Augmentation de la radioactivité dans l'air en Europe à l'automne 2017

Wikipedia open wikipedia design.

La présence de radioactivité artificielle dans l'air a été détectée en Europe à l'automne 2017, en commençant à la fin du mois de septembre. L'isotope radioactif détecté est le ruthénium 106 et il a été détecté en petites quantités (de quelques microbecquerels à quelques millibecquerels par mètre cube d'air), quantité non significative pour affecter la santé de la population.

Rapports provenant des pays touchés, les dates[modifier | modifier le code]

Les réseaux de surveillance européens ont déclaré des niveaux de radioactivité accrus en Europe, en provenance d'Europe de l'Est, au début du mois d'octobre :

  • l'Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP) signale une augmentation de la radioactivité issue de l'activité de ruthénium 106 depuis le 25 septembre[1] ;
  • le ministère de l'Environnement autrichien informe le public le  ;
  • l'Autorité de radioprotection norvégienne (NRPA) publie également des informations sur de faibles niveaux de cet isotope du ruthénium dans l'atmosphère ;
  • la Commission hellénique pour l'énergie nucléaire (EEAE) informe d'une augmentation de la radioactivité dans l'atmosphère à Athènes à partir du 27 septembre[2].

D'autres autorités produisent des annonces similaires[3] :

  • En Allemagne, le Bureau de protection contre les rayonnements rapporte une augmentation de la radioactivité à partir du 29 septembre[4],[5] ;
  • l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection finlandaise publie une annonce, le 3 octobre, indiquant une augmentation de la radioactivité dans des échantillons depuis le [6] ;
  • l'administration de Sûreté Nucléaire de la république de Slovénie annonce la détection de faibles niveaux de ruthénium-106 dans l'atmosphère, le 9 octobre[7],[8] ;
  • l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire en France indique que le niveau relativement élevé au début du mois d'octobre a diminué de façon constante à partir du 6 octobre, et qu'aucun élément radioactif n'a été détecté après le 13 octobre.

Niveau de radioactivité et risques pour la santé[modifier | modifier le code]

C'est en Roumanie que la valeur de radioactivité la plus forte a été mesurée sur les 400 relevés effectués au niveau de l'Europe. La valeur de 0,15 Bq/m³ y a été atteinte le 30 septembre 2017[9].

Toutes les autorités déclarent que les quantités de ruthénium 106 sont faibles et qu'elles ne représentent aucun risque pour la santé humaine. Une étude de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire indique que bien qu'il n'y ait pas de risque pour la santé des personnes en Europe, la quantité de radioactivité rejetée est importante, estimée entre 100 et 300 térabecquerels, ce qui nécessiterait une évacuation de la population dans un rayon de quelques kilomètres autour de la source[10].

Hypothèses concernant la source des fuites radioactives[modifier | modifier le code]

Aucune indication n'a été donnée sur la source de ces particules radioactives dans les premières publications concernant l'événement, excepté une déclaration provenant des autorités allemandes ; la localisation de la source est située à l'est de l'Europe, à plus de 1 000 km de l'Allemagne[11]. Plus tard, le rapport de l'office fédéral allemand de protection contre les rayonnements indique que le sud de l'Oural est un emplacement possible (ainsi que d'autres lieux possibles). Cependant, Roshydromet (service de la météorologie russe), a annoncé que le seul endroit en Russie où le ruthénium 106 a été détecté est Saint-Pétersbourg, du 25 septembre au 7 octobre, en très petite quantité[12]. D'après Roshydromet, l'activité du ruthénium 106 à Saint-Pétersbourg était de 115,4 µBq/m3 du 2 au 6 octobre[13].

L'institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) exclut au départ une origine provenant d'un réacteur nucléaire, estimant que l'origine pourrait provenir d'un site de retraitement nucléaire ou d'un centre de production d'isotopes médicaux. L'origine des émissions est localisée au sud des montagnes de l'Oural, entre l'Oural et la Volga, en Russie ou au Kazakhstan[14].

Les autorités de sûreté nucléaire française et allemande soupçonnent le complexe nucléaire Maïak (Russie) d'être la source du rayonnement[15]. Cela est confirmé suite à une étude réalisé par l'IRSN qui s'est associé a l'université de Vienne, en Autriche, et l'Université Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre, en Allemagne et qui ont analysé plus de 1 300 mesures de radioactivité, enregistrées dans 176 stations de contrôle réparties sur 29 pays et publié en juillet 2019 et montrant que l'accident s'est produit dans le cadre de traitement d'éléments combustibles à un stade très avancé, juste avant la fin de la chaîne de production de cérium 144[9],[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Détection de ruthénium en partie est et sud-est de l’Europe - Mise à jour du 9 octobre 2017 », sur IRSN, (consulté le 25 avril 2018).
  2. (en) « Small quantities of radioactivity were detected in the atmosphere of Greece and 6 more EU countries », sur keeptalkinggreece.com, (consulté le 25 avril 2018).
  3. (en) Natasha Salmon, « A puzzling increase in radioactivity has been recorded in several European countries », sur The Independent, (consulté le 10 octobre 2017).
  4. (en) Chase Winte, « Spike in radioactivity measured in Germany, other European countries », sur Deutsche Welle, (consulté le 25 avril 2018).
  5. (de) « BfS - Weitere Meldungen - Geringe Mengen Ruthenium-106 in Europa gemessen », sur Office fédéral de la radioprotection (de), (consulté le 25 avril 2018).
  6. (fi) « Helsingissä kerätyssä ilmanäytteessä pieni määrä radioaktiivista ainetta », sur STUK, (consulté le 25 avril 2018).
  7. (en) « STA: Ruthenium detected in Slovenia », sur sta.si, (consulté le 25 avril 2018).
  8. (sl) « Uprava Republike Slovenije za jedrsko varnost », sur ursjv.gov.si, (consulté le 25 avril 2018)
  9. a et b Sergei Supinsky, « Le nuage radioactif qui a touché l'Europe en 2017 provenait bien de la Russie », sur Science et avenir, (consulté le 15 aout 2019).
  10. (en-GB) Ian Sample et Kim Willsher, « Nuclear accident sends 'harmless' radioactive cloud over Europe », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2017)
  11. (en) « Spike in airborne radioactivity detected in Europe », sur Mail Online, (consulté le 25 avril 2018).
  12. (en) « Mysterious spike in radioactive particles across Europe baffles scientists », sur RT, (consulté le 25 avril 2018).
  13. (ru) « Никто не хотел признавать... Но рутений-106 летает над Европой », sur Novye Izvestia,‎ (consulté le 25 avril 2018).
  14. (en) Jo Harper, « Harmless radioactive cloud spread over Europe from Russia or Kazakhstan », sur Deutsche Welle, (consulté le 25 avril 2018).
  15. (en) « Russia, in Reversal, Confirms Radiation Spike », sur The New York Times, (consulté le 5 décembre 2017).
  16. (en) « Airborne concentrations and chemical considerations of radioactive ruthenium from an undeclared major nuclear release in 2017 », sur Proceedings of the National Academy of Sciences, (consulté en 15 oût 2019).


This page is based on a Wikipedia article written by contributors (read/edit).
Text is available under the CC BY-SA 4.0 license; additional terms may apply.
Images, videos and audio are available under their respective licenses.

Destek