tout à fait original et particulier, que l'on peut qualifier d’anarchisme globaliste) qui agit dans la « région mondiale » argentine. Après avoir longtemps fait partie de l’Association Internationale des Travailleurs elle fait partie depuis 2018 de la Confédération Internationale du Travail .

Création de la FORA

[modifier | modifier le code]
Manifestation de la FORA en 1915

C’est en 1901 que se forme la Federación Obrera Argentina (en français la Fédération ouvrière argentine) ou FOA dont le congrès constitutif se tient les 25 et à Buenos Aires. Initialement la FOA est constituée d’une quarantaine de sociétés ouvrières anarchistes et socialistes. En , lors du IIe congrès, les divergences entre les anarchistes (majoritaires) et les socialistes (minoritaires) aboutissent à une scission. Les sociétés ouvrières anarchistes (7 630 membres) restèrent dans la FOA tandis que les sociétés ouvrières socialistes (1 780 membres) formèrent l’Union Générale du Travail (UGT).

C’est en 1904 (lors du IVe congrès) que l’organisation change de nom pour prendre son nom actuel, devenant ainsi la FORA (Fédération ouvrière régionale argentine). L’ajout du terme « régional » est une façon de marquer l’Anationalisme souhaité par la FORA. En effet, dans l'esprit de la Première Internationale, la FORA se définissait comme section d'une région du monde désignée par le mot "argentine", ne reconnaissant aucune légitimité à l'État-nation argentin. La FORA se démarquait donc de l'internationalisme, lequel suppose la reconnaissance de la division du monde en États-nations, entretenant des relations entre eux (inter - nationalisme).

La FORA jusqu'en 1930

[modifier | modifier le code]

Le Ve congrès (1905) est important pour la FORA puisqu’il voit l’affirmation de son orientation vers le communisme libertaire : « Le Ve Congrès de la FORA déclare que non seulement il approuve mais qu’il recommande à tous ses adhérents, le plus amplement, la propagande et l’illustration par l’exemple des principes économico-philosophiques du communisme anarchiste (principios económicos y filosóficos del comunismo anárquico) ».

En 1915 le IXe congrès est marqué par une scission au sein de la FORA. La majorité syndicaliste révolutionnaire choisit d’éliminer le principe du communisme libertaire (donc le principe d’anarchie) comme finalité de la FORA. À partir de ce moment la FORA se scinde en deux :

  • La FORA du IXe congrès, constituée de syndicalistes révolutionnaires, d’une minorité de socialistes et de quelques communistes (appelée FORA-9o ou FORA "sindicalista")
  • La FORA du Ve congrès, restée fidèle au principe de l’anarchisme (appelée FORA-5o ou FORA "communista")

Les deux FORA coexisteront jusqu’à ce que la FORA du IXe congrès fusionne avec d’autres syndicats pour former la Unión Sindical Argentina (Union Syndicale Argentine) en 1922.

La FORA Ve fut très importante jusqu’en 1930, elle sera à l’origine de plusieurs grandes grèves générales en Argentine et de nombreuses manifestations et sera l’un des plus importants acteurs des mouvements sociaux en Argentine. Elle a compté jusqu’à près d’un demi-million d’adhérents dans les années 1920. Elle est aussi représentée par le journal anarchiste La Protesta (qui existe toujours actuellement).

Les différentes scissions ainsi que la très dure répression qui s’est abattue sur les militants anarchistes (assassinats, déportations de militants, destruction de locaux…) furent à l’origine du déclin de la FORA. Le coup d’État du général Uriburu et la dictature qui s’ensuivit, puis l'intégration des courants syndicalistes dans les régimes successifs (jusqu'à celui du populiste Péron) achevèrent d’anéantir la FORA.

Aujourd’hui, bien qu'affaiblie par la répression et la régression du mouvement anarchiste en général, la FORA existe toujours et continue vaille que vaille son travail de diffusion des idées et pratiques communistes anarchistes. Toujours en situation d'organisation groupusculaire, elle a néanmoins connu un regain d'intérêt à la suite du mouvement de , qui a vu l'application de nombre de ses concepts.

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Hélène Finet, Hétérodoxie anarchiste en Argentine : analyse d’une déviance contre-démocratique, Nuevo Mundo Mundos Nuevos, , lire en ligne, DOI 10.4000/nuevomundo.56503.
  • Guillaume de Gracia, Onomastique des principales organisations libertaires en Argentine (1870-1943), Revue Dissidences, n°6, hiver 2013, lire en ligne.
  • Gonzalo Zaragoza Ruvira, Anarchisme et mouvement ouvrier en Argentine à la fin du XIXe siècle, Le Mouvement social n°103 avril- p. 7-30

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]